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Connaître la personnalité de son enfant pour mieux l’élever

PATIENCE

Rus Limon | Shutterstock

Edifa - publié le 09/01/21

Pour comprendre son enfant et bien communiquer avec lui, il convient de tenir compte de sa personnalité propre. Quelques outils pour mieux y parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence : nous ne donnons pas naissance à des pages blanches. À peine sortis du ventre de leur mère, nos enfants ont déjà « leur petit caractère », « ce regard coquin » ou ce calme étonnant qu’on aurait bien aimé connaître pour le petit premier… Nous ne donnons pas naissance à des clones non plus. Les colères de notre aîné ressemblent rarement à celles du cadet, l’émotivité du troisième à celle du quatrième. Nos enfants sont différents, et ce dès leur naissance. « Ils arrivent au monde doté d’un tempérament dont ils ont hérité et qui, en même temps, est bien le leur », confirme Marie-Paule Mordefroid, formatrice en ennéagramme. Dans les familles nombreuses, les parents constatent rapidement ces différences de tempérament d’un enfant à l’autre. « D’autant plus que le tempérament de l’enfant se manifeste très tôt », poursuit Marie-Paule Mordefroid.

Cette part innée de leur caractère détermine, pour une grande part, leurs comportements et leurs réactions. Pourquoi Pierre rêvasse-t-il la tête dans ses bouquins toute la journée et Juliette sautille-t-elle d’activité en activité, alors qu’ils ont reçu la même éducation ? Au lieu de ressasser sans cesse la manière dont nous les avons élevés, si nous cherchions à explorer leur inclinaison intérieure ? Savoir reconnaître le tempérament de son enfant peut alors être une aide précieuse pour les parents dans leur mission éducative. Pour mieux comprendre, communiquer avec eux, adapter notre autorité, résoudre des conflits « et permettre aux parents d’adapter l’éducation qu’ils leur donnent ».

Les huit combinaisons de tempéraments

Toutefois, il ne faut pas s’attendre à une recette clé en main. Savoir que son enfant est non-actif, émotif et secondaire ne donnera pas droit à une fiche pratique pour mieux l’éduquer. Les parents restent maîtres de leur éducation, avec ce qu’ils sont, ce qu’ils ont reçu. Connaître le tempérament, c’est proposer une clé de lecture de son enfant, pas un mode d’emploi. Rechercher ce tempérament demande du temps, de la patience et une bonne dose d’observation. On ne dressera pas la carte intérieure de notre progéniture en une semaine, après lui avoir fait passer une batterie de tests. Cette recherche nécessite de s’appuyer sur une grille de lecture. C’est là que les choses se gâtent. Depuis l’Antiquité, plusieurs classifications ont été élaborées sans qu’aucune ne fasse l’unanimité. Nous en avons choisi trois : la méthode de Le Senne, l’ennéagramme et les cinq sens.

Fondateur de la caractérologie française, le psychologue René Le Senne a dégagé trois facteurs qui composent notre tempérament, à savoir l’émotivité, l’activité et le retentissement. L’émotivité est la capacité à réagir émotionnellement à un évènement. Les émotifs se distinguent des non-émotifs par l’intensité de leurs manifestations ou de leurs actions. Les premiers seront très démonstratifs, tandis que les seconds pourraient résolument être définis comme flegmatiques. L’activité, elle, tient compte de la réaction face à un obstacle, à la facilité à agir. L’actif est celui qui est porté vers l’action, qui se fixe des buts et cherche à les atteindre. Le non-actif est plutôt tourné vers lui-même et renonce facilement à agir lorsqu’il rencontre un obstacle. Il a du mal à passer à l’action. Il a besoin d’être accompagné ou soutenu pour enclencher l’action. Comme ces enfants qui ne réussissent pas à s’habiller seuls sans que Papa ou Maman soit auprès d’eux.




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Le retentissement, enfin, définit la manière de recevoir les impressions, soit par une réaction immédiate et brève (primarité), soit par une réaction à retardement et prolongée, durable (secondarité). Les primaires seront plutôt des fonceurs, prêts à modifier le programme initial. Les secondaires auront besoin d’être prévenus, d’anticiper les changements. Le respect de la parole donnée est important pour eux. En fonction des combinaisons que nous ne pouvons développer davantage ici, huit tempéraments peuvent être dégagés : nerveux, sentimental, colérique, passionné, sanguin, flegmatique, amorphe, apathique.

Les trois centres d’énergie

Très en vogue, l’ennéagramme peut aider à découvrir le tempérament de son enfant. Toutefois, il n’est pas conseillé de « typer » celui-ci parmi les neuf bases proposées par cette méthode. On peut toutefois se servir des trois centres d’énergie de l’ennéagramme pour dessiner leur profil dominant, sans les y enfermer : le centre instinctif (les tripes), le centre affectif (le cœur) et le centre mental (la tête).

Chez les instinctifs, l’action ne passe pas par le filtre du cœur ou de la raison. Ils se lancent, essayent les choses sans toujours prendre suffisamment de recul. Et quand ils ne réussissent pas quelque chose, ils ont tendance à s’énerver. Les affectifs, eux, sont mus par les émotions, la relation à autrui, la reconnaissance. Très dépendants des autres, ils se montrent cependant très heureux, altruistes et sensibles. Quant aux cérébraux, ils sont dans la représentation et le discernement permanents. Réfléchissant à tout et faisant des liens entre tout. Indépendants et autonomes, ils peuvent rencontrer des difficultés pour passer à l’action.


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Marielle Bradel, dans L’Ennéagramme, un chemin de vie (DDB), décrit comment trois enfants peuvent se comporter différemment dans une même situation : la fête de fin d’année à la maternelle. Tous les parents sont dans la salle. Les enfants arrivent sur l’estrade. Jérôme entre d’un pas décidé et, délaissant les consignes de la maîtresse, se plante en plein milieu : impossible de le faire changer de place. Il y est, il y reste. C’est un instinctif. Plus loin, Élodie est entrée timidement, plongée dans ses pensées, et reste là où on lui dit de se mettre. En attendant que la fête commence, elle révise dans sa tête le poème qu’elle va réciter. Son centre est le mental. Puis, nous avons Élise, qui est entrée en souriant, les yeux braqués sur la salle : Mamie est-elle là ? Elle avait promis de venir. Élise ne la voit pas, les larmes perlent au bord des yeux. Tout à coup, elle l’aperçoit. Le sourire revient, elle lui fait signe, lui envoie des bisous… sans s’occuper de la maîtresse qui essaie de la ramener à sa place. Une pure affective !

Dis-moi quel sens tu utilises, je te dirai qui es tu

Les différents modes d’apprentissage aideront aussi à discerner la manière dont nos enfants perçoivent et reçoivent les informations extérieures. Si nous les recevons toutes grâce à nos cinq sens, nous avons un ou deux privilégiés.

Les auditifs auront davantage besoin que nous leur expliquions les choses. Ils ont besoin de comprendre. La parole, la voix, les histoires racontées seront une porte privilégiée pour eux. Les visuels auront plus de facilité à saisir des concepts avec des images, des pictogrammes et des exemples qui leur permettront de se créer des images mentales. Les kinesthésiques apprennent par l’expérience, grâce à leurs mains mais aussi grâce à leur corps. Ils auront besoin que nous fassions des exercices concrets avec eux, des mises en situation. Ces trois grilles de lecture ne sont que des pistes, d’autres existent. À vous de vous les approprier et de les approfondir !

Antoine Pasquier


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