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Fra Angelico, Armadio degli argenti, 1451-1453, tempera sur bois, Florence, Musée San Marco : ce cycle de neuf images autour de l’enfance de Jésus fait partie d’un ensemble plus important consacré à la vie du Christ, qui comportait initialement environ 41 scènes. Ces panneaux de bois ornaient une armoire destinée à conserver des ex-voto en argent, commandée en 1448 par Pierre de Médicis — d’où le nom d’Armadio degli argenti. Aujourd’hui, les différents panneaux ont été séparés, certains perdus. Si la plupart des autres panneaux ont sans doute été peints par l’atelier de Fra Angelico, la beauté et l’originalité narrative de cet ensemble de neuf images sont à attribuer au peintre lui-même. Œuvre de maturité (Fra Angelico meurt en 1455), ce cycle, aux allures de planche de bande dessinée, brille par sa cohérence et la démarche de foi du "Frère Angélique".
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La Nativité, Armadio degli argenti (détail) :
"Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, la lumière a resplendi." (Isaïe 9, 2)
Troisième vignette du cycle consacré à l’enfance du Christ de l’Armadio degli argenti, la Nativité de Fra Angelico sonde picturalement le mystère de l’Incarnation. Devant une étable délabrée, Marie et Joseph contemplent avec une extrême douceur le Divin Enfant, centre de la composition, vers lequel sont tournés le bœuf et l’âne, abrités dans la crèche. Allongé à même le sol, l’Enfant-Jésus resplendit de la lumière divine au milieu de cette scène à l’éclairage nocturne. "L’obscurité de la nuit y est transfigurée par une lumière surnaturelle, celle des cieux qui resplendissent et celle de l’Enfant lui-même qui illumine.", écrit Michel Feuillet. Au-dessus de la crèche, un chœur d’anges proclame la rencontre des cieux et de la terre en cette nuit de Noël.
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La circoncision, Armadio degli argenti (détail).
"Dieu dit à Abraham : “Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération. Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire ta race après toi : que vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l’alliance entre moi et vous.”" (Gn 17, 9-11).
Comme tout enfant juif, Jésus a été circoncis huit jours après sa naissance, en respect de la Loi. La tradition chrétienne fête d’ailleurs la circoncision du Christ chaque 1er janvier, exactement huit jours après Noël, comme signe de la première Alliance. Ici, Fra Angelico a voulu représenter la réalité de la circoncision : l’Enfant-Jésus est présenté nu à l’autel par ses parents, devant l’officiant muni de ciseaux. Cette scène annonce le sacrifice du Christ sur la croix : sur l’autel, la nappe rouge préfigure le sang versé et les surnappes le linceul. Comme le remarque Michel Feuillet, la circoncision de Jésus se déroule dans une église : l’ostension du corps du Divin Enfant prend ici un sens eucharistique et rappelle l’élévation de l’hostie pendant la messe.
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La Présentation de Jésus au Temple, Armadio degli argenti (détail) : "Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, suivant la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes." (Luc 2, 22-24). Dans le cycle de l’Armadio degli argenti, la Présentation de Jésus au Temple est le pendant de la Circoncision ; les deux scènes sont de part et d’autre de l’Adoration des mages. Ici encore, l’Enfant Jésus est au centre de la composition. Les gestes de la Vierge Marie et du vieillard Siméon décrivent une très belle passation : Marie, les mains écartées, accepte d’abandonner son enfant à la volonté du Père. Quant à Siméon, il reçoit Jésus comme Maître Souverain et le serre affectueusement. "Jésus ne regarde plus sa Mère : il est déjà tourné vers Siméon pour entendre sa parole.", indique Michel Feuillet. Comme dans la circoncision, le décor architectural construit par Fra Angelico revêt une symbolique particulière. Ce temple de Jérusalem n’est pas sans rappeler les édifices gothiques (en particulier, la chapelle abritant l’autel au centre), tout en incluant des éléments antiquisants : les colonnes à chapiteaux corinthiens, les piliers cannelés. Le Christ, nouveau Temple, est accueilli dans cet espace sacré, où se rencontrent l’Ancienne et la Nouvelle alliances.
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La Fuite en Égypte, Amardio degli argenti (détail) : "Après le départ des mages, voici que l’Ange du Siengeur apparaît en songe à Joseph et lui dit : "Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte." (Matthieu 2, 13-14). Contrairement à ce qu’écrit Saint Matthieu, Fra Angelico a choisi de représenter cette scène de jour. La Sainte Famille chemine vers l’Égypte, dans un paysage accueillant et lumineux. Les cyprès rythment leur marche et les couleurs chatoyantes confèrent une profonde espérance à la scène. Comme l’écrit Michel Feuillet, "Fra Angelico donne une vision optimiste de cet exil, qui de fuite désespérée vers l’étranger se fait voyage vers le salut." Sur un petit âne, qui annonce l’entrée de Jésus à Jérusalem avant la Passion, Vierge Marie porte Jésus, qu’elle tient tendrement contre elle, dans un geste de protection. L’Enfant semble la remercier de son regard plein de tendresse, tandis que ses propres yeux sont tournés vers le ciel, en signe de confiance en la volonté divine. Saint Joseph, digne et volontaire, suit l’animal et la femme et l’Enfant qui lui sont confiés. Fra Angelico figure ici une Sainte Famille unie, en marche vers le Salut.
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Le Recouvrement de Jésus au Temple, Amardio degli argenti (détail) : "Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses." (Luc 2, 46-47) Dernière scène du cycle de l’enfance de Jésus, le Recouvrement de Jésus au Temple est, une fois encore, représenté par Fra Angelico dans un intérieur architectural qui est familier au peintre. Selon Michel Feuillet, le décor est celui d’une salle capitulaire d’un couvent dominicain du XIVème siècle. Parmi les docteurs qui entourent Jésus, à droite, se trouve d’ailleurs un dominicain, qui pourrait être le peintre lui-même.
Au centre de la scène, Jésus se tient parmi les docteurs. Son auditoire est admiratif et l’écoute attentivement. À gauche Marie et Joseph, le visage grave, viennent d’arriver. Lorsque Jésus déclare à ses parents inquiets : "Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne savez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?" (Luc 2, 49), "L’instant peint par Fra Angelico marque une rupture. Jésus n’est plus un "infans" étymologiquement, "celui qui ne parle pas." Il parle ; il est la parole de Dieu.", explique Michel Feuillet.
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La Vierge à l’Enfant de Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage, vers 1418 (81 x 51 cm).
Parmi les huit Vierge à l’Enfant sélectionnées par Michel Feuillet dans son ouvrage, la Vierge à l’Enfant de Saint-Pétersbourg est l’une des plus anciennes œuvres de Fra Angelico. Celui-ci a une vingtaine d’années lorsqu’il peint cette Vierge et n’est pas encore entré chez les dominicains de Fiesole. Formé par un peintre religieux, Piero di Giovanni, dit Lorenzo Monaco, le jeune artiste est très influencé par l’art de la miniature.
Marie, portant l’Enfant Jésus sur ses genoux, est assise à même le sol et non sur un trône de gloire : il s’agit d’une Vierge d’Humilité, thème cher aux Ordres mendiants au XIVe siècle, qui célèbre la pauvreté évangélique que Marie partage avec son fils. Pour autant, "la présence des anges […] transforme la scène de maternité terrestre en un hommage paradisiaque", nous dit Michel Feuillet.
Le regard plein de tendresse de Marie n’est pas sans gravité, signe qu’elle porte déjà dans son cœur le sacrifice de son Divin Fils. Dans un geste très réaliste, elle semble chatouiller le pied de l’enfant de sa main droite. Tout aussi réaliste, l’Enfant Jésus est tourné vers sa Mère et "s’agite comme n’importe quel petit enfant."
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La Vierge à l’Enfant de Parme, Galleria Nazionale, vers 1428-1432 (128 x 68 cm).
Conservée à Parme, cette Vierge à L’Enfant illustre le mystère de l’Amour de Jésus et de sa tendre Mère. "Les deux visages de Marie et de Jésus, si proches l’un de l’autre, disent cette concorde, baignés d’une même lumière, douce, caressante.", écrit Michel Feuillet. L’Enfant, debout sur les genoux de sa Mère, joue avec le voile de celle-ci. Ce geste ludique et enfantin porte aussi les germes de son consentement au Sacrifice : vêtu d’une tunique rouge, il semble en effet déjà se saisir des linges de la Passion.
Les quatre saints, au pied de la Vierge, semblent appartenir à un monde différent. Il s’agit, de gauche à droite, de saint Jean-Baptiste, saint Dominique et saint François d’Assise – se serrant les mains, dans un geste de fraternité – et saint Paul.