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Accepter la vieillesse de ses parents, un pas difficile

MERE ET SA FILLE
© Shutterstock
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Ils entendent moins bien, leur vue baisse, ils sont moins réactifs, plus fatigués… Nos parents vieillissent, et quand nous nous en apercevons, le choc est parfois rude. Mais pourquoi est-ce si dur d’accepter la vieillesse de ses parents ?

Brutalement, ou comme à doses homéopathiques, personne n’échappe à la prise de conscience du vieillissement de ses parents, à un âge plus ou moins avancé. Et si l’on se voile la face, vient un jour où l’affaiblissement physique devient incontestable et met au pied du mur. Un changement qui chamboule mais qu’il faut bien finir par accepter.

Les signes de vieillissement se glissent subrepticement dans la vie de tous les jours : le son de la télé poussé au maximum, la sieste qui devient indispensable, les rendez-vous chez le médecin qui se multiplient, les petits « oublis » répétitifs… et les centres d’intérêt qui s’appauvrissent. Déconnectés du monde professionnel, facteur d’intégration sociale, les parents retraités voient leur rythme de vie ralentir, et un décalage se crée avec le monde des « actifs », celui des enfants adultes.

Quand les rôles s’inversent

« Progressivement, la personne âgée “perd ses rôles”’ : rôle d’enfant avec la disparition de ses propres parents, rôle professionnel avec le départ en retraite, rôle de parent éducateur, de conjoint parfois en cas de veuvage… Et un nouveau mode de relation à l’environnement se met en place. Il se traduit par un rétrécissement de l’espace – auditif, visuel, moteur, mais aussi social, intellectuel, etc. -, et paradoxalement par une mise à distance. Tout paraît plus compliqué et plus lointain », explique dans un de ses ouvrages Maximilienne Levet-Gautrat, spécialiste des problèmes de vieillissement.

Pour l’enfant adulte, accepter de voir vieillir ses parents n’est jamais simple. Toutes les modifications physiques et comportementales de l’adulte vieillissant entraînent, chez son enfant, une modification de l’image parentale. L’image d’autorité, d’autonomie, de pleine forme physique, de réussite sociale parfois, s’affadit. Parce que les parents voient leurs forces physiques et leur réactivité décliner, il est fréquent que leurs enfants assurent la relève, pour devenir, parfois, les protecteurs de leurs parents. « Le rapport parent-enfant s’inverse. De protégé, l’enfant devient protecteur. Il comprend soudain que c’est à lui de passer en première ligne », note Dominique Duvernier, médecin psychiatre.

Accepter la vieillesse de ses parents… et la sienne

Passer en première ligne signifie non seulement prendre la suite, mais aussi affronter l’idée de la mort. Celle de ses parents tout d’abord, mais également sa propre mort. Et donc son propre vieillissement. Et cela, ça fait peur… Face à cette situation, que faire ? Fuir en s’étourdissant ? Cacher ses premiers signes de vieillissement derrière des crèmes antirides ?

Accepter de voir vieillir ses parents n’est pas qu’une étape douloureuse et stérile, c’est aussi l’occasion de méditer sur le sens de l’existence. « C’est une chance, une véritable leçon de vie et d’humilité », lance même Patrick, 50 ans, qui a accueilli sa belle-mère chez lui pendant plusieurs années et l’a vue mourir à l’âge de 95 ans. « Nous sommes dans une société qui associe la vie à la jeunesse, à la beauté, et refuse toute idée de mort, synonyme pour elle de néant. Or, la vie forme un tout, de la conception à la mort, et chaque étape a sa richesse ».

« La fin de la vie est encore la vie. Des valeurs s’y réalisent, qui ne peuvent se réaliser que là », cite le père André Ravier, jésuite, dans un livret de réflexion spirituelle sur la vieillesse, avant de reprendre : « Pour le chrétien, la vieillesse est bien une vocation, et une vocation personnelle ». C’est également un temps qui donne du temps : de méditer, de repasser le film de sa vie, d’apprendre à pardonner.

Le temps du don

Ce temps de l’adulte vieillissant est souvent exigeant pour ses enfants. « Cette femme qui oublie l’anniversaire de ses enfants, ne sait plus recevoir à dîner deux personnes sans paniquer, refuse d’apprendre à se servir d’internet, ne supporte plus les cris des petits, oui, c’est ma mère », confie Benoît, qui s’occupe de sa mère âgée de 88 ans. « Lorsque je dois expliquer pour la troisième fois à mon père les missions de la start-up que je viens d’intégrer, je perds souvent patience, et je suis au bord de la crise de nerfs ! Pourtant, c’est à la suite de ces moments que je médite sur l’exigence de l’amour filial. Petit enfant, on reçoit, on prend, on consomme, mais quand les difficultés relationnelles surgissent, vient le temps du don. C’est là que l’on touche du doigt l’essentiel : le véritable amour est un acte de volonté », analyse-t-il.

Plus on aime, plus il est difficile d’accepter de voir l’autre faiblir, souffrir, et ne plus correspondre à l’image que nous avions de lui. Et aimer nos parents dans tous ces petits tracas du quotidien qui agacent, demande un effort. Mais n’est-ce pas là le véritable amour ? Accepter de voir vieillir ses parents, n’est-ce pas tout simplement apprendre à les aimer en vérité ?

Béatrice Courtois

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