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Affaire Nemmouche : l’engrenage du terrorisme islamique en Europe

Source judiciaire

Philippe Oswald - Publié le 04/06/14

Après l’inculpation du tueur présumé du Musée juif de Bruxelles, éclairage sur ce qui « fabrique » des fanatiques tels que Nemmouche ou Merah, citoyens français.

04/06/2014

(Légende photo : Mehdi Nemmouche photographié par la police en 2009 après son arrestation pour le braquage d’une supérette à Strasbourg)

Ce mercredi matin a pris fin la garde à vue du principal suspect de la fusillade du Musée juif de Bruxelles. Mehdi Nemmouche s’est vu notifier le mandat d’arrêt européen délivré à son encontre par la Belgique. « Les enquêteurs semblent persuadés qu’il est bien l’homme qui a tué trois personnes et en a blessé une quatrième, le 24 mai, au Musée juif de Bruxelles. Une vidéo retrouvée dans son appareil photo montre les armes saisies sur lui et une voix, semblable à celle du suspect » rappelle Le Parisien.

Nemmouche est l’un des quelque 400 citoyens de pays européens dont, selon les chiffres officiels, 280 Français partis faire le «  djihad » en Syrie et fichés à ce titre par la sûreté de l’Etat. Nombre de ces candidats à la « guerre sainte » transitent par la Belgique, plaque tournante des filières djihadistes sur lesquelles vont se concerter les ministres de l’intérieur européens réunis à Luxembourg.

Mais au-delà des mesures d’urgence, un diagnostic de fond s’impose. Ces tueurs solitaires ne sont pas pour autant isolés : ils ont été conditionnés -souvent en prison-, bénéficient d’une formation permanente au terrorisme sur Internet, et cultivent leur fanatisme sous le regard admiratif ou craintif de leurs proches et des jeunes de leur quartier.

Ce ne sont pas seulement des garçons qui succombent à la tentation de l’islam radical : « Les recruteurs pour la guerre sainte ciblent de plus en plus les jeunes femmes, en jouant sur l’altruisme ou même la fibre féministe » rapporte La Vie qui enquête pour comprendre « comment le goût du djihad vient aux filles ». Elles s’appellent Zoé (alias Mudjahidah Sourya : Souryah la combattante), Nora, Sarah, et ont fugué vers la Syrie d’où, revêtues d’un niqab, elles se rappellent sur leur page Facebook au bon souvenir des copines restées en France. Certaines sont encore mineures. Surprise ! Les filles sont en passe d’être plus nombreuses que les garçons  à basculer dans cette radicalisation : « Sur les différents cas dont me parlent les parents qui me contactent, 60 % concernent aujourd’hui des filles », explique à La Vie l’anthropologue Dounia Bouzar, qui a créé le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (www.cpdsi.fr).    Deuxième surprise, la majorité d’entre elles n’est pas issue de milieux socialement défavorisés : « Elles viennent pour la plupart de familles des classes moyennes ou supérieures. Leurs parents sont profs ou médecins… Il y a quelques années, les parcours des filles ressemblaient à ceux des garçons, souvent des gamins perdus, en échec scolaire. Aujourd’hui, celles-ci sont souvent de bonnes élèves. Nous avons même un cas de jeune femme partie en Syrie alors qu’elle devait entrer à Sciences Po ! » Internet et ses réseaux sociaux sont pour cette catégorie plutôt instruite un « hameçon » redoutable : « Une jeune lycéenne vivant, par exemple, dans la campagne creusoise, peut converser en direct sur Facebook avec un recruteur d’al-Nosra. » Le mécanisme du recrutement est celui qui a été rodé par les sectes : nécessité de rompre avec la famille et l’entourage, gagner un pays musulman pour fuir la décadence d’un pays de « mécréants » où règnent « l’islamophobie » , le mariage homosexuel et la théorie du genre…Seuls les élus, les purs, les vrais musulmans seront sauvés au moment du Jugement dernier.
A la destination spécifique des filles, l’argument humanitaire joue aussi pleinement explique Dounia Bouzar : «  Elles sont influencées par des vidéos atroces d’enfants blessés et veulent s’y rendre pour les aider. » D’où « la multiplication des petites associations musulmanes communautaires ces dernières années, très actives sur les réseaux sociaux. »  Une fois « repérées sur les réseaux sociaux, conclut Dounia Bouzar,  les jeunes filles y sont abordées soit par une femme qui les encourage à faire la hijra, soit par un homme qui, bientôt, leur propose un mariage religieux. » et reçoivent l’argent pour financer le voyage.

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mehdi nemmouchemerahterrorisme
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