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Neuf clés pour apprendre à mieux se pardonner en famille

FORGIVE

Antonio Guillem|Shutterstock

Edifa - Publié le 18/02/21

Le pardon est une des clés stratégiques pour le salut des familles. Il est donc important d’apprendre les langages et les chemins de la réconciliation pour arriver à non seulement à pardonner mais aussi à demander pardon.

Se pardonner d’abord à soi-même

Ce n’est ni le plus évident, ni le plus facile. Or, s’aimer soi-même est un commandement, et il n’y a pas d’amour sans pardon. Nous y songeons quand il s’agit de l’amour de Dieu et de nos frères, mais nous l’oublions souvent quand il s’agit de nous-mêmes. Trop souvent, nous ruminons regrets et remords : nous nous en voulons de n’avoir pas été à la hauteur, d’avoir manqué à notre parole ou d’avoir commis une erreur, voire une faute lourde de conséquences ! Si notre passé nous empêche de vivre en paix, d’être pleinement nous-mêmes, c’est le signe que nous avons à pardonner : à nous, aux autres.

Ne pas confondre pardon et oubli

La démarche de pardon ne consiste pas à nier la blessure, à la garder enfouie le plus possible. Bien au contraire : le chemin du pardon est d’abord un chemin de vérité, donc de mise au jour. Pour pardonner, il faut commencer par prendre conscience qu’on a été offensé, voir et nommer l’offense, qu’on en soit l’auteur ou la victime.

Ne pas « instrumentaliser » le pardon

Le pardon peut être utilisé comme un moyen d’écraser l’autre, de le manipuler, d’en faire un double débiteur : « Non seulement, tu es coupable de m’avoir offensé, mais en plus tu me dois de la reconnaissance, puisque, dans ma grande bonté, je te pardonne ». Ce pseudo-pardon, à l’opposé d’une attitude authentiquement miséricordieuse, est complètement dénaturé parce qu’il est dicté, non par l’amour, mais par l’orgueil ou la méchanceté.

Purifier ses intentions

Comment distinguer un pseudo-pardon d’un pardon authentique ? Plusieurs critères de discernement sont possibles. Par exemple, il faut se poser les bonnes questions : « Suis-je prêt à demander pardon le premier ? » ; « Est-ce que mon pardon a pour but de faire grandir l’autre – notamment dans l’estime de soi ? » ; « Suis-je d’accord pour lui pardonner avant même qu’il ne m’ait demandé pardon ? » ; « Suis-je capable de lui pardonner sans rien dire, si mon pardon risque de l’humilier ? » ; « Suis-je prêt à attendre le temps qu’il faudra – en sachant que ce temps ne viendra peut-être jamais – pour manifester ce pardon ? ».




Lire aussi :
Nos bonnes intentions sont-elles aussi pures qu’elles n’y paraissent ?

Ne pas se méfier du pardon

Ce qui est dangereux, ce n’est pas de pardonner, mais de ne pas le faire ! Méfions-nous seulement des apparences, car rien ne ressemble plus au pardon (ou à la bonté, ou la sainteté) que son contraire. Quant au manque de pudeur que représenterait cette démarche, redisons que le pardon (aussi bien demandé que donné) peut se manifester de mille manières, autres que les mots.

Pardonner en paroles et (ou) en actes

Demander pardon, accorder son pardon, cela va sans dire parfois, mais cela va tellement mieux en le disant ! L’ouverture des lèvres pour dire : « Je te demande pardon » ou « Je te pardonne » est le signe de l’ouverture du cœur. Bien sûr, le pardon peut être signifié autrement : un baiser, par exemple. L’amour – quand c’est l’amour qui inspire le pardon – sait trouver les formes qui permettent de s’exprimer, tout en respectant la pudeur et la sensibilité de l’autre. Un sourire, un geste d’affection, une parole gentille peuvent être des signes très clairs du pardon échangé, même s’ils ne remplacent pas toujours la parole.

Pardonner prend du temps

Cette démarche peut demander beaucoup de temps : aux parents de savoir accompagner leurs enfants sur ce chemin, sans se précipiter ni se décourager. Les caractères « secondaires » ont beaucoup plus de mal à tourner la page que les « primaires ». Il faut respecter leur rythme : l’essentiel n’est pas qu’ils pardonnent vite, mais en vérité. Les « primaires », eux, percevront plus difficilement la gravité de l’offense : il faut les aider à revenir sur le passé pour mesurer l’importance réelle des blessures causées ou subies. In fine, in ne faut pas se réjouir trop rapidement de ce qu’ils aient apparemment tout oublié. L’oubli n’est pas le pardon.

Pardonner à temps et à contretemps

« Il est trop tard » est un mensonge de Satan. C’est lui qui prétend que nos drames sont désespérés, nos choix inexorables, et que certains pardons sont impossibles à donner, comme à recevoir. Et nous nous laissons prendre à ses mensonges, parce que l’amour inconditionnel de Dieu nous semble beaucoup trop beau pour être vrai. Nous ne croyons pas vraiment que « pour Dieu, tout est possible ».

Supplier l’Esprit Saint

Le pardon aide la mémoire à guérir en l’établissant dans la paix. Le souvenir de l’offense subie devient chemin de vie et de bénédiction, lui qui était chemin de mort et de malédiction. Le pardon est, vraiment, résurrection : passage de la mort à la vie. Ce passage, Jésus ressuscité nous en rend capables. Lui qui nous a demandé de pardonner « soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22), c’est-à-dire sans fin. N’ayons pas peur de demander à l’Esprit Saint de faire remonter à notre mémoire toutes les offenses que nous avons à pardonner.

Luc Adrian


MAN KNEES

Lire aussi :
Prière pour apprendre à se pardonner à soi-même

Tags:
Pardon
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