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Peine de mort : loin d’être abolie !

© PAUL BUCK / AFP

Isabelle Cousturié - Publié le 11/04/13

Malgré une évolution mondiale plutôt encourageante, certains pays y reviennent…

La peine de mort est loin d’être abolie ! Néanmoins, le nouveau rapport d’Amnesty International pour l’année 2012 se veut plutôt encourageant, publiant des chiffres qui, malgré plusieurs points noirs, permettent d’envisager une diminution progressive des peines capitales à travers le monde.

 Le rapport d’Amnesty parle de deux exécutions en plus par rapport à 2011, mais de 200 sentences capitales en moins prononcées dans 58 pays.  Il dit aussi qu’il y a eu 21 pays qui sont passés à l’acte cette année soit 7 de moins qu’il y a … 10 ans !

L’ONG précise néanmoins que ces chiffres ne prennent pas en compte les exécutions commises en Chine où les données sont gardées secrètes.

D’après son bilan, la Chine aurait exécuté, cette année encore, plus de personnes que tous les autres pays réunis ! Et si certains pays, comme la Lettonie, ont abandonné définitivement la peine de mort en 2012, il  s’avère que d’autres ont, au contraire, renoué avec une pratique qu’ils n’utilisaient plus depuis des années. C’est le cas du Japon, de l’Inde, du Pakistan et de la Gambie.

Le triste classement des pays exécutant le plus de condamnés reste cette année inchangé : outre la Chine, l’Iran (314 exécutions), l’Irak (129), l’Arabie saoudite et les Etats-Unis (43). En Irak, l’ONG dénonce une augmentation alarmante des exécutions. (Voir carte interactive Amnesty)

En revanche, Amnesty relève des avancées positives dans des pays qui avaient régulièrement exécuté des condamnés ces dernières années, tels que le Viêt-Nam, qui n’a procédé à aucune exécution capitale en 2012; Singapour, qui a suspendu toutes les exécutions jusqu’à la mise en œuvre d'une nouvelle loi réduisant le recours aux condamnations à mort obligatoires, principalement pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants.

Le Bénin et la Mongolie ont ratifié un traité essentiel des Nations unies visant à abolir la peine de mort, tandis que Madagascar l’a signé.

Enfin avancées positives également aux Etats-Unis où seuls neuf États ont procédé à des exécutions, alors qu’ils étaient 13 en 2011. 

Ce n’est pas le cas du Texas où la dernière exécution remonte à mardi dernier, 9 avril, par injection létale, sur la personne de Rickey Lewis, condamné pour le meurtre d'un homme et le viol de sa fiancée commis en 1990. Celui-ci a reconnu l'acte de viol, mais nié jusqu’au bout de l’avoir tué.

Le Texas a prévu 11 autres exécutions capitales d’ici la fin juillet.

 Les méthodes d’exécution utilisées : pendaison, décapitation, fusillade, injection létale. On peut être condamné à mort pour des délits financiers (Chine) ou liés à la drogue, pour apostasie, blasphème (Pakistan), sodomie ou adultère (Iran).

Au regard de tous ces chiffres, y a-t-il vraiment une évolution générale vers l'abolition ? 

Selon Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International : « Le recul enregistré dans certains pays est une déception mais il n’inverse pas la tendance mondiale contre le recours à la peine de mort. Dans beaucoup d’endroits du monde, les exécutions deviennent un souvenir du passé. Dans le monde, seul un pays sur 10 continue à utiliser la peine de mort ».

Selon Carlotta Sami, directrice d’Amnesty International Italie : « Ces chiffres révèlent que la peine de mort est en chute libre, et ils donnent raison à ceux qui, comme l’organisation, depuis 50 ans, travaillent sans relâche, contre la peine capitale dans le monde ».

En fin de communiqué, Amnesty International rappelle qu’elle « s’oppose en toute circonstance, peu importe la nature et les circonstances du crime » à la peine de mort. Et de conclure : « la peine de mort viole le droit à la vie et est un acte barbare, et cruel ».

La lutte contre la peine de mort et contre des conditions de détention contraires à la dignité de l’Homme, Robert Badinter en a fait son combat. Ancien ministre, avocat et écrivain, il est le garde des sceaux qui a fait abolir la peine capitale en France, en 1981, sous la présidence de François Mitterrand.

Aujourd’hui, il continue de militer pour des conditions de détention et une justice dignes des droits de l’homme. Il a été interrogé par Radio Vatican à l’occasion de la représentation à l’Opéra de Lyon, dans le cadre du Festival Justice et Injustice, de l’opéra «Claude», une œuvre qu’il a écrite et qui est composée par Thierry Escaich.

Cet opéra est diffusé sur la Chaîne de TV Arte ce jeudi 11 avril à 20h00.

Tags:
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