Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!
Aleteia

Non, l’évangélisation n’est pas réservée aux autres

Festival d’été d’Anuncio.
Partager

Certains sont mal à l’aise avec l’évangélisation pour différentes raisons. Mais en refusant de se lancer dans cette aventure extraordinaire, ils passent à côté de la source même de la vie chrétienne. Car s’engager sur la voie de la mission est le meilleur moyen de progresser spirituellement.

Nous sommes tentés de considérer l’évangélisation comme l’activité du chrétien d’en face. Celui qui est plus avancé que nous dans son parcours de foi, ou plus jeune, ou plus mûr, ou plus disponible, ou plus savant. Osons considérer l’évangélisation non comme l’aboutissement, mais comme la source de notre relation au Seigneur. Nous n’avons qu’un mot à dire :

« Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange »

Une source de joie

Évangéliser, c’est déployer en soi la présence de l’Esprit Saint. Il nous fait dire « Père », Il nous fait reconnaître que Jésus est Dieu, Lui seul ouvre nos lèvres et fait monter la louange à notre bouche. Or, faire connaître le Seigneur aux nations, c’est proclamer la louange de son nom. L’Esprit Saint nous donne alors sa force pour oser parler à quelqu’un qu’on ne connaît pas et lui dire : « Connais-tu Jésus ? C’est ton Sauveur ». Il nous donne son intelligence et sa sagesse pour parler avec délicatesse, Il vient se rendre présent en nous et nous inspire, dès lors que nous faisons appel à ses dons.

Évangéliser, c’est non seulement donner à quelqu’un la chance de connaître le Seigneur et l’Église, c’est du même coup être vivifié soi-même de l’intérieur. C’est pourquoi l’évangélisation par l’annonce est une telle source de joie. Le désir d’évangélisation vient aussi creuser en nous le désir d’intimité avec le Seigneur. Si nous partons transmettre la foi à un petit groupe d’enfants, de jeunes, de passants, allons-nous ânonner un discours réchauffé, qui finalement se transformera en application mécanique de recettes de « com » ? Sûrement pas ! C’est la personne vivante de Jésus qui montrera son visage si, près de nous, le cœur de Jésus bat aussi un peu. Ce cœur de Jésus – dont nous voulons faire connaître la douceur, l’immense miséricorde, la puissance salvatrice – viendra à eux si ce cœur nous parle encore, nous émerveille et nous surprend encore.

Proclamer le Christ ressuscité

C’est pourquoi l’évangélisation est un moteur de l’oraison, elle donne envie de passer du temps avec le Seigneur : qu’aurions-nous à dire, Seigneur, si nous ne Le connaissons pas ? Il nous faudra donc Le connaître. Nourrir notre foi, nourrir l’intelligence de notre foi, si nous voulons également toucher l’intelligence de ceux à qui nous nous adressons. C’est alors que théologie ne veut plus dire discours pour initiés, mais trésor immense qui déploie devant nous la cohérence des mystères dont nous voulons témoigner. Nous entrons dans l’immense projet de Dieu sur nous, comprenons quel est le salut qu’Il nous promet, et pourquoi nous proclamons un Christ ressuscité.

Évangéliser, ce n’est pas l’ultime étape de la vie du chrétien, c’en est bien au contraire la source. C’est une école d’humilité – car alors tous nos défauts nous sautent au visage – mais aussi de sainteté, car la foi que nous proclamons ne touchera les cœurs que si nous la mettons nous-mêmes en pratique.

Jeanne Larghero