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Ecologie humaine : être uns ensemble

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<strong><em>&laquo;&nbsp;Prendre soin de tout homme, de tout l&rsquo;homme &raquo;</em> </strong><br />

ERWAN LE MORHEDEC - Courant Ecologie humaine - Publié le 09/07/13

« Prendre soin de tout homme, de tout l’homme » : c’est le slogan du nouveau courant « Ecologie humaine ». Mais qu’est-ce que cela signifie pratiquement ? Explication.

« Prendre soin de tout homme, de tout l’homme » dans le cadre de l’engagement politique renvoie à une perception globale de l’autre, mais doit aussi nécessairement passer par une perception unitaire de soi-même.

PRENDRE SOIN DE SOI, INTÉGRALEMENT

A ce titre, la distinction souvent évoquée entre l’éthique de responsabilité et l’éthique de conviction sonne comme une étrange césure de la personne. Elle est d’autant plus étrange que le concepteur de cette distinction n’entendait pas distinguer deux éthiques concurrentes en considérant qu’une fois parvenu aux responsabilités, l’acteur de la vie politique pourrait se passer de ses convictions. Or l’invocation de cette distinction sonne souvent comme le prétexte à tous les renoncements, sentencieusement revêtus d’une légitimité doctrinale.

Il ne s’agit certes pas d’être naïfs, et de proposer à contretemps des engagements ou des réformes lorsque les conditions politiques les rendent assurément inaudibles. Il s’agit en revanche de refuser de s’installer dans un système dual, qui peut conduire tout à la fois à l’affadissement de la vie politique et à la trahison de son engagement. Quel est en effet l’apport de celui qui se résigne à endosser les convictions communément admises ? Et quel est l’intérêt de s’engager s’il s’agit au final de taire ses convictions au nom d’une prétendue responsabilité ? S’il s’agit de se maintenir en place dans l’espoir, peut-être fantasmé, de mettre un jour en œuvre ses convictions, n’y a-t-il pas un fort risque de se réveiller en n’ayant été que le rouage docile de la politique des autres ?

UN IMPÉRATIF DE CONSIDÉRATION

« […] Depuis quelques années et aujourd’hui encore, la politique semble s’être singulièrement centrée sur l’art de cliver politiquement, pour exister médiatiquement »

Prendre soin de tout homme, c’est aussi ce que l’on pourrait appeler une société de la considération. Chaque citoyen souhaite se voir reconnu dans sa singularité, son unicité, sa contribution personnelle à la marche du pays.

On peut pourtant craindre qu’en France en particulier, nous soyons marqués par une culture de l’antagonisme. Le débat politique, comme en témoignent régulièrement les Unes des hebdomadaires, est souvent dominé par la dénonciation de ceux qui vivraient aux dépens des autres, depuis les patrons jusqu’aux fonctionnaires.

Au-delà de ce travers, depuis quelques années et aujourd’hui encore, la politique semble s’être singulièrement centrée sur l’art de cliver politiquement, pour exister médiatiquement. Si cela ne suffisait pas, quelques relents d’approches marxistes nous conduisent toujours à envisager la société comme autant d’espaces de luttes entre groupes antagonistes : ouvriers contre patrons, hommes contre femmes, jeunes contre vieux.

Le besoin de considération, de reconnaissance, marque également nombre de professions et spécialement des professions dont l’apport ne peut être apprécié selon une logique de rentabilité financière : personnels soignant, enseignants, magistrats…

Prendre soin de tout homme, c’est probablement aussi développer une logique inclusive.

UNE PARTICIPATION NÉCESSAIRE
« Au plan local, des expériences de participation peuvent être mises en place. Pour éviter de verser dans une démocratie directe peu efficace, l’élu local concerné peut notamment définir l’objectif à atteindre, tout en soumettant les moyens à la consultation. Au plan national, la culture du référendum est à recréer… » 

L’évocation d’une « société de considération » risque de se borner à une forme de « calinothérapie » si elle ne se traduit pas aussi par une participation plus importante de chacun, de tout homme.

Celle-ci apparaît comme d’autant plus nécessaire que les citoyens peuvent concevoir, à tort ou à raison, un sentiment de dépossession du pouvoir. En effet, si au siècle dernier Paris s’est rapproché, le pouvoir semble avoir quitté la capitale, pour résider à Bruxelles, dans les « machins » internationaux ou les marchés financiers. C’est d’autant plus vrai que les compétences des échelons locaux – département et région – sont largement ignorés, et les scrutins locaux systématiquement confisqués par les enjeux nationaux.

Que cette perception soit fondée ou non, elle existe, et elle peut déboucher sur des tentatives de réappropriation violente du pouvoir.

Au plan local, des expériences de participation peuvent être mises en place. Pour éviter de verser dans une démocratie directe peu efficace, l’élu local concerné peut notamment définir l’objectif à atteindre, tout en soumettant les moyens à la consultation. Au plan national, la culture du référendum est à recréer : si la Vème République a instauré le référendum, sa pratique depuis De Gaulle l’a immédiatement vidé de toute portée en le constituant en plébiscite. La mise en place du référendum d’initiative populaire est également à surveiller.

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Écologie
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