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Centrafrique : l’attaque de Notre-Dame de Fatima à Bangui a fait 15 morts dont un prêtre

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Mathilde Dehestru - publié le 29/05/14

L’église a été assaillie le 28 mai par un groupe de musulmans radicaux qui ont tué 15 personnes et ont blessé une trentaine d'autres réfugiés.

29/05/2014

Au milieu de barricades érigées partout, soldats français et africains de la Misca, fortement armés, sillonnaient encore ce jeudi matin les rues de la capitale, Bangui, à la recherche des responsables de la nouvelle attaque survenue mercredi, contre  l’église Notre-Dame de Fatima. Les assaillants venaient du quartier PK5, centre commercial de Bangui. Ils ont pénétré vers 15 heures dans l’église, où un grand nombre de familles étaient réfugiées pour échapper aux violences des rues.

Bien que le bilan de cette attaque reste encore flou , il est d’ores-et-déjà accablant : 15 morts, dont un prêtre, l’abbé Paul-Emile Nzalé, âgé de 76 ans, et une trentaine de blessés.  Un autre prêtre, le père Gabrielle Perobelli, était là au moment des faits : « On a entendu toutes les tonalités d’armes pendant plus d’une heure. Les gens étaient réfugiés derrière l’église et dans les bureaux… Heureusement que les anti-balaka sont venus pour nous protéger. Sinon, il y aurait eu beaucoup plus de morts »,  témoigne-t-il au quotidien Le Monde , avec encore dans les yeux la terreur qui s’est emparée des habitants au moment de l’attaque .

Ce n’est pas la première fois qu’un religieux est tué en Centrafrique. Le 18 avril dernier, le père Christ Formane Wilibona avait trouvé la mort dans le nord du pays, probablement tué par un groupe armé proche des ex rebelles Seleka.

Cette nouvelle attaque et les violences enregistrées ces derniers jours font monter la tension et laissent craindre une nouvelle vague de violence encore plus importante.  Elles surviennent alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a donné mardi 27 mai son feu vert à l’engagement d’une force européenne en Centrafrique, pour appuyer les troupes françaises et africaines présentent sur le terain. Dimanche dernier,  trois personnes ont été décapitées  en marge d’un match de foot organisé pour tenter de réconcilier chrétiens et musulmans…

Néanmoins les chefs religieux centrafricains ne perdent pas espoir et poursuivent leurs efforts pour tenter de trouver des solutions qui puissent ramener le calme. Le 26 mai dernier, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, le grand imam de Centrafrique, Oumar Kobine Layama, et le Révérend Nicolas Guerekoyame, président des associations des Églises évangéliques région Afrique centrale, étaient à Brazzaville, au Congo,  pour discuter avec  le président Denis Sassou NGuesso, médiateur dans la crise, d’éventuelles solutions à cette situation qui dure depuis maintenant plus d’un an  (Radio Vatican ).

Pour Mgr Nzapalainga, « apporter des réponse à la question sécuritaire, n’est pas seulement une question de force, mais aussi une question d’état d’esprit. Et ce travail-là, nous, leader religieux, nous le faisons au quotidien », a déclaré à la presse l’archevêque de Bangui.

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AfriqueChrétiens
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