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"Avec ce travail, aucune journée ne se ressemble !" À 29 ans, Élise Pomart a déjà sept ans d’expérience dans l’accompagnement des personnes porteuses de handicap. Cette éducatrice spécialisée exerce sa profession dans un établissement de l’Ordre de Malte France dédié aux personnes adultes porteuses de troubles du spectre autistique (TSA) la maison Notre Dame de Philerme. Situé à Sallanches en Haute-Savoie, cet établissement médico-social accueille depuis 1997 vingt résidents qui bénéficient du cadre de vie idyllique de la montagne tout en étant entièrement pris en charge. "C’est vraiment un endroit magnifique où il fait bon vivre, reconnaît Élise, c’est important aussi pour nos résidents de pouvoir bénéficier d’un tel environnement".
La jeune femme fait de son métier sa fierté. "J’ai baigné dans le monde de l’aide à la personne avec ma maman qui était assistante sociale et j’ai beaucoup vu mes grands-parents s'investir bénévolement avec les restos du cœur. Je n’envisageais pas mon avenir sans servir les autres", confie-t-elle. Avec une équipe médicale composée d’une vingtaine de soignants et accompagnants, elle travaille ardemment à faciliter le quotidien d’adultes atteints de TSA qui agissent sur leur développement et les empêchent de vivre en autonomie. "Cela passe par l’accompagnement à la toilette, à la prise des repas, tous ces petits gestes qui semblent évidents pour nous mais qui peuvent être difficiles voire impossibles à réaliser pour certains", explique Élise. L’accompagnement est personnalisé pour chaque résident, puisque tous ne présentent pas les mêmes types de troubles. Une personne porteuse du syndrome d’Asperger ne présente par exemple pas de déficience intellectuelle, là où l’autisme de Kanner, aussi appelé autisme infantile, est plus sévère et peut entraîner des troubles de la communication menant à des dysfonctionnements dans les interactions sociales.
Individualiser chaque relation
Ces différences obligent à traiter chaque résident différemment selon les besoins qui leur sont propres. “Ils ont comme n’importe qui d’autre leur individualité avec des aspirations différentes, ce qui nous conduit à adapter leur projet de vie”, poursuit Élise. Ce "projet de vie individualisé" permet de fixer de nouvelles compétences à acquérir, des activités à essayer… Élise détermine cette feuille de route soit directement avec les résidents verbaux, soit avec les représentants légaux. Pour la jeune femme, ce qui fait la saveur de son quotidien est l’imprévisibilité induite par le handicap. "Le challenge, c’est que quelque chose peut très bien fonctionner un jour et pas du tout le lendemain, glisse-t-elle, nous sommes obligés de faire preuve d’inventivité car nos résidents nous poussent parfois dans nos retranchements. Il faut sans cesse se renouveler, essayer d’améliorer les choses ou de les faire varier".

La grande force de la maison Notre Dame de Philerme, affirme Élise, se trouve dans le champ des possibilités offertes à l’équipe médico-sociale pour favoriser le bien-être de leurs résidents. "C’est simple, on ne se refuse rien. Nous avons une grande latitude dans les projets à mener avec eux", relève l’éducatrice. Rien de tel par exemple qu’un séjour hors les murs de l’établissement pour aérer tout le monde : randonnées et camping sont régulièrement au rendez-vous. "Nous sommes déjà partis pour deux jours de marche avec sept résidents et nous avons vite compris que cela leur avait plu ! Je me souviens de ces visages illuminés, souriants. Nous ne cherchons pas à les isoler du monde extérieur, au contraire, car ils en ont un besoin crucial pour développer leur autonomie", affirme Élise. "Ce qui compte, c’est leur bonheur et leur épanouissement. Et puis nous aussi, on y gagne. C’est valorisant de se sentir utile."
En partenariat avec l’Ordre de Malte France