Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!
1/10

La peur de l’invisible

Nous avons peur du monde invisible dont parle la Bible et l’Évangile. Cette peur provient principalement de la crainte de se faire des illusions : On a une frousse bleue d’être pris au piège.

Le remède de saint Élie : le champion de l’invisible, c'est le prophète Élie. Il sert Dieu et risque tout pour lui, alors qu’il ne l’a jamais vu. Il prend des risques énormes sur le Mont Carmel avec les prophètes de Baal. Il n’a pas eu de vision, mais il construit son autel, met du bois sur l’autel et le taureau par-dessus, et, sans rien dans les mains, il prie Dieu pour qu’Il envoie son feu et consume le sacrifice. Et le feu vient. Élie est le prophète de la contemplation et de la familiarité avec l’invisible.
2/10

La peur du don total

C’est la peur d’être cohérent et logique avec sa foi. Nous voulons bien croire un peu, jusqu’à un certain point, mais pas trop. On préfère garder la mesure. Or, il n’y a rien de plus contradictoire que de croire et de garder la mesure, car la foi est absolument démesurée.

Le remède de saint François d’Assise : Il prend l’Évangile à la lettre. Il ne met rien dans les notes au bas des pages : il n’interprète pas, il va jusqu’au bout. Devant le crucifix de San Damiano, il entend les paroles de Jésus qui Lui dit: "Va et reconstruit mon Église". Il monte sur le toit et il commence à réparer le toit. Cependant quand il a vu, plus tard, que construire l’Église ne signifie pas réparer le toit d’un bâtiment, mais qu’il s’agit de reconstruire l’Église toute entière, il fonde alors son ordre de mendiants.
3/10

La peur de la charité totale

Dès qu'on s'engage dans la voie du service aux autres, les autres nous mangent. Par peur d’être mangés, nous mettons certaines limites : nous aimons Dieu et les hommes, mais jusqu’à un certain point, pas de tout cœur...

Le remède du père Kolbe : Il est un véritable médecin pour ce mal. Il se trouve dans une rangée de prisonniers du camp d’Auschwitz. Quand l’officier dit : "Celui-là, on va l’exécuter", en désignant un autre homme dans la file, et que celui-ci commence à pleurer parce qu’il est père de famille, le père Kolbe prend sa place. Il entre dans le bunker et meurt en sacrifice pour son compagnon d’infortune. Il ne s’est pas arrêté à mi-chemin dans la charité.
4/10

La peur de faire ce que dit la Parole de Dieu

Souvent, en lisant la Bible, nous admirons la Parole de Dieu à distance : "C’est beau, mais c’est impossible à pratiquer". Bref, on a peur de prendre la Parole de Dieu à la lettre.

Le remède d’Edith Stein : Edith Stein, qui était Juive, a franchi un seuil difficile. Elle est allée au-delà de la religion de ses pères, à laquelle elle était fort attachée. Elle a reconnu que le Premier Testament était accompli dans un Nouveau Testament avec Jésus. Cela demandait une logique implacable. La foi en la Parole de Jésus et en sa nouveauté n’était pas une chose aisée pour une Juive, mais elle n’a pas eu peur de l’Évangile pris à la lettre.
5/10

La peur de la simplicité des rites et des sacrements

Les sacrements sont d’une simplicité incroyable. D’ailleurs, ils n’ont aucun effet constatable. Leur résultat est invérifiable : on l’appelle la grâce. Or, à une époque de l’efficacité, nous avons peur que ces rites ne soient que de simples gestes symboliques.

Le remède du Curé d’Ars : Il n’a jamais prêché de façon extraordinaire. Il lisait simplement un texte écrit par avance. En fait, il ne fallait pas chercher chez lui des paroles, mais bien les sacrements... Il n’a fait que cela : célébrer l’eucharistie et entendre des confessions du matin jusque tard la nuit. Un jour, il a voulu fuir Ars parce qu’il en avait assez. Mais il s’est dit : "Je ne peux pas ! Il faut que je retourne, parce que, si je quitte la paroisse, les sacrements s’en vont, Dieu s’en va".
6/10

La peur de la fragilité intérieure

Il s’agit d’une peur de notre propre fragilité intérieure et morale. C’est une certaine impuissance, une petite voie qui suggère : « Je suis incapable de devenir un saint. »

Le remède de sainte Thérèse de Lisieux : Quand, au réfectoire du Carmel de Lisieux, sainte Thérèse entendait lire les récits de martyres, elle se disait : "Ça, je ne pourrais jamais le faire. Impossible!". Et c’est alors qu’elle complétait sa réflexion : "Il ne faut pas que je fasse ça moi-même ; il faut que je me laisse faire. Plus je suis faible. plus Dieu m’aime. Même si j’avais commis tous les péchés du monde, Il m’aimerait encore plus". La petite voie de sainte Thérèse de Lisieux est le seul médicament contre la peur de notre fragilité. Elle sait avoir confiance.
7/10

La peur d’aimer l’Église

La peur d’aimer l’Église, peut-être la peur la plus importante et la plus visible aujourd'hui. Beaucoup s’en détachent en se disant "Je suis pour le Christ mais pas pour l’Église".

Le remède de sainte Catherine de Sienne : Simple fille du Nord de l’Italie, Catherine sait à peine lire et écrire, mais elle a un amour incomparable de l’Église. Dans ses lettres, elle peut être véhémente vis-à-vis du Pape — celui de son époque avait quitté Rome. Catherine lui écrit plusieurs lettres, lui disant: "Votre place n’est pas là-bas (à Avignon), votre place est à Rome". Finalement, le Pape est retourné à Rome. Durant les derniers mois de sa vie, Catherine allait tous les jours prier sur les marches de la basilique Saint-Pierre.
8/10

La peur de parler et du franc-parler

Comme les apôtres repliés au Cénacle avant la Pentecôte, nous vivons dans l’attente et l’hésitation en nous disant : "Je vais parler, s’il y a des chances qu’ils écoutent..." Ce qui nous manque, c’est la parrèsia de saint Paul, c’est-à-dire le franc-parler, ce qui nous fait oser, délier nos langues, annoncer la foi.

Le remède de saint Paul : Il n’avait pas peur de parler. Il n’avait pas peur surtout d’essuyer des refus. Quand on disait non ou qu’on ne répondait pas, il prenait ses valises, il allait dans une autre ville et recommençait. Il n’y a aucun vicaire, aucun curé, qui ait changé de paroisse aussi souvent que saint Paul. Non pas parce que son évêque le nommait ailleurs, mais parce qu’il était chassé.
9/10

La peur d’une foi "publique"

Nous avons peur que la foi ait des conséquences, un impact sur la vie de tous les jours. Comme la foi est de plus en plus reléguée dans le domaine de la vie privée. On n’en parle pas.

Le remède de saint Thomas More : Patron des hommes politiques et des Chefs d’États, il n’avait pas peur de montrer sa foi devant le roi d’Angleterre. Il l’a payé de sa vie ! Ne disait-il pas la chose suivante : "Lorsqu’on croit, lorsqu’on est chrétien, on n’observe pas n’importe quelle loi. La loi se croit autonome, mais ce n’est pas vrai. Les lois injustes ne sont pas des lois."
10/10

La peur de choisir et de décider

Nous avons une peur extrême de faire le pas, de faire un choix, de décider... On remet à plus tard car "on ne sait jamais!" Pourquoi ? Pour ne pas perdre sa vie. Or, "celui qui ne veut pas perdre sa vie", dit Jésus, "il l’a déjà perdue".

Le remède de saint Charles de Foucauld : Pendant des années, il a hésité à devenir chrétien jusqu’au jour où, dans l’église Saint-Augustin, à Paris, l’abbé Huvelin lui a dit: "Tu as suffisamment hésité, mets toi à genoux et confesse-toi". Et Charles s’est converti. Bien sûr, il ne faut pas toujours brusquer les gens ainsi. Il fallait être l’abbé Huvelin pour le faire. Mais ce qui est important : à un certain moment, Charles a vaincu son indécision permanente, un doute qui, chez lui comme si souvent chez nous, c’était ancré très profondément.