Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 25 novembre |
Sainte Catherine d'Alexandrie
home iconAu quotidien
line break icon

Témoignages : ils ont prié pendant un accouchement

DELIVERING

Shutterstock

Edifa - Publié le 22/05/20

Certaines femmes imaginent qu’elles prieront ardemment le jour de leur accouchement. Mais la réalité est parfois tout autre. Comment prie-t-on devant une vie qui surgit ? Quelles prières récite-t-on lors d’une naissance ?

« Dans mes souvenirs, les accouchements se mélangent un peu, confie Cathy. Il se trouve que nous sommes souvent partis de nuit avec mon mari, quand les autres enfants dormaient. Moment de joie profonde de savoir que ce petit va enfin se laisser découvrir, et fond d’angoisse aussi. » Pourquoi meurt-on et naît-on davantage la nuit que le jour ? « Parce qu’une naissance est un miracle : un événement si mystérieux que la nuit lui sied bien, comme un cocon de discrétion et de silence », répond Élisabeth. « Pendant le temps du “travail”, on perd en fait toute notion de temps, de nuit, de jour, ajoute Cathy. C’est un moment hors du temps. Tout y est intense : la douleur, la communion entre époux, quand elle est possible… ». Comment prie-t-on alors en ces heures cruciales ?

Les « bips-bips » et la prière

« J’avoue n’avoir pas pensé à la sainte Vierge en accouchant ! dit Élisabeth en souriant. Mais accoucher m’a permis de ne plus prier le chapelet de la même façon – surtout le mystère de la Nativité et de la Crucifixion. » « C’est un temps d’offrande, enchaîne Cathy. Parfois, nous avons eu le temps de prier des Je vous salue Marie, parfois non. Le corps et le cœur appellent à l’aide. On est complètement dépassé par ce qui se passe en nous. Il faut y être totalement présente et, en même temps, s’abandonner. Aucune maîtrise ne reste possible. Il n’y a plus qu’à offrir et accueillir… »


family

Lire aussi :
Huit cadeaux à offrir à sa femme à l’occasion d’une naissance

« Monitoring te salutant » ? Le salut qu’auraient pu lancer des gladiateurs romains connectés, des pères un peu désemparés se l’échangent dans l’arène moderne des maternités. Comment prient les hommes dans ces circonstances où ils « perdent la main » alors que leur femme perd les eaux ? Confidence de Marc, père de trois enfants  : « Le bébé n’arrivait pas, ma femme commençait à souffrir malgré la péridurale. J’étais épuisé, je n’avais pas dormi. Le sonar du monitoring me vrillait le crâne. J’ai branché mentalement le nom de Jésus sur le rythme de l’appareil. Dans ma tête, cela a donné un drôle de mantra : “Bip Jésus-Christ, bip, viens vite, Jésus, je crie, bip, et toi aussi baby chéri, bip…” Une prière du cœur qui m’a un peu apaisé. Dans des circonstances spéciales, on prie comme on peut, n’est-ce pas ? » Autre écho : « Moi, j’étais dans l’action de grâce, confie, lyrique, Yann, père de plusieurs garçons. Chaque naissance est cosmique. Avec la scansion du monitoring, j’avais l’impression d’être dans une capsule baignée de lueurs rouges et bleutées : au septième ciel. Un moment unique ! »

Émerveillements

Cosmique : c’est également le mot qu’emploie Agnès en évoquant la naissance de son premier enfant. « L’accouchement a pourtant duré quinze heures… Mais j’avais l’impression de participer à un événement plus grand que moi. Cet acte, dans sa douleur, sa simplicité et son unicité, me reliait à tout l’univers, me faisait communier à la beauté de la Création. » « Moi, j’étais dans le couloir à me morfondre, car je ne supporte pas la vue du sang, ajoute, moins enthousiaste, Philippe, son mari. Ma prière ? Des bouts de Je vous salue Marie ânonnés… Une chose était sûre : Dieu était présent dans ce grand chambardement. »

Les nuits en maternité, ce sont des condensés de silence et d’activité, des mélanges d’attente, de joie, d’angoisse. À 3 h du matin, quand le bébé arrive, ce n’est plus le moment de faire oraison ou de méditer sur un texte de Jean de la Croix. C’est Dieu qui prie en nous.

« Il y a le plus souvent beaucoup d’émotion, de joie, de bonheur autour d’un berceau », confie une sage-femme, qui s’émerveille… de l’émerveillement des parents. « Quelque chose les dépasse, quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qui était prévu. C’est lui, c’est elle et ce bébé est unique ! Jamais personne n’a vu cet enfant-là, et c’est le leur. Bien souvent, les jeunes parents rendent grâce d’une manière ou d’une autre. “Quand vous me l’avez mis sur le ventre, me disait une maman, j’ai voulu dire merci. Merci à je ne sais pas trop qui… Mais je voulais dire merci !” C’est peut-être cela aussi, la prière ? »

Luc Adrian

En images, neuf saints à prier pendant les neuf mois de grossesse
Tags:
materniténaissanceparents
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Mathilde de Robien
« S’il te plaît Marie » : une grande suppliqu...
Baptême à domicile chez Antoinette Faure
Timothée Dhellemmes
Confinée, Antoinette, 90 ans, a reçu le baptê...
christ en majesté
Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op
Le Christ-Roi, ou comment servir un roi qui s...
La rédaction d'Aleteia
Voici la prière des JMJ de Lisbonne 2023
WEB2-EVACUATION-CAMP-MIGRANT-AFP-080_HL_NCOISSAC_1277288.jpg
Mgr Benoist de Sinety
Si toutes les vies se valent…
La rédaction d'Aleteia
Célébrer le dimanche 22 novembre à la maison
Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon
Agnès Pinard Legry
Cas de Covid-19 au sanctuaire de Montligeon :...
Afficher La Suite