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Saint Hubert, patron des chasseurs ou anti-chasse ?

publié le 10/06/26|Cyr Gaignault
Legende_de_saint_Hubert.jpg

Source: P Deliss I Godong

Saint Hubert, fêté par l’Église le 30 mai et le 3 novembre, est connu comme le patron de la chasse. Mais ce fut surtout un évêque actif au service des pauvres et de l’évangélisation des campagnes belges au huitième siècle.

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Issu de la haute noblesse franque, saint Hubert, fêté par l’Église le 30 mai et le 3 novembre, a choisi de renoncer à une vie de pouvoir et de plaisirs pour se consacrer à Dieu et à l’Église, comme moine puis comme évêque. La légende médiévale a expliqué cette conversion par une rencontre miraculeuse avec un cerf portant une croix. C’est pourquoi saint Hubert est particulièrement honoré comme le saint patron des chasseurs, en Belgique, en France, au Luxembourg et en Allemagne. D’autres aspects de la vie d’Hubert, pourtant véridiques et non moins intéressants, sont aujourd’hui méconnus.

Saint Hubert, biographie d’un noble devenu moine et évêque

Un fils de famille aux origines prestigieuses

Hubert naît dans les années 750, au moment du déclin de la dynastie mérovingienne et de l'ascension des Pépinides, la future dynastie carolingienne. Il est de haute noblesse franque et certains en font un parent de Pépin de Herstal et de son fils Charles Martel. Ces deux princes furent maires du palais (c’est-à-dire premiers ministres) d’Austrasie, le royaume des Francs de l’est qui s’étendait du Rhin à la Champagne. L’Austrasie dominait à l’époque la Neustrie, royaume des Francs de l’ouest (de la Picardie à la Loire). 

Le prénom “Hubert” est d’origine germanique ; hug signifie « intelligence » et berth « brillant ». C’est dire si les parents d’Hubert avaient des attentes à son sujet ! Ce prénom évoque aussi une parenté possible avec les Hugobertides, la famille de sainte Plectrude, première épouse de Pépin de Herstal. 

Une jeunesse légendaire

Il est important de préciser que la vie d’Hubert n’est documentée qu’à partir de son épiscopat, et que tous les récits de sa jeunesse sont donc légendaires. La source la plus fiable qu’on possède le concernant est la Vita Prima, la première vie du saint, écrite peu après sa mort par un de ses contemporains, resté malheureusement anonyme. Comme la Vita Prima ne raconte que la fin de la vie d’Hubert, les biographes des siècles suivants ont tenté de combler ce vide que la curiosité et la superstition des fidèles avait déjà habillé de multiples légendes. Jonas d’Orléans, au Xe siècle, dans la Vita Secunda, inséra ainsi des éléments légendaires sans doute issus de la tradition orale. 

Au début du XXe siècle, les frères de écoles chrétiennes racontaient qu’à douze ans, au milieu d’une chasse, il vit un ours furieux se jeter sur son père et l’étreindre de ses griffes. A ce spectacle il aurait imploré le ciel de l’aider à sauver son père, et aurait aussitôt trouvé la force de se jeter sur l’ours et de le tuer. 

Récupération bourguignonne de saint Hubert

Il aurait épousé une femme de la noblesse, nommée Floribanne ou Floribane, fille du comte de Louvain, et ensemble ils auraient eu un fils, dont le prénom Floribert est un mélange de ceux de ses parents. En réalité, c’est une invention du XVe siècle : Hubert le Prévost, chroniqueur pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon, est le premier à parler de ce mariage. Il est possible qu’Hubert ait été marié avant de devenir moine et évêque. Cependant, il est impossible que ce fût avec l’héritière du comté de Louvain, qui n’existait pas encore. Le choix du chroniqueur n’est pas innocent : il fait d’Hubert un saint pour la Bourgogne, car à l'époque à laquelle il écrit, Louvain est un fief bourguignon. 

Il est intéressant également pour la Bourgogne qu’Hubert ait une descendance. Au XVe siècle, dans ce duché, des chevaliers de saint Hubert se disaient descendants du saint et héritiers de ses dons de guérison. En réalité, on n’a aucune trace du mariage, du veuvage et de la descendance d’Hubert. C'est tout à fait probable, mais impossible à prouver à ce stade des connaissances historiques. Floribert a bien existé, c'est le fils spirituel et successeur d’Hubert. Les sources d’époque ne précisent pas qu’il est aussi son fils biologique. 

La conversion d'Hubert au cours d'une chasse : un parallèle avec la conversion de saint Paul, emprunté à saint Eustache

Un jour, Hubert s'adonne à l’un des loisirs favoris de la noblesse franque, la chasse. Selon la légende, ce jour est un Vendredi saint. Hubert est donc en faute car il délaisse les célébrations de la Passion du Christ. C’est là qu’il aurait été touché par le Seigneur. L’hagiographie médiévale en donne un récit qui fait d’Hubert un nouveau saint Paul. Alors qu’il poursuit un cerf blanc à dix cors (le gibier le plus rare et le plus noble par excellence) l’animal se retourne et lui fait face, pétrifiant les chiens et faisant tomber Hubert de cheval. À  genoux, le chasseur impie entend ces mots :

«  Hubert ! Hubert ! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? »

Cette interpellation reprend la structure du “Saul ! Saul ! Pourquoi me persécutes-tu ?” de la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas selon les Actes de Apôtres. Puis - comme Saul est envoyé à Ananie qui lui ouvre les yeux - Hubert est envoyé par sa voix à saint Lambert, l’évêque de Maastricht, qui l’accompagne dans sa conversion. 

SAINT HUBERT

L’apparition du cerf relève de la légende dorée, et se racontait déjà à propos de saint Eustache, un martyr des premiers siècles. On ne sait comment Hubert choisit de consacrer sa vie à Dieu et à l’Église, si ce fut à la suite d’une révélation miraculeuse ou au terme d’un long parcours de conversion intérieur. Célibataire ou devenu veuf, il devient moine et se retire à Stavelot. La fête de saint Hubert y est toujours aujourd’hui l’occasion de bénir chiens, chevaux et autres animaux domestiques. Dès ces années-là, Hubert est un proche de l’évêque Lambert, et devient en quelque sorte son dauphin. 

Hubert devient évêque après l'assassinat de son prédécesseur

En 705, saint Lambert, évêque de Maastricht, est assassiné. Le peuple de Maastricht choisit alors Hubert pour succéder à Lambert comme évêque. Il est commun en effet dans les premiers siècles que l’évêque soit choisi par son peuple, selon le principe vox populi, vox Dei

Cependant, le choix d’Hubert comme évêque ne plaît pas à tout le monde dans l’aristocratie, particulièrement chez ceux qui ont fait tuer Lambert. Ils tendent un guet-apens à Hubert sur le chemin de son évêché. Heureusement, Hubert connaît bien la région. Averti, il coupe à travers bois et évite l'embûche. Il fait alors une entrée triomphale à Maastricht. La légende veut qu'il soit sacré par le Pape, qui lui aurait remis à l’occasion une clef reliquaire contenant de la limaille de fer provenant des liens de saint Pierre. 

Hubert, évêque de Maastricht et « fondateur » de Liège 

La Vita Prima ne décrit pas un évêque politique, mais missionnaire et thaumaturge, qui s’attache activement à l’évangélisation de son diocèse. Les campagnes sont encore largement païennes. Il s’y déplace beaucoup, va à la rencontre des habitants et on lui attribue des guérisons miraculeuses, notamment d'un enragé. 

Il transfère à Liège les reliques de Lambert. Ce dernier était enterré à Maastricht. Mais les lieux de sa mort étant réputés miraculeux, Hubert y fonde une abbaye et y fait porter les reliques de son prédécesseur. C’est pourquoi les Liégeois considèrent aujourd’hui encore Hubert comme leur saint fondateur. Le déplacement du centre du diocèse de Maastricht vers Liège ne s’est fait que plus tardivement, mais l’installation des reliques de Lambert marque une étape décisive dans l’histoire et la croissance de la ville. 

La mort de saint Hubert

Pour nourrir les populations, Hubert lance des travaux de défrichement et d'aménagement. Il participe parfois activement. Un jour, il s’écrase un doigt avec un maillet alors qu'il plante un pieu dans la vase.  Sa blessure s’infecte, et la gangrène s’installe. Elle le fait souffrir au point qu’il n’arrive plus à dormir. La légende raconte qu’une nuit, alors qu’il tente de trouver le sommeil, il a une apparition qui lui annonce sa mort prochaine. Hubert meurt le 30 mai 727, emporté par la gangrène. 

La critique historique de la vie d’Hubert n’enlève certainement rien à ses mérites, ni à l’exemple qu’il nous donne. Si sa sainteté n’est pas la conséquence d’une apparition spectaculaire, elle est l’aboutissement d’une démarche volontaire et peut-être plus tourmentée. Comment un jeune noble franc épris de plaisirs a-t-il choisi de se tourner vers Dieu et vers ses semblables ? Nous l'ignorons. Ce que nous savons, c'est que devenu évêque, il s’est consacré à sa mission : annoncer l’évangile, soigner les malades et visiter les prisonniers. 

Héritage spirituel

Hubert est canonisé par son successeur et fils spirituel

Avant même la légende dorée, Hubert fait l’objet d’une vénération notable, et est rapidement canonisé. C’est Floribert, successeur d’Hubert, qui élève ses reliques en 743. La canonisation n’existe pas dans sa forme actuelle (ce n’est qu’à partir du douzième siècle que les pape se réservent la possibilité de déclarer une personne sainte, après l’instruction d’un procès en canonisation). Au huitième siècle, c’est l’évêque du lieu qui déclare sainte une personne. La cérémonie est appelée Elevatio en latin parce qu’on y élève les reliques sur l’autel, pour les mettre dans une châsse.  

Hubert donne son nom à la ville où son corps est transféré

Les reliques d’Hubert sont transférées à Andage en 825 par l’évêque Walcaud, sur décision d’un concile réuni à Aix-la-Chapelle par l’empereur Louis le Pieux (fils de Charlemagne). Les raisons de ce transfert sont doubles : 

  • La présence du corps d’Hubert à côté de celui de Lambert faisait pour ainsi dire doublon, pour ne pas dire concurrence. Le concile d’Aix-la-Chapelle juge en quelque sorte la ville de Liège trop petite pour abriter les reliques de deux saints aussi importants. Le transfert répond ainsi à un souci de meilleure répartition des richesses, voire d’optimisation dans l’administration urbaine. 
  • Il s’agit aussi de soutenir l’établissement des bénédictins liégeois à Andage, où ils remplacent la communauté de chanoines. La mémoire d’Hubert s'inscrit alors dans le cadre des réformes religieuses du règne de Louis le Pieux, qui voient la règle de saint Benoît prendre de plus en plus d’importance par rapport à la règle de saint Augustin qui régissait la vie des chanoine. A une époque où la vénération des reliques joue un grand rôle dans la piété populaire, dans l’afflux des pèlerins - et donc des offrandes - envoyer le corps d’Hubert à Andage, c’est donner toutes ses chances à la communauté qu’on y implante. 

C’est à l’occasion du transfert des reliques que Jonas, évêque d’Orléans, très actif dans les réformes religieuses de son temps, écrit la Vita Secunda. Le mythe commence à se mêler à la réalité, témoin de la piété et de la curiosité populaires qui entourent le prestigieux évêque. Aujourd’hui, le village d’Andage en Wallonie a changé de nom et ne porte plus que le nom de Saint-Hubert, tant l’abbaye et la mémoire de son saint patron ont eu de l’importance pour ce lieu. 

Héritage culturel

Saint Hubert donne, indirectement, son nom à une race de chiens de chasse

C’est l’abbaye bénédictine d’Andage-Saint-Hubert qui donne son nom à la race de chien Saint-Hubert. C’est dans ce lieu en effet qu’elle a été développée. Contrairement à la légende, ce n’est pas Hubert lui-même qui est à l’origine de cette race, qui n’est connue qu’à partir du dixième siècle.

Shutterstock - chien de saint Hubert - Bloodhound

Le Saint-Hubert est encore aujourd’hui classé par la FCI (Fédération cynologique internationale) parmi les chiens courants et non parmi les chiens de recherche au sang. Il est pourtant appelé en anglais bloodhound (littéralement “chien de sang”), et il brille en vénerie plus par son flair que par sa vitesse, ce qui a fait aux États-Unis du Saint-Hubert le chien policier par excellence. Cependant, au Moyen Âge, il était encore beaucoup utilisé pour la chasse à courre. La renommée du chien Saint-Hubert a donc certainement joué un rôle dans l’attribution à Hubert de la légende de la conversion lors d’une chasse, au départ attribuée à saint Eustache. 

Le couteau de saint Hubert. 

Saint Hubert a aussi été retenu en philosophie pour son couteau. Comme tous les chasseurs, Hubert avait un couteau, et l’utilisait certainement beaucoup, si bien qu’il en changeait tantôt le manche, tantôt la lame. Une fois toutes les pièces changées, est-ce toujours le même couteau de saint Hubert ? Est-ce que le changement de matière entraîne un changement d’identité, ou est-ce que l’identité se conserve par la forme ? Cette expérience de pensée a une version laïque, celle du “couteau de Jeannot". Toutes deux sont des variations du “bateau de Thésée”, qui après de multiples réparations, n’a pas conservé une seule pièce d’origine. 

Le buffet “Saint-Hubert”

Saint Hubert donne aussi son nom à un meuble, plus précisément à un buffet. Le buffet « Saint-Hubert » apparaît dans le mobilier de style régional ou historiciste du XIXe siècle, notamment en France et en Belgique. Il ne s’agit pas d’un type ancien médiéval, mais d’une création de style inspirée de l’imaginaire de la chasse.

Il a été conçu pour servir de buffet de salle à manger ou de salle de chasse, et était destiné à présenter vaisselle, plats, voire gibier, intégré dans des décors rustiques : chalets, maisons de campagne, pavillons de chasse. Le nom ne vient donc pas d’un usage liturgique ou religieux, mais d’un code décoratif. C’est un bon exemple de la manière dont un saint devient une référence culturelle et esthétique, bien au-delà du domaine religieux.

Prières : pour demander l’intercession d’Hubert

« Saint Hubert, accordez-nous le désir et la force de dominer nos instincts animaux.»

Ô Saint Hubert, patron des grandes chasses

Hubert est bien connu comme étant le patron de la chasse et des chasseurs. Ces derniers lui chantent cette hymne, non pour demander une chasse fructueuse, mais pour les “arracher aux plaisirs avilis”, pour protéger les forêts et conduire les chasseurs au paradis. 

Ô Saint Hubert, patron des grandes chasses,
Toi qu’exaltait la fanfare au galop,
En poursuivant le gibier à la trace,
Tu le forçais sous l’élan des chevaux.
Nous, les derniers descendants de ta race,
Arrache-nous aux plaisirs avilis,
Emplis nos cœurs de jeunesse et d’audace,
Dans la forêt, fais nous chasseurs hardis.

Sauve d’abord du Bocage à l’Ardenne
Notre forêt si chère aux vieux gaulois,
Pour qu’à son chant, notre jeunesse apprenne
Les fiers secrets gardés par les grands bois.
Fais nos yeux prompts, et fais nos lèvres claires,
Pour bien lancer, quand viendra le danger,
Le cri de chasse ou le dur cri de guerre ;
« Sus à la bête ! », et courons la traquer.

Tu vis un jour, au fond du hallier sombre
Où tes limiers se pressaient aux abois,
La croix du Christ que le grand cerf dans l’ombre
Couronnait de l’auréole de ses bois :
Mystique appel qui conquit ta grande âme ;
Tu dis aux cours un méprisant adieu.
Montre à nos yeux cette divine flamme,
Et conduis-nous camper sur les hauts lieux.

Quand le Seigneur, la chasse terminée,
Appellera notre nom à son tour,
Epargne-nous les tristes mélopées ;
Tu sonneras pour nous le point du jour.
Au grand galop, pour célébrer ta gloire,
Nous bondirons en poussant l’hallali,
Et nous ferons, au fracas des fanfares,
En ton honneur trembler le paradis !

Prière belge à saint Hubert 

Les Belges, quant à eux, ont aujourd’hui cette prière pour se souvenir de celui qui a évangélisé la Wallonie. Les diocèses de Liège et de Namur diffusent cette prière. 

Grand saint Hubert,

Toi qui as répondu à l’appel de Dieu, te demandant de quitter une vie de plaisirs,
apprends-nous, comme tu l’as été, à être à l’écoute du projet que Dieu a pour nous.
Donne-nous le courage de renoncer à tout ce qui nous détourne de Lui.
Toi qui, te retirant du monde dans la forêt ardennaise,
as fait pénitence durant de nombreuses années,
apprends-nous à persévérer et à être fidèles à nos promesses.
Toi qui as été consacré évêque, succédant à Saint Lambert,
et qui évangélisa l’immense diocèse de Liège,
te dépensant sans compter à une époque où le paganisme était encore très vivace.
Toi, l’Apôtre de l’Ardenne,
jette un regard de bonté sur tes enfants,
éloigne de notre vie, de notre cœur, toute forme de rage.
Garde-nous un esprit sain dans un corps sain
afin que nous puissions devenir, à ton exemple et par ton soutien,
des semeurs d’Évangile et des témoins infatigables de l’Espérance révélée en Jésus,
le Christ.
Amen

Poème allemand pour une chasse honorable : 

Hubert est aussi très honoré en Allemagne. Un ordre de chevalerie bavarois porte son nom, et l’esprit de saint Hubert à infusé celui des chasseurs et forestiers allemands. En témoigne le Jägermeister, liqueur allemande populaire dont le nom signifie “Maître-chasseur”, et qui arbore comme logo le cerf crucifère de saint Eustache et saint Hubert. Autour du logo, la première strophe de ce poème d’Oskar von Riesenthal, qui résume bien l’esprit de saint Hubert. 

“Das ist des Jägers Ehrenschild,
Daß er beschützt und hegt sein Wild,
Waidmännisch jagt, wie sich’s gehört,
Den Schöpfer im Geschöpfe ehrt!

Das Kriegsgeschoß der Haß regiert, -
Die Lieb’ zum Wild den Stutzen führt:
Drum denk’ bei Deinem täglich Brot
Ob auch Dein Wild nicht leidet Noth?

Behüt’s vor Mensch und Thier zumal!
Verkürze ihm die Todesqual!
Sei außen rauh, doch innen mild, -
Dann bleibet blank Dein Ehrenschild!”

Il en va de l'honneur du chasseur
De protéger et de préserver son gibier,
De chasser dans les règles de l'art
Et, dans la créature, d'honorer le Créateur.

Le projectile de guerre est guidé par la haine,
Mais l’amour du gibier dirige le fusil.
Ainsi, pense à ton pain quotidien :
Ton gibier souffre-t-il aussi du besoin ?

Protège-le des hommes comme des bêtes,
Abrège-lui les souffrances de la mort !
Sois rude au dehors, mais doux en ton cœur,
Alors ton blason d’honneur restera pur !

Saint Hubert, patron écologique aux multiples casquettes

Hubert est aussi le patron des forestiers et des bûcherons, et de tous ceux qui travaillent dans la nature. Il est également le saint qu’on invoque en cas d’insomnie, en souvenir de ses difficultés à trouver le sommeil durant les derniers mois de sa vie, quand la gangrène lui rongeait la main. 

On l’a invoqué pour guérir de la rage, car selon la légende il aurait guéri un enragé. Cette dévotion s’inscrit aussi dans le cadre de son patronage sur les chiens, et s’est élargie à la protection générale contre toutes les bêtes dangereuses. Il existe une ancienne invocation populaire, destinée à se protéger lors des voyages, et formulée ainsi : 

“Saint Hubert, Orieu, Fi Dieu, amoureux, toutes ces bêtes folles qui viendront, qu’elles ne s’approchent jamais plus près d’moué qu’la p’tite étoile du ciel !”

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Aujourd’hui, saint Hubert ne veille pas seulement sur les campagnes et les chasseurs, mais aussi sur tous ceux qui travaillent à Rungis 

Philippe Glogowski

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Questions fréquentes

Quel jour fête-t-on saint Hubert ?

Saint Hubert est fêté le 3 novembre. C’est une mémoire obligatoire en Belgique, et une fête très populaire dans les campagnes françaises. Saint Hubert est pourtant inscrit au martyrologe romain le 30 mai. Le 3 novembre reste cependant la Saint Hubert par excellence, d’abord parce que c’est le cœur de la saison de la chasse, ensuite parce que le 30 mai est, en France, surtout consacré à sainte Jeanne d’Arc

Que faire à la saint Hubert ?

À la Saint Hubert, le 3 novembre, il est de coutume dans de nombreux endroits d’Europe occidentale de célébrer la messe sous le patronage de saint Hubert, patron des chasseurs. Les chasseurs peuvent animer la célébration au son des trompes de chasse, et décorer l’église aux couleurs de l’automne. Le chant à saint Hubert, patron des grandes chasses, est souvent entonné à la fin de la messe. 

Si on est dans une région boisée, c’est le moment idéal pour écouter le brame du cerf. 

De qui saint Hubert est-il le saint patron ?

Saint Hubert est le patron des chasseurs, en souvenir de la légende de sa conversion au cours d’une chasse. Apôtre des Ardennes, il est le patron de cette région, des bûcherons, des forestiers et de tous ceux qui travaillent dans la forêt. 

Où se trouvent le corps et les reliques de saint Hubert ?

Le corps du saint, conservé à l’abbaye de Saint-Hubert, a disparu après le pillage par les troupes huguenotes en 1568. On dit que l’abbaye, ruinée par l’événement, dut vendre la châsse en 1575. On en a perdu la trace depuis. En revanche, l’abbaye de Saint-Hubert conserve la Sainte Étole qui aurait été offerte au saint par le Pape, et qui a longtemps servi dans des rituels de guérison des malades atteints de la rage. 

Le trésor de la cathédrale de Liège conserve la clef reliquaire que le Pape aurait offerte à Hubert. Cette clef a servi à marquer les animaux pour les protéger de la rage. 

La basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Maastricht a aussi trois reliquaires en argent contenant des fragments du saint.  

La race de chien Saint-Hubert a-t-elle été créée par saint Hubert ?

Le chien de saint Hubert, connu pour son flair comme le meilleur des chiens policiers, a été développé par les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Hubert, mais deux siècles après la mort du saint.