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En recevant le sacrement du baptême, la grâce de Dieu nous touche dans trois dimensions de notre existence. Tout d’abord, le baptême change notre être. Quand il reçoit ce sacrement, le chrétien devient un homme nouveau. Consacré au Christ, il laisse dans la cuve baptismale les défroques du vieil homme pour revêtir le Christ (Ga 3,27). C’est ce que manifeste le vêtement blanc du nouveau baptisé. Le blanc n’est pas d’abord symbole de pureté mais de nouveauté et d’appartenance au monde céleste : les anges de la Résurrection sont toujours en blanc (Jn 20,12).
Dans notre être profond et dans les moments décisifs
Ensuite, le baptême nous consacre pour la mission. Revêtu du Christ, le baptisé devient un prophète de l’Évangile, en paroles et en actes. Il n’est pas indifférent que le ministère public de Jésus débute tout de suite après son baptême dans le Jourdain. Le sacrement de la confirmation, sacrement de la mission par excellence, constitue en fait l’accomplissement et la plénitude de la consécration baptismale.
Enfin, le baptême s’accomplit en nous lors des événements décisifs de notre existence. "Baptême" signifie "plongée". Le baptisé est plongé dans la mort du Christ pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle. Or, il existe pour nous des moments privilégiés qui actualisent le passage pascal de la mort à la vie : le choix d’un état de vie, un mariage, une décision qui change notre existence du tout au tout et surtout le passage de la mort. Par exemple, le choix d’une vocation religieuse constitue une Pâque : on meurt à la vie civile ordinaire pour embrasser un mode de vie très particulier. Ces moments décisifs nous font communier plus intensément à la Pâque de Jésus qui passe de ce monde à son Père.
L’exemple de la Vierge Marie
Pour illustrer ces trois dimensions de notre baptême (qui en comporte d’autres, comme l’appartenance à l’Église, mais que nous n’aborderons pas ici), il est très instructif de se pencher sur l’exemple de la vie de la Vierge Marie, modèle des disciples. Certes, Marie n’a pas été baptisée au sens sacramentel du terme. En revanche, on discerne en elle les trois dimensions baptismales que nous avons brièvement exposées. Tout d’abord, par son Immaculée Conception, privilège qu’elle tient des mérites anticipés du Christ, c’est tout son être qui est touché par la grâce christique et divine. Ensuite, en devenant mère du Christ, la Vierge est consacrée comme aucune créature ne le sera jamais, à œuvrer en faveur du Fils de Dieu. Elle est la servante du Seigneur, ainsi qu’elle se définit elle-même à l’Annonciation, de même que le baptême au Jourdain avait consacré le Christ comme Serviteur souffrant. En effet, la voix du Père déclarant au Jourdain : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie" (Mt 3,17) fait référence au Serviteur d’Isaïe : "Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu, en qui je trouve ma joie" (Is 42,1).
Enfin, Marie, au pied de la Croix, accomplit sa Pâque héroïque en compatissant aux souffrances de son Fils. Sa coopération à la Rédemption, à cet instant précis, est un véritable baptême pour elle puisqu’elle passe alors par la mort en étant auprès de Jésus agonisant — ce Fils qu’elle aime plus qu’elle-même. Ainsi, par son être, sa vie de servante et sa plongée existentielle dans la Pâque de Jésus, la vie de la Vierge illustre bien les trois dimensions du baptême. À notre tour, soyons conscients que ce sacrement a changé nos êtres, notre façon d’agir et nous prépare aux épreuves décisives de l’existence, ou nous a aidés à les traverser si nous en avons déjà rencontrées.
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