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Écoles catholiques : un millionnaire américain, athée et gay, était leur premier bienfaiteur à New York

Solène Tadié - The New York Times - Bloomberg - New York Post - Publié le 17/01/14

Qu’est-ce qui avait bien pu pousser Robert W. Wilson, qui s’est suicidé fin décembre, à faire don de 30 millions de dollars aux écoles catholiques du diocèse de New York ?

Il avait fait fortune à Wall Street dans ce que l’on appelle les « hedge-funds » (les fonds spéculatifs). Retraité depuis 1986, il était devenu l’un des philanthropes les plus en vue de New-York. Sa fortune était estimée à 800 millions de dollars en 2000, et environ 600 seront investis dans des causes incluant la protection de l’environnement, l’Union américaine pour les libertés civiles, et l’enseignement catholique.

Ce dernier choix est d’autant plus étonnant que Robert W. Wilson, âgé de 87 ans, était notoirement athée et homosexuel.


« Eh bien, maintenant que vous avez donné tout cet argent à nos écoles, je devrais tenter de vous convertir », l’avait taquiné le cardinal Edward M. Egan, ancien archevêque de New-York et ami de Wilson, au cours d’un déjeuner. Ce à quoi il répondit : « Eh bien, Monsieur le Cardinal, si vous le faites, je suppose que je dois moi aussi essayer de vous convertir. Le seul problème est que si j’y parviens, vous perdrez votre emploi. »


Le ton était donné. Robert Wilson ne se sentait guère concerné par la foi, qu’il disait avoir perdue depuis longtemps, et pourtant ce ne sont pas moins de 30 millions de dollars qu’il a investis, depuis 1997, dans le système éducatif catholique de l’archidiocèse de New-York, faisant de lui son principal bienfaiteur.


Ses motivations sont pragmatiques. L’éducation catholique est, d’après lui, très nettement supérieure à celle des écoles publiques. Elle se charge bien mieux de l'instruction que les écoles de banlieues contrôlées par l’État.

C’est dans cette logique qu’il a fondé le Catholic Alumni Partnership, qui permet aux écoles élémentaires de retrouver la trace de leurs 750,000 anciens élèves afin de les recruter comme donateurs.  

« J’ai réalisé que les écoles catholiques étaient en train de fermer dans tout le pays, et que Bill Gates n’avait probablement pas assez d’argent pour les sauver, avait-il déclaré à BloombergNews en 2010. Toutes les écoles privées dont j’entends parler comptent sur le soutien de leurs anciens élèves, qu’il s’agisse de la Groton School ou des universités ».


Le même Bill Gates avait du reste invité Wilson a rejoindre son cercle du Giving Pledge, lancé conjointement avec Warren Buffet en 2010, afin d’encourager les milliardaires à « s’engager » à reverser la majeure partie de leur fortune aux œuvres caritatives. Un appel que Robert Wilson a aussitôt rejeté malgré sa volonté affirmée d’offrir aux autres 70% de sa richesse, qualifiant l’initiative de  « pratiquement inutile » : « Ces fondations deviennent, dans la plupart des cas, des bureaucraties conduites par des feignasses».


L’homme qui n’avait de cesse d’affirmer que l’une des choses les plus stupides à faire avec de l’argent était de le dépenser avait un objectif bien précis en tête ; notamment celui de permettre à des êtres en devenir de retrouver le chemin de la liberté, par le biais de l’éducation.


« Avec une éducation catholique, je peux extraire le plus pauvre des enfants à la pire des situations familiales et l’envoyer à l’université, a expliqué Mgr Egan dans une interview. Pour moi, il n’y a pas de plus grande charité. Ce que Robert Wilson nous offre est l’espoir de ce qui peut advenir. »


Robert W. Wilson s’est donné la mort le 23 décembre dernier, en se laissant tomber du seizième étage de son somptueux appartement du San Remo à Central Park, après avoir subi son deuxième accident vasculaire cérébral depuis l’été dernier.


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