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Un prêtre palestinien envoie une lettre ouverte au Pape

Abouna Aziz
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"Saint-Père : écoutez, de grâce, les prêtres palestiniens. Ils vous attendent et espèrent enfin une aide !"

22/05/14

Les prêtres du patriarcat latin de Jérusalem sont soit palestiniens, soit jordaniens ou étrangers de diverses nationalités. Les prêtres jordaniens et étrangers ont un visa de l’Etat d’Israël sur leur passeport, souvent difficile à obtenir, mais qui leur permet, en principe, de circuler librement entre les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël.
 
Les vingt prêtres palestiniens du Patriarcat latin de Jérusalem ne disposent, eux, que d’une carte d’identité palestinienne. Au regard de l’Etat d’Israël, ils n’ont donc pas le droit de venir à Jérusalem sans un permis délivré par l’autorité militaire israélienne. S’ils obtiennent ce permis, ce qui est de plus en plus improbable, ils ne peuvent cependant pas entrer à Jérusalem avec leur propre voiture. Ils doivent emprunter les transports publics. Il leur faut traverser le check-point à pied (impossible de traverser en voiture avec d’autres prêtres possédant un visa), s’insérer dans la file des Palestiniens et attendre le plus souvent des heures pour traverser, sans être certains d’y arriver. De plus, ils n’ont le droit d’entrer à Jérusalem que par deux check-points : l’un au nord et l’autre au sud de Jérusalem. 
 
Tout cela handicape presque totalement leur mission pastorale. Ces contraintes ont obligé récemment le prêtre de la paroisse latine de Taybeh, bien connu de nombreux groupes de pèlerins français, à démissionner de ses fonctions au Patriarcat latin de Jérusalem : conseil des prêtres, commission liturgique et responsabilité de la pastorale des jeunes.
 
La Délégation apostolique  à Jérusalem ( représentation diplomatique du Vatican ) a accepté de leur fournir un « laissez-passer » mais sans visa, Israël refusant de l’apposer sur le document du Saint-Siège. Selon le témoignage de l’un de ces prêtres : « A chaque fois je montre ce laissez-passer aux soldats israéliens, ils le refusent, et ils demandent toujours le visa. Récemment, un soldat m’a dit, au vu de ce laissez-passer : « Jetez-le, ça ne vaut rien ».  Un autre prêtre témoigne également : « Les soldats israéliens  nous ont accusés d’une manière arrogante d’être des menteurs : « Vous les prêtres catholiques vous êtes des menteurs, vous avez un document sans visa et vous prétendez entrer à Jérusalem ».
 
Ces prêtres palestiniens du diocèse de Jérusalem demandent donc que leur soit accordé ou bien la carte d’identité de Jérusalem ( les autorités israéliennes l’ont déjà donnée à un prêtre et à un évêque ), ou bien un visa sur le laissez-passer du Vatican. Si les contraintes se maintiennent ( et elles s’amplifient actuellement ), la vie de l’église de Jérusalem sera davantage encore menacée, alors qu’elle est déjà plus que précaire. Jérusalem est de plus en plus fermée aux Chrétiens de Cisjordanie dont c’est depuis des siècles la capitale spirituelle et culturelle, eux qui pour la majorité habitent à quelques kilomètres de la Ville sainte.
 
Au nom de ses confrères palestiniens, le curé de la paroisse latine de Taybeh, le Père Aziz, a envoyé en mars dernier une lettre au Saint Père pour expliquer cette situation et lui demander son appui. Pour le moment, rien n’a évolué.
 
La visite du pape François en Terre Sainte cette fin de semaine constitue donc pour ces prêtres un ultime espoir. Comme la majorité des Chrétiens de Palestine, ils sont fatigués, usés. Alors même que notre pays dénonce régulièrement le sort réservé aux chrétiens d’Orient, il convient de ne pas rester silencieux devant cette contrainte insupportable imposée à des prêtres dans leur propre pays.  Le Saint-Père séjournera-t-il quelques heures en Terre Sainte sans en parler ?

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