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Quel rapport y a-t-il entre le Shabbat et le Jour du Seigneur ?

Joël Sprung - Publié le 29/01/13

Le Shabbat est parfaitement accompli dans le Jour du Seigneur.

Shabbat signifie « repos ». Il correspond au repos divin du septième jour (samedi). C’est un jour consacré par Dieu dans le troisième commandement. Dans ce commandement, il y a obligation de faire mémoire du Shabbat, et un interdit sur le travail le septième jour. Ce « repos » est naturellement institué pour l’homme, afin que celui-ci rende un culte à Dieu.

Shabbat, en hébreu, désigne tout d’abord le « repos » du Seigneur, après les six jours de la Création. « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il en fit un jour sacré parce que, ce jour-là, il s’était reposé de toute l’œuvre de création qu’il avait faite. » (Genèse 2, 2-3).
Nous retrouvons ensuite ce Shabbat, dans les dix commandements. En effet, le troisième commandement enseigne ceci : « Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré. » (Ex 20, 8-11)

Le Shabbat est donc à la fois un commandement sur le travail durant six jours (« pendant six jours tu travailleras ») et un interdit sur le travail, le septième jour. Mais un interdit qui ne porte pas sur la récupération physique, pas plus que sur le divertissement. Et en effet, comme inspiré du repos divin, il n’est pas à comprendre dans le sens où après les six jours, Dieu serait « fatigué » par son œuvre. Le Shabbat n’oblige à cesser le travail que pour une raison précise : rendre un culte à Dieu, comme l’indique le commandement (« en l’honneur du Seigneur ton Dieu »). C’est un jour de sanctification, un jour consacré. « Le Sabbat est pour le Seigneur, saintement réservé à la louange de Dieu, de son œuvre de création et de ses actions salvifiques en faveur d’Israël. » (Catéchisme Eglise Cath. 2171). Cela nous enseigne ceci d’essentiel: l’homme est naturellement créé pour rendre un culte à Dieu. Il enseigne une spécificité humaine : le fait que l’homme soit « doué de spiritualité ».

Ce commandement du Shabbat se pose comme le principe qui distingue radicalement l’homme des autres êtres vivants : il le définit ontologiquement comme un être spirituel, un être disposé à la relation avec Dieu. « C’est précisément pour cette raison qu’il n’est pas placé à côté des prescriptions purement cultuelles, comme dans le cas de tant d’autres préceptes, mais à l’intérieur du Décalogue, des « dix paroles » qui décrivent les piliers de la vie morale, universellement inscrite dans le cœur de l’homme. » (Jean-Paul II, Dies Domini, 13). Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Shabbat, compris comme repos en Dieu, est une institution naturelle. Il fait partie des dix commandements, c’est-à-dire de la « loi naturelle ».

Eucharistie signifie « action de grâce ». L’action de grâce est la plénitude du culte que l’homme doit rendre à Dieu. Dans l’ordre des mystères, l’Homme est véritablement et réellement disposé à l’action de grâce. Dans l’Eucharistie, il accomplit donc pleinement et en vérité le commandement du Shabbat.

Jésus annonce qu’il n’est pas venu pour abolir, mais pour accomplir les Saintes Ecritures. De son incarnation à sa mort et sa résurrection, Jésus, le Verbe de Dieu, accomplit toute la révélation, il lui donne son sens plénier. Il en est donc de même pour le Shabbat. Se présentant lui-même comme maître du Shabbat, il accomplit réellement cet enseignement qu’est l’institution du Shabbat. Mais d’une manière si inattendue qu’elle n’a pas été comprise par ses contemporains ; ou peut-être a-t-elle été si bien comprise qu’elle obligeait à considérer Jésus comme Dieu lui-même… ou comme un odieux blasphémateur se faisant passer comme tel. Il fallait donc tout quitter pour suivre celui qui se déclarait « maître du Shabbat » ou bien le condamner à mort.

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