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Après avoir lutté pour vivre, il lutte sur les tapis

©Joe Romie
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Rescapé de l’avortement, amputé des deux jambes, Nik, 18 ans, est passionné par la lutte qu'il pratique au sein de son lycée. Récit d'un parcours extraordinaire.

26/05/14

Nik Hoot est un jeune étudiant américain de 18 ans, vivant dans une petite ville de l’État d’Indiana aux États-Unis, féru de lutte, qu’il pratique dans le club de son lycée. Jusque là, rien de très passionnant. Seulement, l’histoire de ce jeune garçon est tout sauf banale. C’est bien simple : il a passé sa vie à défier les probabilités.
 
1er défi : sa naissance
Né en Sibérie en 1996, Nick n’aurait jamais dû vivre. Sa mère avait décidé d’avorter après 4 mois de grossesse. Mais, même si l’expression peut paraître étrange, l’avortement a été un échec et le cœur de Nick battait toujours, alors que les médecins estimaient à 1 chance sur 10 000 que l’enfant reste en vie dans un tel cas.
 
2ème défi : sa famille
Même si Nik a brillamment réussi son premier test (venir au monde), on peut considérer qu’à ce moment-là, son avenir semblait des plus mal partis. D’autant plus qu’à cause de cet "avortement avorté" (ou "accouchement très prématuré"), Nick est né avec une déficience osseuse des membres inférieurs : ses deux jambes n’étaient pas suffisamment développées, et il a dû être amputé de la jambe droite au niveau du genou, et du pied gauche.
 
Mais la providence veillait sans doute… Nik fut adopté par un couple d’américain de l’Indiana, à plus de 5000 km de sa Sibérie natale. Apryl Hoot et son mari Marvin étaient déjà les parents adoptifs de 5 autres enfants (ils en adoptèrent 9 au total), mais ils sentaient qu’ils avaient encore de la place. Nik a eu le bonheur d’atterrir dans une famille où le handicap, bien loin d’être une tare, fait partie du quotidien. Il a en effet grandi avec son petit frère Ged, aveugle, sa petite sœur Mitchell, née avec 16 anomalies congénitales, et Emmalee, la plus jeune, née sans fémurs.
 
3ème défi : la lutte
Quand son petit frère Ged a commencé à pratiquer la lutte au sein du club paroissial, Nik n’a pas supporté la concurrence : il fallait qu’il s’y mette aussi. « Au début, c’était une véritable épreuve », déclare le coach du lycée Tony Girod. Mais Nik, les épreuves, il connaît. D’ailleurs, il progresse rapidement, et parvient à se qualifier pour les championnats régionaux.
 
Avant les affrontements, les lutteurs enlèvent leurs sweat-shirts. Lui enlève ses prothèses (sur lesquelles il a même chaussé, détail suprême, des chaussons de lutteur) et s’avance sur le tapis. « Je vois ça  comme un avantage, car je lutte tout le temps contre des gens qui ont leurs deux jambes, donc je connais tout ce qu’ils peuvent faire. Mais quand eux  me regardent, c’est complètement différent », explique-t-il.
 
Une leçon de vie, d’amour, de courage, d’espoir. Tout simplement.

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