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Comment protéger son enfant sans le couper du monde ?

CHILD, SAFETY, GATE

ronstik | Shutterstock

Edifa - publié le 14/11/20

Il est normal de vouloir protéger ses enfants. Mais quand protection devient surprotection, elle les empêche de découvrir le monde et donc d’évoluer normalement. Comment trouver l’équilibre entre la vigilance et le lâcher-prise ?

Parler de sécurité en éducation fait a priori l’unanimité. Nous nous accordons à dire qu’il est naturel de protéger l’enfant de l’accident, en pensant spontanément à cette sécurité des corps et des biens. Cependant, il serait bon de nous poser la question suivante : « De quelle sécurité mon enfant a-t-il besoin ? » Formuler cette question pourra bousculer peut-être quelques attitudes qui n’ont pas lieu d’être en réalisant que « mettre au monde » c’est prendre un risque majeur : celui de la vie. Nul ne peut penser la traverser sans aucun accident.

Accepter le risque de la vie, c’est laisser notre enfant découvrir le monde

Il nous appartient d’apprendre à notre enfant à évaluer le risque sans l’empêcher sans cesse de s’y confronter. Là encore, tout ce que l’on apprend dans l’enfance étape par étape permet d’aborder l’âge adulte en personne construite. Quels sont donc les risques, les dangers auxquels nous pouvons laisser notre enfant se confronter et ainsi grandir, se sentir plus fort donc plus vivant ? Quel est l’enfant qui, après avoir grimpé un peu haut dans un arbre, escaladé un rocher un peu raide, sauté d’une hauteur peu raisonnable, n’a pas dit tout joyeux : « Regarde Maman, comme je suis fort ! »

« Accepter le risque de la vie, c’est laisser notre enfant découvrir le monde, se l’approprier. »

Quelle est alors notre réaction ? Si celle-ci se laisse guider par l’émotion première de la surprise inquiète, il y a de fortes chances que la joie de notre enfant soit bien vite anéantie par nos cris d’effroi face aux dangers encourus (mais surmontés !), par nos cris d’indignation face à la désobéissance. Maîtriser cette réaction première et féliciter du challenge accompli ne signifie pas cautionner la désobéissance si elle existe. Mais commencer par admirer la performance permettra, ensuite, de faire le point sur l’attitude de l’enfant. Celui-ci, parce que reconnu dans ses capacités, acceptera d’entendre le discours de ses parents sur l’obéissance demandée, la prudence à respecter, car ces paroles ne seront plus celles d’une affectivité blessée mais celles d’une éducatrice qui veut faire grandir.

Accepter le risque de la vie, c’est laisser notre enfant découvrir le monde, se l’approprier. Dans la toute première enfance, cette découverte passe par le toucher, le sucer. Il est amusant de constater combien l’enfant assis au milieu des graviers sera passionné et se mettra à les sucer un à un, les recrachant tout aussi consciencieusement. Est-il vraiment si dangereux de le laisser suçoter ces cailloux, si on le surveille du coin de l’œil ? Pourquoi s’agacer en essayant vainement de l’en empêcher ? Si l’escalier de la maison nous inquiète, apprenons à l’enfant, très tôt, à le descendre correctement à quatre pattes, en arrière. Cela évitera aux plus grands la responsabilité d’une barrière laissée ouverte. Ce lieu de conflit devient alors lieu d’apprentissage et de fierté !

Inès de Franclieu




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Tags:
ÉducationEnfantsParents
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