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Le lit à barreaux ou l’art d’éduquer avec bienveillance et fermeté

Africa Studio I Shutterstock
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Et si l’image d’un lit à barreaux pouvait aider à allier bienveillance et fermeté dans l’éducation des enfants ?

Quels méchants parents que ceux qui enferment leur bébé dans une prison ! Qui pourrait penser une chose pareille en voyant un enfant dormir tranquillement dans son lit à barreaux ? Évidemment, tout le monde sait que ce lit est nécessaire à la sécurité de l’enfant, et parce qu’il y est en sécurité, l’enfant s’y sent bien. Dans un grand lit, il serait perdu et aurait de fortes chances de faire une chute. Les barreaux, à l’instar du verre d’eau à moitié vide ou à moitié plein, peuvent être vus comme une prison ou à l’inverse, comme une source de sécurité… Cette image du lit à barreaux est à méditer, car elle nous montre combien l’enfant a besoin de sécurité pour bien se développer.

Une fermeté qui sécurise

Les barreaux évitent la chute. De la même façon que le bébé ne les réclame pas alors qu’ils lui sont pourtant nécessaires, l’enfant ne réclamera pas à ses parents la fermeté dont il a besoin pour grandir en sécurité – cette fermeté bienveillante grâce à laquelle il va grandir dans la confiance. Concrètement, ce sont ces « oui » qui ne sont pas des « non » et ces « non » qui ne sont pas des « oui » qui permettent à l’enfant de savoir ce que l’on a décidé pour son bien et ainsi, de se sentir en sécurité. Il est rassurant pour l’enfant d’expérimenter que l’adulte dit ce qu’il sait, et même qu’il impose. Et que pour cet adulte expliquer les raisons d’un ordre, d’une demande, n’est pas pour autant négocier.

Interdisons-nous les menaces que nous ne mettrons jamais à exécution (« Arrêtez de vous disputer dans la voiture sinon j’en laisse un sur le bord de la route ! ») : nous y perdons notre crédibilité. Ne donnons pas indéfiniment de « nouvelles chances » qui n’en sont pas, mais faisons ce que nous disons : « Si tu te lèves de table, le déjeuner s’arrête pour toi » – le cas échéant, tant pis pour son dessert. Et ne le lui proposez pas une heure plus tard…

Apprendre à vivre avec des contraintes

Ces « oui » et ces « non » sur lesquels on ne revient pas sont le tuteur qui permet à la plante de pousser. Ne craignons donc pas de passer pour de méchants parents. Sans bornes, l’enfant a de fortes chances de tomber, et si toute chute fait mal, certaines sont fatales… On ne passe pas trop tôt l’enfant dans un lit d’adulte, ce qui évitera les difficultés à s’endormir, la peur du noir, du vide ? De même, n’enlevons pas trop tôt le tuteur : s’il n’est pas encore à l’âge où on peut lui demander parfois son avis, ne lui laissons pas le choix. Le questionnement permanent le mettrait dans l’incertitude et dans l’angoisse.

Par ailleurs, si l’enfant n’apprend pas à vivre avec des contraintes, à accepter la frustration, il y a fort à parier que devenu grand il devienne esclave de ses envies, de ses caprices. La fermeté tranquille accompagnée d’une cohérence courageuse sont les conditions indispensables à toute vraie éducation, source de confiance et de bonheur.

Inès de Franclieu