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Rester une famille joyeuse envers et contre tout

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Edifa - publié le 12/04/20 - mis à jour le 25/10/21

Parce que soucis quotidiens ou blessures plus profondes alourdissent l’âme et le cœur, le monde a besoin de la joie et de l’amour.

Posez la question autour de vous : les souvenirs d’enfants les plus joyeux sont les moments de détente simple passés en famille. Pas besoin de dépenses somptuaires. Un jeu de société, un pique-nique improvisé dans le salon, un film regardé en famille jusqu’à tard dans la nuit… Quelles peuvent être les racines profondes de cette joie toute simple ? Elles ne sont pas à chercher du côté du plaisir ou de l’excitation : la joie ne dépend pas des circonstances extérieures, ni d’un tempérament plus optimiste.

Si l’on en croit saint Paul (Gal 5, 20), la vraie joie se reçoit de Dieu et des autres, c’est un fruit de l’Esprit. Elle jaillit de notre relation d’amour à Dieu et reflète notre unité intérieure. Prétendre vivre la joie en famille, dans un contexte si morose, relève du défi, et peut même sembler une forme d’inconscience ou de naïveté. Pourtant, c’est un commandement biblique : « Soyez toujours joyeux et prions sans cesse » (1 Th 5, 16). Pas de mystère : si nous voulons une famille joyeuse, il nous suffit de prier. Sans cesse. Mais comment faire concrètement au jour le jour ?

Des petits riens pour entretenir la joie au quotidien

Prier ne dispense pas d’être attentif au rythme familial : des dispositions humaines sont à prendre pour faire advenir la joie. Cela demande de donner de son temps. Prendre une heure pour faire un gâteau avec ses enfants ou monter une tour en Kapla avec les petits, s’arrêter près de l’un ou de l’autre pour l’écouter, épanouit celui qui en bénéficie. Aux parents de prévoir des moments où cette joie pourra jaillir, de préparer le terreau où elle germera. « Il est bon d’anticiper et de bloquer des jours ou des soirées pour perdre du temps ensemble, sans attendre qu’en vienne l’envie », remarque Priscille, mère de famille. Célébrer les événements importants est aussi un moyen concret d’enchanter le quotidien. Tout est bon à prendre : anniversaires, fêtes, progrès, réussites si petites soient-elles, avec une petite mise en scène qui marque le caractère exceptionnel du jour.

Si, malgré tout cela, le moral des troupes est en berne, les repas sinistres et la tension palpable, et que cette tristesse s’installe profondément, voilà le moment d’interroger notre équilibre de vie. « C’est un des fondements de la joie, remarque Agnès, mère de trois enfants. Il est différent pour chaque famille et on doit veiller à l’adapter selon les âges et l’évolution des enfants, que chacun puisse être pleinement à ce qu’il fait et développer ses talents. Faire le point régulièrement est nécessaire, pour s’assurer qu’aucun ne souffre, qu’aucune fatigue ou frustration ne s’installe. » « Le plus important, continue Agnès, c’est bien la joie au quotidien. La fête sera réussie si la vie courante est joyeuse. Pour cela, il faut absolument être capable de surprendre et avoir une grande liberté. La joie se reçoit, mais elle se décide aussi. »


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Créer de la fantaisie, préparer un repas original, se mettre à danser ensemble après le dîner, admettre aussi des initiatives de la part des enfants, trop souvent bridés par peur des débordements. Ajouter à cela une bonne dose d’humour et du rire. Les parents comme les enfants plus grands ont tout intérêt à s’y prêter. Les grands sont ravis de faire connaître aux parents leurs films comiques ou leurs humoristes, c’est important pour eux.

Vivre pleinement les fêtes liturgiques

Parfois, il vaut mieux fermer les yeux sur une chambre mal rangée ou une tenue plus négligée chez un adolescent. « Que vaut-il mieux, demande Charlotte, une maison pleine, vivante et gaie avec un peu de désordre, ou un intérieur nickel d’où les enfants s’en vont en courant parce que l’atmosphère est plombée par les reproches ? »

Dans une famille chrétienne, n’hésitons pas à vivre pleinement les fêtes liturgiques, les fêtes de notre grande famille qu’est l’Église. Sans oublier bien sûr la première fête hebdomadaire, le dimanche. Les parents doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour que ce soit le plus beau jour de la semaine, comme un jour de joie à ne pas manquer, avec un bon repas, une activité rassembleuse. Que ce ne soit pas le jour des devoirs, un jour nul où les enfants s’ennuient. Le temps liturgique permet de colorier l’année.




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Le pardon évite de stocker les blessures

Un cœur joyeux se reçoit aussi de l’amour de ses parents. Les voir s’aimer enchante profondément les petits comme les grands, même s’ils le montrent moins. C’est le secret de la joie en famille. Un enfant qui a fait l’expérience de l’amour, va donner de la joie autour de lui. Autre source de joie : le pardon. Il évite de stocker les blessures et les rancunes qui empoisonnent la vie familiale. Il libère la joie.

C’est le rôle des parents de drainer cette joie. Cela demande aux parents de vivre au présent, d’accepter la vie comme elle vient, puisque Dieu permet qu’elle se déroule ainsi. Les enfants sentent cette force intérieure et cela les apaise. Avec la paix, autre fruit de l’Esprit, la joie peut s’installer. « Je rends grâce sans cesse, confie simplement Charlotte, et je l’exprime devant mes enfants pour qu’un jour ils le fassent à leur tour. »

Florence Brière-Loth

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