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Baby blues : comment s’en sortir (ou ne pas y plonger du tout)

BABY

Shutterstock | Tomsickova Tatyan

Edifa - Publié le 05/09/20

Après l’heure tant attendue de la naissance, certaines femmes se sentent submergées par un profond désarroi. Larmes et nerfs à fleur de peau… le baby blues peut être vécu comme un véritable séisme… qui, pourtant, n’a rien d’inévitable.

Le baby blues est un séisme, c’est un tremblement de mère, qui l’ébranle tout entière. Nadège qui a vécu cet effondrement à la naissance de son troisième enfant. « Aucune difficulté pour les aînés, se souvient-elle. Mais à la naissance d’Eva, je n’ai ressenti aucun élan maternel. Rien qu’une immense fatigue et une profonde solitude. J’allais de coups de cafard en crises de larmes. » La jeune femme poursuit : « Quelque chose bloquait entre mon bébé et moi : j’étais plus dans la volonté que dans le ressenti, j’avais les gestes d’une mère, mais le cœur n’y était pas ». Combien de femmes se reconnaîtront dans ce témoignage et avoueront avoir, elles aussi, manqué le rendez-vous avec leur nouveau-né ! « Vague à l’âme », « fièvre de lait », « syndrome du troisième jour », autant d’expressions pour dire le baby blues (à ne pas confondre avec la dépression).

Être attentif, sans dramatiser

« Le baby blues est une période transitoire et éphémère. Ce n’est pas une maladie, il ne justifie aucun traitement médical », relativise le pédopsychiatre Jacques Dayan. « S’il s’installe, il faut absolument demander de l’aide », prévient quand même Nadège. Ce syndrome a ses codes, bien connus du personnel soignant et vite repérés par les proches : les nerfs à fleur de peau, la jeune accouchée éprouve une grande fragilité émotionnelle et fond facilement en larmes. À ces signaux, on ajoutera anxiété, agitation et confusion, parfois troubles du sommeil et de l’appétit. Le tout, vécu dans un profond découragement et le sentiment de ne pas être à la hauteur.

Le baby blues survient parfois dès la maternité, dans les heures qui suivent l’accouchement : « Les cris de mon bébé, mon mari qui arrivait en retard ou l’allaitement qui se passait mal, rien n’allait, je pleurais pour un rien et j’étais épuisée à l’avance par tout ce qui m’attendait avec ce nourrisson qui réclamait tant de moi ! », raconte Marie. De retour à la maison après la naissance de son premier fils, la jeune femme est livrée à elle-même, sans l’assistance de l’équipe médicale : là, elle s’effondre.




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Plaqué sur le moindre symptôme, le baby blues est aujourd’hui un refrain à la mode. Revues spécialisées ou émissions grand public, chacun y va de son couplet. « Tout le monde l’agite sous le nez des futures mamans comme une étape incontournable. Or, il n’est pas inévitable ! Il convient d’y être attentif, sans le dramatiser », explique le psychiatre Guy Benoît. Le vide physique et psychologique est bien réel après une naissance. Il ne faut pas se laisser submerger, mais accueillir cette nouvelle étape.

L’éclosion du sentiment maternel n’est pas une évidence

Charlotte, qui accompagne les premiers pas des jeunes mamans, explique : « L’accouchement est un profond bouleversement. Le corps subit un choc brutal. La chute du taux d’hormones progestatives après la naissance fragilise psychiquement la jeune mère, d’un seul coup dépossédée du petit être qui l’habitait depuis neuf mois. Il y a de quoi être ébranlée ! ». Épuisée et souvent douloureuse, la jeune mère a du mal à se retrouver : « Je ne reconnais plus mon corps », s’inquiète Claire en dressant un état des lieux amer après la naissance de sa fille.

Le vide physique et psychologique est bien réel après une naissance. Il ne faut pas se laisser submerger, mais accueillir cette nouvelle étape.

Dans le tumulte interne de la naissance, le contenu de l’inconscient est bousculé : « La venue de l’enfant réactive des douleurs que l’on croyait enfouies ou dont on n’avait même pas conscience, explique Nadège. En fait, l’accouchement nous renvoie à notre propre naissance, avec les séparations, réelles ou symboliques, contenues dans l’inconscient ». Dans ce contexte de grande fragilité et de perte de confiance, l’éclosion du sentiment maternel n’est pas une évidence. « On ne naît pas mère, on le devient, affirme le Dr Jean-Marie Delassus, Vous seule – et personne d’autre – sentez ce qui est bon pour votre enfant. Alors, sachez dire non aux visites trop nombreuses à la maternité, et décrochez le téléphone pour vous reposer. Vous récupérerez plus facilement. Et vous aiderez vos proches à trouver un nouvel équilibre ».

Ne pas hésiter à prendre du temps pour soi

De la même façon, de retour à la maison, il faut savoir garder les distances : « Combien de déjeuners de famille et d’invitations avons-nous déclinés ! », reconnaît Béatrice, pour qui les premières semaines après une naissance sont « chasse gardée ». Et priorité à la simplicité : Accepter que la maison ne soit pas impeccable, que les repas se limitent à un plat surgelé, ou que les enfants portent une chemise pas repassée. Simplicité aussi dans le fait de savoir demander de l’aide : à son mari, à sa mère ou à une amie, à une voisine. Si le budget familial le permet, quelques heures supplémentaires confiées à une baby-sitter facilitent le quotidien.

Enfin, s’occuper de soi est essentiel pour « doper » son image, malmenée par l’accouchement et le manque de sommeil : « Même si je reste toute la journée à la maison, je me maquille et m’habille bien. Ce geste me met en forme », observe Chantal. Affaire d’imagination. Et d’organisation : se libérer entre deux biberons ou deux tétés pour aller à la messe, retrouver des amies ou se promener ; profiter de la sieste du bébé pour lire ou se reposer en attendant le retour des aînés… L’essentiel est de garder du temps pour soi. Pour soi, mais aussi pour Dieu : prendre en couple du temps pour le Seigneur et l’inviter à accompagner cette étape de la vie, avec ses joies et ses bouleversements est très important !


PREGNANT,WOMAN

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Pascale Albier

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