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Europe 2014 : un nouveau commencement est-il possible ?

EU 2013 - European Parliament

Liberté politique.com - Publié le 09/05/14

A 15 jours des élections européennes, désenchantement et frustration menacent le scrutin : l’Europe n’apparaît plus comme un centre mais plutôt comme une "périphérie". Un mot qui inspire cette réflexion à Communion et Libération.

Article rédigé parCommunion et Libération *, le 02 mai 2014, et publié en France sur le site Liberté Politique.

À la veille des élections européennes du 25 mai prochain, l’opinion publique semble partagée entre ceux qui poussent à sortir de l’Union européenne et ceux qui considèrent inutile d’aller voter parce que le vote, de fait, ne changera rien (cf. Aleteia). Quoique l’UE ne manque pas de supporteurs, c’est la frustration qui prévaut : l’Europe n’apparaît plus comme un centre mais plutôt comme une vaste périphérie du monde globalisé.

Toutefois, suivant le pape François, le fait d’être ou se considérer comme une « périphérie », si cela est vraiment pris au sérieux, ne peut-il pas constituer une chance pour retrouver une attitude positive et nous offrir une occasion de pouvoir changer ?

Quels sont les facteurs de l’opportunité qui nous est offerte ?

L’Europe est née autour de quelques grandes réalités qui ont marqué l’histoire du monde et qui témoignent de la portée de la foi chrétienne pour la vie des hommes. Don Giussani[1] les rappelait en 1986 :

•♦ la valeur de la personne, absolument inconcevable dans toute autre littérature du monde ;

•♦ la valeur du travail, qui est perçu comme un esclavage par toutes les cultures, dans l’Antiquité mais aussi par Marx et Engels, alors que le Christ définit le travail comme l’activité du Père, de Dieu lui-même ;

•♦ la valeur de la matière, c’est-à-dire l’abolition du dualisme entre l’aspect noble et l’aspect ignoble de la vie naturelle — qui n’existe pas pour le chrétien ;

•♦ la valeur du progrès, du temps chargé de signification, car le concept d’histoire exige l’idée d’un dessein intelligent ;

•♦ la liberté. L’homme ne peut pas se concevoir libre dans un sens absolu : puisque avant il n’existait pas et maintenant il existe, il dépend. Forcément. L’alternative est très simple : soit il dépend de Ce qui fait la réalité, c’est-à-dire de Dieu, soit il dépend du hasard des mouvements de la réalité, c’est-à-dire du pouvoir.

1/ La valeur de l’Europe unie

C’est dans le sillage de ces quelques grandes réalités qui constituent historiquement les fondements de l’Europe qu’est également né le projet d’une Europe unie, comme le souligne le père Julián Carrón[2] : « Qu’est-ce qui a permis aux premiers pères de l’Europe, même au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de trouver la disponibilité de se parler, de construire quelque chose ensemble ? La conscience qu’il était impossible d’éliminer l’adversaire, ce qui les rendait bien moins présomptueux, moins imperméables au dialogue, et davantage conscients de leur besoin. Ils ont commencé par se donner la possibilité de percevoir l’autre dans sa différence comme une ressource, comme un bien. » (La Repubblica, 10 avril 2013).

Dans l’après-guerre, les leaders de pays qui quelque temps plus tôt s’étaient battus les uns contre les autres (De Gasperi, Schuman, Adenauer) décident de mettre de côté tout sentiment de vengeance ou de domination et jettent les bases d’une paix durable en mettant en commun leurs intérêts économiques respectifs.

Pour comprendre la portée exceptionnelle de ce qui s’est produit en Europe à cette occasion, il suffit de penser à ce qui s’est passé après la Première Guerre mondiale, après les guerres napoléoniennes ou après les guerres de religion : ce ne fut jamais une véritable paix mais plutôt une tension continuelle qui préparait les guerres suivantes.

L’Europe unie naît sur une question très précise et concrète : l’accord sur la coopération du charbon et de l’acier (Ceca) de 1951, qui a été reconnu dans le monde entier comme un exemple d’une façon nouvelle de se considérer les uns les autres. Avec la naissance de ce premier projet européen, la puissance de l’idéal a été un facteur décisif, capable de changer le cours des évènements.

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électionsEurope
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