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N’ayez pas peur d’être de « mauvais parents » !

MATKA Z DZIECKIEM

Drazen Zigic | Shutterstock

Edifa - Publié le 28/04/21

Est-il vrai que pour bien éduquer ses enfants, il faille d'abord perdre toute illusion sur notre capacité à être de « bons parents » ?

Lors d’une conversation entre amis, on en vint à parler de l’éducation des enfants : en comparant l’expérience des uns et des autres, il ressortait clairement que les aînés étaient souvent plus difficiles que leurs cadets. Et de s’interroger sur les raisons de cet état de choses. « C’est sans doute, suggérait un père de famille, parce qu’avec notre premier enfant nous pensons encore que nous allons être de bons parents ; l’aîné est ainsi soumis à toutes sortes d’exigences et subit nos angoisses de parents perfectionnistes. Après, nous perdons très vite nos illusions sur nous-mêmes, ce qui fait que nous sommes plus décontractés avec les suivants. » Que les aînés soient ou non plus difficiles que leurs cadets, nous n’en discuterons pas ici. Mais est-il vrai que pour bien éduquer ses enfants, il faille d’abord perdre toute illusion sur notre capacité à être de « bons parents » ?

Les parents ne sont pas des machines à éduquer mais des personnes

À moins d’être immatures ou exceptionnellement insouciants, tous les parents ont débuté leur carrière en étant pleins d’excellents principes (ou de moins bons, d’ailleurs). Projets naïfs que la réalité de la vie quotidienne a tôt fait de malmener. Cette naïveté, d’ailleurs, n’est pas propre aux parents débutants : on la retrouve, en effet, chez nombre de parents « convertis ». Entendons par là non seulement les conversions radicales mais aussi toutes les étapes décisives de notre marche vers Dieu. Après une retraite, par exemple, ou une expérience spirituelle marquante, on repart plein d’enthousiasme et de générosité, prêt à convertir le monde entier, à commencer par ses propres enfants.

Il ne peut exister de méthode éducative passe-partout : à chaque famille d’inventer la sienne, avec autant de variantes que d’enfants.

Départ dans la vie de famille ou nouveau départ après une conversion : on a envie de bien faire, on prend de bonnes résolutions. Et puis la vie nous invite à plus de réalisme et de modestie. La vie, et nos enfants, parce qu’ils ne sont pas – et heureusement ! – des enfants de livres d’image. Chacun est unique, tout à fait neuf, avec un « mode d’emploi » absolument inédit. Et nous aussi, parents, nous sommes uniques : nous ne sommes pas des machines à éduquer mais des personnes. Voilà pourquoi il ne peut exister de méthode éducative passe-partout : à chaque famille d’inventer la sienne, avec autant de variantes que d’enfants.

Et puis, nous le savons, nous nous heurtons à nos limites. Une chose est de se dire, par exemple, dans la ferveur d’une retraite : « Nous prierons tous les soirs en famille », autre chose est de vivre concrètement ce projet trois cent soixante-cinq jours par an. Une chose est de décider que jamais, plus jamais, on ne criera sur ses enfants, autre chose est de garder douceur et sérénité quand, à sept heures du soir, Pauline a répandu le contenu d’une boîte de talc sur la moquette de sa chambre tandis que ses frères ont transformé la salle de bains en piscine. Et plus les enfants grandissent, plus nos principes éducatifs sont malmenés !

Ne pas hésiter à s’appuyer sur l’aide du Seigneur 

Vient donc (périodiquement) le temps de l’« autocritique ». Et heureusement ! Car à rester accroché coûte que coûte à ses projets de départ, on court à la catastrophe, tout simplement parce qu’on risque de passer à côté de ses enfants, de ce qu’ils sont réellement. Nécessaire, cette attitude critique est désastreuse si elle nous conduit à douter du caractère primordial et irremplaçable de notre mission de parents et de notre capacité à la remplir. Pour être féconde, cette critique de nous-même doit donc se faire sous le regard de Dieu. Se regarder soi-même, tout seul (ou en couple, cela revient au même) c’est décourageant, voire désespérant : on se focalise sur ses défauts, sur ses erreurs et ses fautes… ou, pour se rassurer, on refuse de voir ses erreurs, on s’auto-justifie. Alors que la lumière de Dieu nous éclaire sur ce que nous sommes réellement : pécheurs, certes – beaucoup plus que nous le pensons – mais aussi capables du meilleur – au-delà de tout ce que nous osons souhaiter. Si Dieu nous fait perdre nos illusions, ce n’est pas pour nous plonger dans le scepticisme ou le découragement : c’est pour nous libérer, en nous conduisant sur les chemins du pardon et de la confiance.

Car s’il est un mot-clé valable pour tous les parents chrétiens, avec tous les enfants et dans toutes les circonstances, c’est le mot « confiance ». Avant tout, confiance en Celui qui, sachant bien mieux que nous quels « mauvais parents » nous sommes, a cependant commis la « folie » de nous confier des enfants. Il est le Père de nos enfants, Il est aussi le nôtre : Il ne nous lâchera jamais la main.

Christine Ponsard

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ÉducationEnfants
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