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« Au secours, maman craque ! » : concilier vie chronométrée et besoin de souffler

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fizkes | Shutterstock

Edifa - Publié le 14/05/20

Se sentir stressée, débordée et énervée n’est bon ni pour soi ni pour son entourage. C’est pourquoi dans le rush du quotidien, une maman a besoin de prendre du temps pour faire une pause. Quelques bonnes pratiques à mettre en place pour se ressourcer, même si l’agenda est surchargé.

Difficile d’être détendue quand la journée est minutée, quand on n’a jamais un instant à soi. Mais si on ne fait pas de pause, la fatigue physique et psychologique s’accumule petit à petit. Le risque : elle peut se transformer en épuisement et mener jusqu’à le burn-out maternel. « Se reposer, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour l’équilibre de la maman et aussi de la famille, remarque Claudie Arsenaults, qui coache des femmes débordées. Si Maman est détendue, c’est contagieux pour toute la famille ! » S’arrêter quelques minutes dans la journée, respirer, regarder autour de soi, voilà une bonne façon de se retrouver, de regagner son calme et ensuite de continuer sa tâche. La routine semble moins lourde quand on y a introduit un zeste de fantaisie et de plaisir.

Petits plaisirs quotidiens

Le recul sur les événements permet de trouver les idées pour se simplifier la vie, pour s’occuper plus sereinement de sa famille. Ces rendez-vous avec elles-mêmes permettent aux mères de famille de s’évader, de s’aérer, et aussi d’avoir plus de choses à raconter à leur conjoint. « Je n’ai pas le temps ! » Voilà ce qu’on s’entend souvent répondre quand on conseille à une femme de prendre du temps pour elle. Mais c’est un cercle vicieux : plus on est stressé, plus on a de mal à s’arrêter. Et quand on est épuisé, on risque de tomber en dépression, ce qui n’est pas rare chez les jeunes mères de famille.

Un ou deux petits plaisirs chaque jour sont profondément bénéfiques. Au quotidien, cela peut se traduire par une demi-heure ou une heure passée dans sa chambre, toutes portes fermées, pour retrouver sa paix intérieure en priant, en lisant, ou tout simplement en se reposant. « J’ai besoin de mon heure quotidienne de tranquillité. Les enfants le savent, c’est mon moment à moi et ils le respectent », explique Joséphine. « Depuis l’arrivée des enfants, j’ai arrêté la chorale, confie Emmanuelle, qui a des jumeaux de trois ans et un bébé. J’ai mis en veilleuse la musique. Bien sûr, mes priorités ont changé, mais par moments, ça me ferait du bien de reprendre le chant. Je chante sous la douche, en faisant de la cuisine, mais surtout avec les enfants et mon mari. »




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Des petits « trucs » peuvent aussi avoir un effet positif sur le moral (bain, sieste, café ou thé en solo) et peuvent devenir des habitudes. Le plus important est de couper son smartphone quand on « plonge » dans la détente. Par ailleurs, il est possible de prévoir une activité sympathique par semaine. Cette plage hebdomadaire plus ou moins longue permet de se livrer à une activité revigorante. Les idées sont multiples et chacune a son rite et sa formule. L’une prend ses pinceaux et sa peinture, l’autre se défoule pendant son cours de gym. Rozenn fait des petits soins, pour Agathe, il n’est pas de plus grand bonheur qu’une heure de lecture d’un bon livre, quant à Sophie, elle se prépare une fois par semaine un plateau-repas et regarde un « film de filles ».

Et pourquoi pas une pause spirituelle ?

Bien sûr, toutes les mamans n’ont pas les mêmes besoins au même âge. « Quand les enfants étaient petits, explique Brigitte, dont les trois aînés sont mariés, un moment régulier de tranquillité totale m’était indispensable. Maintenant, j’ai moins besoin de ces moments de silence et de solitude ». Le tout est d’accepter ses limites. La pause peut être du domaine relationnel, artistique, sportif, mais aussi spirituel. « Il faut de toute façon un temps pour la prière, explique Katia, sinon on n’est pas la fille de Dieu qu’on veut être. Quand je prie, je vois tous les points positifs pour tel enfant qui me soucie, idem pour mon mari. J’en ressors avec une immense paix. »


MOTHER DAUGHTER

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Parfois, la course est telle que ces temps de prière sont eux aussi compressés, quand ils ne passent pas à la trappe. « Pendant des années, j’ai été trop agitée le matin, et trop fatiguée le soir. Aujourd’hui, j’ai décidé de reprendre des temps de prière personnelle. Ils sont courts mais quotidiens, ils me permettent de garder la confiance dont j’ai besoin », explique Annick. Le soutien de groupes de prière tels que ceux proposés par la Prière des mères est réel : « Je sais que je peux y déposer ce qui me pèse le plus, poursuit-elle. Nous ne nous jugeons pas ; au contraire, nous continuons entre nos rendez-vous à prier les unes pour les autres ».

Une fausse culpabilité

« Je ne peux m’empêcher de me sentir coupable si je prends du temps pour moi, confie Agnès, j’ai l’impression que je manque à mon devoir. » Ce sentiment d’égoïsme en effleure en effet plus d’une, car l’équilibre se situe sur une difficile ligne de crête. Pour Marion :« Il faut s’écouter en vérité, en fonction des priorités qu’on a installées dans sa vie, et les revoir souvent dans un accompagnement. »

Attention aussi à celles qui se croient indispensables : « Les mères, constate Katia, ont tendance à croire que leurs enfants ne peuvent être heureux sans elles. Pourtant, il peut être bon qu’un soir, ils mangent une pizza seuls avec leur père. Il est impossible de répondre à toutes leurs demandes ? Il n’est pas mauvais que, petits, ils fassent paisiblement l’apprentissage des frustrations qui vont se succéder tout au long de leur existence : la fusion n’est pas la solution à long terme ». Pour Brigitte, une mère de famille doit souffler un bon moment, chaque jour. C’est une urgence ! « On ne peut donner que ce qu’on a reçu, affirme-t-elle. Si je m’épuise, je ne suis plus capable de rien apporter aux autres, la source est tarie. Pour bien se donner, il faut d’abord se recevoir de Dieu et de notre mari. Avec eux, on voit jusqu’où il est possible d’aller. »

Florence Brière-Loth

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