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16 octobre 1978. Un pape venu de l'Est.

Quand le nouveau Pape apparaît à Rome à la loggia des Bénédictions, ce 16 octobre 1978, tous les commentateurs notent qu’il est le premier Pape non italien depuis 455 ans. Les observateurs remarquent qu’il vient d’un pays communiste. Lors de sa première messe, quand il lance son fameux "N’ayez pas peur !", celles et ceux qui vivent derrière le rideau de fer tendent l’oreille. Jean Paul II devient leur voix : "N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement !" s’exclame-t-il. En l’écoutant, Soljenitsyne lancera au micro de la BBC : "Ce Pape est un don du Ciel" !
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2 juin 1979. Première visite pontificale dans son pays natal.

À peine élu, Jean Paul II annonce son intention de se rendre dans son pays, encore sous contrôle soviétique. Même la colère de Brejnev n’y pourra rien. Le pouvoir communiste ne peut pas s’opposer à la venue du Pape dans son propre pays. Le 2 juin 1979, au cœur de Varsovie, il réunit une foule considérable. Pour la première fois depuis la fin de la guerre, des millions de Polonais se rassemblent en toute liberté autour du souverain pontife. D’abord ébahis puis euphoriques, ils l’entendent s’exclamer d’emblée et hors de toute censure : « Nul ne peut exclure le Christ de l’histoire de l’Homme, en quelque partie du globe ! » Une phrase qui déclenche dix minutes d’applaudissements. Pour tous les historiens, c’est la première brèche opérée dans le rideau de fer.

 
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2 juin 1980. Discours historique à l'Unesco à Paris.

C’est en 1980, à l’Unesco, que Jean Paul II prononce l’un des plus grands discours de l’après-guerre. Il prend la défense de la liberté, des nations et de leurs cultures. Sans ambiguïté, son langage met en pièces le marxisme-léninisme. À la fin, il lance un appel encore plus clair : « Veillez sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque nation en vertu de sa propre culture, ne permettez pas que cette souveraineté devienne la proie de quelques intérêts politiques ou économiques, victime des totalitarismes, impérialismes ou hégémonies pour lesquels l’homme n’est qu’un objet de domination et non un sujet de son existence humaine. »
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31 août 1980. Naissance de Solidarnosc, mouvement soutenu par le Pape.

La tournure prise par les grèves de Gdansk sera la conséquence directe de l’extraordinaire visite de Jean Paul II en Pologne en mai 1979. Aucun mouvement de contestation ne s’était jamais inspiré du Pape, voire de l’Évangile. Et voilà qu’en août 1980, les ouvriers en grève accrochent le portrait de Jean Paul II sur les grilles des chantiers navals Lénine (!) de Gdansk. Ils commencent chacune de leurs journées de lutte par une messe, prient la Vierge Marie sans complexe et baptisent leur syndicat Solidarité ! C’est la naissance du premier mouvement indépendant du bloc de l’Est auquel adhèrent 10 millions de Polonais. La retransmission d'une messe en direct, sur les ondes de l’État, est le fruit des accords signés entre Solidarnosc et le pouvoir communiste le 31 août à Gdansk.
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15 janvier 1981. Soutien du pape à Lech Walesa, leader de Solidarnosc.

Jean Paul II apporte ouvertement son soutien à Lech Walesa. En janvier 1981, il reçoit très chaleureusement au Vatican le leader du syndicat Solidarnosc, fervent catholique lui-même. Le Pape déclare notamment que « les hommes qui travaillent ont le droit de s’associer librement » et que « l’activité des syndicats n’a pas un caractère politique ». Encadré par le Saint-Siège, le séjour de Lech Wałesa à Rome permet également des discussions avec les représentants des trois grandes centrales syndicales italiennes.
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l7 juin 1982. Rencontre avec le président américain Ronald Reagan.

À la stupéfaction générale, le général Jaruzelski déclare l’état de guerre en Pologne le 13 décembre 1981 : 6.000 syndicalistes sont arrêtés, Solidarnosc est dissous et Lech Walesa, son dirigeant, emprisonné. Jean Paul II lui apporte immédiatement son soutien. En Chef d’État, il commence aussitôt à poursuivre des entretiens diplomatiques au niveau planétaire. Son interlocuteur principal est le président américain Ronald Reagan qu'il rencontre le 17 juin 1982. Outre les messages en polonais lancés tous les mercredis lors de l’audience générale place Saint-Pierre, relayé par Radio Vatican chaque semaine en 16 langues.
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12 juin 1983. Appel du pape au général Jaruzelski.

Déterminé, Jean Paul II retourne à Varsovie en juin 1983. En l’accueillant, le général Jaruzelski est visiblement tendu. Tous les dirigeants de Solidarnosc sont derrière les barreaux, Lech Walesa est assigné à résidence. Bien que très affaiblie, l’opposition poursuit son action dans la clandestinité. Les églises sont les seuls lieux où manifester son opposition au régime est encore possible, le temps d’une messe. La même année, le 11 décembre, le prix Nobel de la Paix est décerné à Lech Walesa, symbole de la lutte contre le communisme et de l’espoir derrière le rideau de fer.
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12 juin 1987. Appel historique en faveur des accords de Gdansk

Au cours de son troisième pèlerinage en Pologne, Jean Paul II rencontre les jeunes à Gdansk. Lors de la messe célébrée dans le quartier des chantiers navals et devant un million de fidèles, il lance un appel historique en faveur de l’application des « accords de Gdansk ».
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5 avril 1989. Table ronde avec Solidarnosc, l'Église et les dirigeants communistes..

L’influence croissante de l’Église et du pape Jean Paul II, doublée du marasme économique et des vagues de grèves sans précédent que traversent le pays, amènent le gouvernement communiste à négocier. Réunissant le pouvoir, le syndicat Solidarnosc et l’Église polonaise directement appuyée par Jean Paul II, les accords de la table ronde du 5 avril 1989 promettent la tenue d’élections libres. Une première en Europe de l’Est depuis 1946. Solidarnosc remporte un très large succès aux élections de juin 1989. La brèche est définitivement faite, à quelques mois de la chute du mur de Berlin.
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1er décembre 1989. Rencontre historique. Michail Gorbatchev reçu par Jean Paul II au Vatican.

Quand Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en URSS, en mars 1985, Jean Paul II comprend très vite que la Perestroïka va lui permettre d’avancer. À Moscou, à l’occasion du millénaire du baptême de la Russie, il envoie son « premier ministre », le cardinal Agostino Casaroli. Celui-ci rencontre Gorbatchev le 13 juin 1988. Pris au piège de sa propre stratégie réformatrice, le dirigeant soviétique assure que le temps de la lutte antireligieuse est terminé. Il accepte de rencontrer le Pape. Quand le leader du communisme mondial vient rencontrer le chef de l’Église catholique au Vatican quelques mois plus tard, les jeux sont faits. Le Mur de Berlin est tombé trois semaines plus tôt. L’agonie du régime soviétique est entamée. Il faudra moins de deux ans pour que le Président de l’URSS soit obligé de céder la place aux nouveaux dirigeants de la Russie. L’empire soviétique explose. Dans un célèbre article qu’il publie deux mois plus tard, Mikhaïl Gorbatchev revient sur cette suite d’événements extraordinaires : « Rien de ce qui s’est passé en Europe de l’Est n’aurait pu se produire sans ce pape-là...».