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Maternité spirituelle : et si elle concernait toutes les femmes ?

Jack Frog | Shutterstock

Edifa - Publié le 06/06/20

La fête des mères offre l’occasion d’approfondir ce qu’on appelle la maternité spirituelle. C’est-à-dire un « enfantement selon l’esprit », qui n’est pas réservé aux seules religieuses. Cette forme de maternité concerne toutes les femmes et au premier chef, les mères de famille.

Pour des millions de mères, la maternité spirituelle est d’abord un « enfantement à la vie adulte ». Après lui avoir donné la vie ou l’avoir accueilli dans son foyer, il faut aider l’enfant à grandir et se construire pour qu’il puisse un jour voler de ses propres ailes. L’aider à atteindre sa pleine stature d’homme ou de femme. Au-delà, il s’agit, pour les mères d’aider l’enfant à réaliser ce pour quoi il a été créé : aimer Dieu, Père, Fils et Esprit, et se laisser aimer et transformer par Lui, jusqu’à devenir le chef-d’œuvre unique que Dieu veut faire de lui. Un véritable enfantement à la vie spirituelle qui se réalise à travers l’attachement au Christ, Voie, Vérité et Vie, à l’Église, et à Marie, modèle de maternité. Plus précisément ? « La mère spirituelle aide son enfant à grandir dans la Foi, l’Espérance et la Charité, à travers la transmission des grandes vérités enseignées par l’Église, et l’enracinement dans la vie sacramentelle et la parole de Dieu », explique le père Roger Nicolas.

La mère, la première formatrice au plan spirituel

Dans ce domaine, l’exemple et le témoignage valent mieux que les beaux discours. « Si la foi est vitale pour la mère, elle le deviendra pour l’enfant », assure le Père Nicolas. « J’ai vu ma mère aller à la messe tous les jours de sa vie avec une telle ferveur, confie Florence, qu’elle n’avait pas besoin de me sermonner pour que j’y aille chaque dimanche. Son exemple suffisait. » Ce qui ne dispense pas la mère d’une transmission explicite de la foi par la parole. Combien de saints, ou tout simplement de chrétiens, n’ont-ils pas appris les grandes prières ou vérités de la vie chrétienne sur les genoux de leur mère ? Zélie Martin invitait ses filles à « mettre des perles à leur couronne », c’est-à-dire faire de bonnes actions ou de petits sacrifices, pour « convertir un pécheur » ou « consoler Jésus ».

« Etre mère spirituelle de son enfant, c’est se réjouir et rendre grâce avec lui dans la joie. »

Florence apprend à ses enfants à vivre la communion des saints : « Ma fille de 11 ans a eu une grosse déception à l’école. J’en ai été meurtrie pour elle. Mais je lui ai proposé d’offrir avec elle sa peine pour un enfant japonais ayant tout perdu à cause du tsunami ». « Il faut apprendre à l’enfant à offrir les peines, mais aussi les joies », insiste Olivia, qui « ne rate pas une occasion » d’inciter ses enfants à la louange et à l’action de grâce « pour tous les cadeaux que Dieu nous fait, et qu’il faut savoir reconnaître ». Ainsi, être mère spirituelle de son enfant, c’est se réjouir et rendre grâce avec lui dans la joie. Ou compatir à sa souffrance et l’aider à la « sublimer », en offrant avec lui. « C’est une participation à la maternité de Marie, chantant le Magnificat chez Élisabeth, et souffrant avec son Fils au pied de la croix, en s’offrant avec Lui au Père pour le salut du monde », explique le père Roger Nicolas.

La force de la prière des mères

C’est aussi lui apprendre à dire « oui ». Dans les petites choses, d’abord, à travers l’obéissance à l’éducateur et la fidélité au devoir d’état (bien faire ses devoirs, mettre la table) pour qu’un jour il puisse le faire dans de plus grandes. Plus largement : lui apprendre à faire la volonté de Dieu. La mère s’y emploie aussi, telle sainte Monique pour son fils Augustin, en offrant et priant personnellement, pour son enfant. C’est le sens du mouvement de la « Prière des mères », répandu dans le monde entier. Mais le cœur d’une mère est plus grand que le temple de Jérusalem, c’est-à-dire que la maternité spirituelle de la maman dépasse le cercle de ses enfants : rejoignant celle des contemplatives et, plus largement, celle de tous les baptisés, elle s’exerce en faveur du prochain : le voisin de palier qui s’est confié à elle, ou le missionnaire du bout du monde, dont elle ne connaît ni le nom, ni les problèmes précis.

« Être leur mère spirituelle, explique le père Roger Nicolas, c’est les porter dans son cœur ; les confier au Seigneur, avec leurs préoccupations humaines et spirituelles ; pas pour demander telle grâce particulière, car on ne sait pas ce que Dieu veut ; mais pour qu’Il puisse réaliser ses desseins d’amour sur eux. » Plus largement, c’est offrir et prier pour les âmes. Pour leur salut et, mieux, leur sanctification. « Enfanter les âmes à Dieu », dit l’Église. En cela, la mère rejoint la carmélite.

La maternité spirituelle se vit à travers le don de soi

Mais la maternité spirituelle de la maman envers le prochain ne se paie pas seulement de prières et d’offrandes, elle se vit à travers le don de soi, dans une charité bien concrète, matérialisée par des verbes comme aider, écouter, visiter… Bref : aimer. Pour la mère, le prochain le plus proche, c’est son époux, le père de ses enfants. Il a besoin du cœur de mère tendre, généreux et compréhensif de son épouse. « Vous avez votre mari à aimer. » Cette phrase reçue au confessionnal et qui l’a marquée, Florence se la repasse en boucle, « pour garder le cap sur ce qui est premier ».

« La mère aime avec un cœur indulgent et compatissant, prêt à comprendre, consoler et pardonner, à l’image de celui de Marie », remarque le père Roger Nicolas. « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais quand l’enfant est né, elle ne se soucie plus de son angoisse, dans la joie qu’elle éprouve du fait qu’un être humain est né dans le monde », rapporte saint Jean (16, 21). La maternité spirituelle est à l’image de la maternité selon la chair : la croix et la joie s’y mêlent. Pour la vivre dans la fécondité, l’aide de Marie est précieuse. « Elle est à la fois modèle, de l’Annonciation jusqu’au Calvaire, et secours, dans la lumière comme dans la nuit », conclut le père Roger Nicolas.

Elisabeth de Baudoüin




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