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Comment apprendre à son bébé à s'endormir seul ?

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Edifa - Publié le 23/05/20

Le sommeil d’un tout petit enfant est une chose complexe et parfois un bébé peut avoir du mal à faire ses nuits. Une réalité qui rejaillit sur le sommeil de ses parents, qui ne souhaitent qu’une seule chose : que leur petit dorme comme un bébé ! Conseils des spécialistes pour mettre en place un sommeil de qualité.

« Dormir comme un bébé »… L’expression est particulièrement mal choisie, si l’on en croit les nombreux parents qui se plaignent à raison du sommeil de leurs enfants. Lucie, maman de deux petits de moins de trois ans, est de ceux-là. Elle n’a pas de mots assez forts pour décrire le « fléau » des nuits hachées. « C’est un enfer, un vrai handicap, une torture, un danger. Mon aîné dormait mal, et cela s’est aggravé à la naissance de sa petite sœur. Je suis en immense manque de sommeil, donc impatiente, irritable, moins disponible. C’est difficile à vivre pour moi, pour notre couple, pour notre famille. » L’épuisement des parents est la première raison qui les pousse à consulter des spécialistes du sommeil, psychologues, homéopathes, ostéopathes… Certaines mamans n’attendent même pas la fin de leur congé maternité pour chercher de l’aide. « Je dois reprendre le travail, et ma fille ne fait toujours pas ses nuits. Je serai incapable de tenir la journée à ce rythme-là », confie Clémence. La fin du congé intervient alors même que les pédiatres s’accordent à dire qu’il faudrait attendre les trois mois de l’enfant pour qu’il puisse se passer définitivement de manger la nuit. « Aucun bébé de plus de 100 jours ne se réveille la nuit parce qu’il a faim », prévient le Dr Philippe Grandsenne. La reprise du travail, l’épuisement, la pression sociale, la question systématique des proches « Ton bébé fait-il ses nuits ? », sont sources d’angoisse. Alors que faire ? Est-il possible d’apprendre à son bébé à bien dormir ?

Le sommeil, ça s’éduque !

Aude Becquart, consultante en puériculture spécialisée dans le sommeil, est habituée à entendre ces témoignages : « Les parents qui viennent me voir ont tout essayé, tout lu, tout écouté, ils sont à bout. Ils ont le nez dans le guidon et ont parfois besoin de conseils extérieurs. » Pourtant, au-delà de cette fatigue extrême et de la fragilité qui en découle, c’est une autre question autrement importante qui se joue. « La bonne qualité de sommeil de l’adulte s’acquiert dès tout petit », rappelle Aude Becquart.

Objet de tensions, de crispations parfois dans les familles, le sommeil cristallise de nombreux enjeux éducatifs, d’après Lyliane Nemet-Pier, psychologue clinicienne : « Toute l’éducation entre en jeu dans le sommeil, sans qu’on en prenne conscience. La frustration, l’autonomie, la séparation, le couple face à l’enfant. Je reçois autant que possible les deux parents en consultation, car le sommeil est un symptôme qui oblige le père comme la mère à intervenir. Ce qui est moins le cas pour l’alimentation par exemple. » Dès lors, les modes de vie contemporains, les méthodes d’éducation, le manque de temps des parents pour se consacrer à leurs enfants, sont-ils autant d’entraves au sommeil du bébé et de l’enfant ? La psychanalyste pose la question très clairement : « Quand le temps consacré à la vie familiale se rétrécit comme une peau de chagrin, comment s’y retrouvent les bébés, les enfants et les parents ? Les nuits résonnent alors des chagrins du jour et des manques de la journée. »

Mais pourquoi se réveille-t-il autant de fois ?

« Je trouve que les jeunes parents sont démunis et contrarient beaucoup le sommeil de leurs bébés. S’ils étaient mieux informés, on diminuerait de beaucoup les troubles du sommeil, qui souvent interviennent dès la toute petite enfance », estime Lyliane Nemet-Pier. Certes, mais comment trouver le sommeil quand le bébé hurle dans le petit appartement familial ? Alors que les cloisons qui le séparent des voisins sont fines comme du papier ? Sans compter que les cris de l’enfant sont déchirants, voire insupportables pour les parents.

« Ce qui n’est pas normal, c’est que l’enfant ne sache pas se rendormir seul. »

Le Dr Marie-Josèphe Challamel, pédiatre et auteur reconnu de très nombreuses recherches sur le sommeil, rappelle les règles de bases. « L’enfant se réveille la nuit, c’est normal, et cela intervient à chaque changement de cycle. Huit fois par nuit chez un enfant de trois mois, quatre réveils entre minuit et 5 heures du matin chez un enfant de 18 mois. Ce qui n’est pas normal, c’est que l’enfant ne sache pas se rendormir seul. » Ainsi, le bébé doit être capable de s’endormir seul dans son lit « vers trois-quatre mois », estime la pédiatre. Cette autonomie, qui s’acquiert progressivement, est capitale pour passer de bonnes nuits et de bonnes journées !

Apprendre à décrypter les pleurs

« On dit souvent que l’enfant pleure parce qu’il est en manque affectif. Mais ce n’est pas tout à fait cela », nuance Brigitte Langevin, experte en éducation au sommeil. « L’enfant à qui l’on permet de s’endormir seul exprime son mécontentement, ce n’est pas de l’insécurité. Les pleurs sont difficiles à distinguer, encore plus pour les parents, mais il faut y être très attentif. Je ne dis pas qu’il faut laisser l’enfant pleurer, car cela s’apparente à de la négligence, mais il faut quand même lui permettre de vider ses émotions. »

L’écoute et le décryptage des pleurs sont importants à de multiples égards. En particulier au moment de l’endormissement des tout-petits. Ainsi, les recherches ont démontré que le bébé s’endort en phase de sommeil agité. Il gémit, agite ses mains, tourne la tête à droite et à gauche, tout en gardant les yeux fermés. « Les parents qui prennent leur petit dans les bras à ce moment-là perturbent son cycle de sommeil ! », alerte Lyliane Nemet-Pier. De même, lorsqu’un petit enfant se réveille dans la nuit, il est judicieux d’attendre quelques minutes avant d’aller le voir. Peut-être va-t-il retrouver le sommeil tout seul. Apprendre à comprendre les pleurs de son bébé est primordial dans son apprentissage de l’autonomie, de l’indépendance.

L’importance du rituel du coucher

Cette étape de l’endormissement est précédée du fameux « rituel du coucher » : effectuer les mêmes gestes à peu près aux mêmes moments dans la soirée sécurise les petits et les prépare au sommeil. Un bain tiède, un dîner dans le calme, sans lumière vive, une histoire ou une chanson, une prière, et au lit. Pour les plus grands, le Dr Challamel, comme Lyliane Nemet-Pierre, rappellent l’importance de se passer des écrans : « Les activités non structurées de l’écran ont des effets néfastes chez l’enfant et a fortiori chez le tout-petit. » Trop stimulants, excitants, les écrans diffusent également une lumière qui empêche l’arrivée et la diffusion de la mélatonine, « l’hormone qui déclenche et maintient le sommeil ». Un conseil qui vaut aussi bien pour les enfants que pour les adultes !

Le rituel du coucher est d’autant plus important que les rythmes sont effrénés et irréguliers. Lorsque les parents travaillent beaucoup, que les enfants enchaînent les modes de garde et les activités, le temps de pause est indispensable. « Le petit n’a pas besoin d’un temps très long avec ses parents, mais il a besoin d’un temps à lui. Un temps uniquement pour lui : sans interruption du téléphone des parents, sans activités trop stimulantes, un temps de partage. » Ce moment précieux est l’occasion de décharger les émotions de la journée et de combler le manque de présence que peut exprimer l’enfant à l’égard de ses parents. Il permet aussi de repérer les signes de fatigue de l’enfant : les yeux rougis, les grognements, les bâillements… Cette discipline peut être difficile à adopter dans la course de la journée, mais elle permet de préparer des nuits calmes et d’enrichir considérablement la relation parent-enfant.

Ariane Lecointre-Cloix


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