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Quelle est cette « seule chose nécessaire » aux yeux de Jésus ?

Johannes Vermeer | Public Domain | Wikicommons
Le Christ dans la maison de Marthe et Marie - Johannes Vermeer (1655)
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En ce 29 juillet, fête de sainte Marthe, l’Évangile semble opposer la vocation contemplative de Marie à la vie active de Marthe. « Une seule chose est nécessaire », dit Jésus à Marthe. Est-ce à dire que devons choisir entre la place de Marthe et celle de Marie ?

On imagine la scène : Jésus, le grand ami, est reçu à Béthanie. Toute à la joie de l’accueillir, Marthe s’active avec enthousiasme et efficacité : il y a tant à faire ! Mais sa sœur Marie n’a pas l’air de s’en rendre compte puisqu’elle reste tranquillement assise aux pieds de Jésus, comme si le repas allait se préparer tout seul, comme si elle trouvait normal de laisser tout le travail aux autres. Marthe proteste… et quelle maîtresse de maison ne s’est pas reconnue, un jour ou l’autre, dans ces protestations ? Il ferait si bon s’asseoir au lieu d’être aux fourneaux ! C’est bien joli d’écouter l’invité, mais heureusement qu’il y a quelqu’un pour se préoccuper des tâches matérielles ! C’est ce que pense Marthe, et on la comprend.

Quand on se rend esclave des tâches matérielles

Jésus s’en rend-Il compte ? Oui, certainement. D’abord parce qu’Il a vu, pendant trente ans, sa mère préparer les repas, laver, ranger, comme toutes les mères du monde. Il sait bien que cela ne se fait pas tout seul. Il a expérimenté aussi le poids de la fatigue, tout comme la joie de savourer un bon repas. Jésus ne méconnaît pas la valeur et l’importance réelle du travail de Marthe, Il ne le méprise pas. Bien plus, Il devine la générosité qui pousse Marthe à s’agiter de la sorte : pour Jésus, elle veut que tout soit parfait. Et les tâches matérielles sont de celles dont Jésus a dit : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

« Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service » (Lc 10, 40). Tout est dans ce mot : accaparée. Marthe, d’une certaine manière, se rend esclave des tâches matérielles. Elle risque de prêter davantage attention à son repas qu’à son invité. On pourrait décliner ce travers dans bien des domaines : ce sont les structures, qui prennent le pas sur la vie qu’elles sont censées servir ; ce sont les catéchistes, plus préoccupés des problèmes de méthode que du Seigneur Lui-même ; ou encore les parents, suspendus aux résultats scolaires de leurs enfants plutôt qu’attentifs au développement global de leur personnalité.

Comment rester centrés sur l’essentiel ?

Qu’est-ce qui est premier dans notre vie ? Telle est la question que nous sommes sans cesse invités à nous poser pour ne pas nous laisser accaparer, pour garder notre liberté et rester centrés sur l’essentiel, au lieu de nous disperser. Nous déplorons souvent d’avoir un emploi du temps surchargé, d’être toujours en train de courir, de n’avoir jamais la possibilité de souffler… Ne serait-ce pas que, comme Marthe, nous nous inquiétons et nous agitons pour beaucoup de choses ?

« Une seule chose est nécessaire », dit Jésus à Marthe (Lc 10, 42). Du point de vue de cet unique nécessaire, il n’y a aucune opposition entre la vocation de Marthe et celle de Marie. Quelle que soit notre vocation – carmélite ou mère de famille, ermite ou chef d’entreprise – ce qui est premier est de nous tenir aux pieds de Jésus pour l’écouter. « Dieu seul suffit » : cela n’est pas vrai seulement pour les moines et les moniales, mais pour chacun de nous. Jésus nous redit comme à Marthe que ce qui est premier dans nos journées, c’est la prière. Ce qui est premier dans nos préoccupations, c’est d’accomplir la volonté de Dieu. Ce qui est premier dans nos ambitions, c’est la quête du Royaume. Tout le reste nous sera donné par surcroît. Bien sûr, la vocation de Marthe n’est pas identique à celle de Marie. Une mère de famille ne va pas passer autant de temps en prière qu’une carmélite, un franciscain n’aura pas à être aussi compétent en matière économique qu’un chef d’entreprise. Chacun à sa place. Ce qui change, d’un état de vie à l’autre, c’est la manière dont est cherché, dont est servi « l’unique nécessaire ». L’unique nécessaire, lui, est toujours le même. Le Seigneur nous a tous faits pour Lui et, comme le dit saint Augustin, « notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en Lui »… que nous soyons Marthe ou Marie !

Christine Ponsard