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Deux mots indispensables pour conclure sa prière

© Rawpixel/Shutterstock
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Prier ne sera jamais que balbutier. Nous disons ces mots tout simples de la prière, ce vocabulaire de base : « Nous voici ; merci ; pardon ; s’il te plaît… ». Mais c’est comme si nous n’avions rien dit, ou plutôt, nous n’avons pas dit l’essentiel.

Prier, ce n’est pas dire des choses à Dieu, mais se dire soi-même, s’ouvrir, se livrer. Souvenons-nous de la question que Jésus ressuscité pose à Simon, fils de Jean : « M’aimes-tu vraiment ?» (Jn 21, 15). Comme Simon, nous répondons machinalement : « Oui, bien sûr, je suis ton ami ». Mais Jésus insiste : « M’aimes-tu ?». La troisième fois, Simon-Pierre est moins sûr de lui. Il se souvient peut-être de son triple reniement. En tout cas, il ne répond plus à partir de lui-même, car aucun homme ne peut répondre de soi ; il répond à partir de Jésus lui-même : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais que je t’aime » (Jn 21, 17). 

Tel est, au moins à première vue, le dernier mot de la prière. Mille pensées, mille sentiments, mille motions de l’Esprit peuvent habiter notre prière, mais tout cela ne dit, au fond, qu’une seule chose, toujours la même, toujours nouvelle : « Seigneur, je pense à toi, j’ai besoin de toi, je ne veux pas vivre sans toi ».

« Je t’aime »

La prière du célébrant avant la communion dit cela avec force : « Fais que je sois toujours fidèle à tes commandements et que jamais je ne sois séparé de toi ». Ce « je t’aime » est aussi le non-dit, le sous-entendu de toute prière authentique. Sa raison d’être. Je suis là parce que je t’aime. Parce que je te préfère. Je pourrais faire autre chose. Mais le reste, même utile, nécessaire, urgent peut-être, ne remplacera jamais ces précieux instants de la rencontre avec le Bien-Aimé. A contrario, si la prière se fait rare, ou si elle devient une corvée, c’est que l’amour s’est refroidi.

« Mon âme a soif de toi ! », « C’est ta face que je cherche ! », « Combien j’aime ta maison, Seigneur ! » Il faut relire les psaumes pour entendre le chant du cœur humain épris de Dieu. Les grands spirituels ne se lassent pas d’écouter, dans le Cantique des cantiques, le dialogue ardent de l’âme-épouse et de son roi. Le roi, en effet, désire notre désir. C’est ce puissant attrait qui soulève les mystiques, au point de les arracher parfois à la pesanteur du monde. Au moment même où il meurt sur la croix, Jésus lance ce cri : « J’ai soif ! » (Jn 19, 28). Oui, l’amour infini a soif de notre pauvre amour. Il l’attend avec anxiété (m’aimes-tu ?) et le reçoit avec gratitude. Que dire de plus ?

« Tu m’aimes »

Un jour, un homme de Dieu m’a fait cette réflexion profonde : le dernier mot de la prière, au-delà de « je t’aime », c’est « tu m’aimes ! ». Alors seulement, en effet, tout est dit. C’est le tout dernier mot parce que c’est aussi le tout premier. « Tu m’aimes : me voici. Tu m’aimes : je te dis merci. Tu m’aimes : prends pitié de moi. Tu m’aimes : je peux tout te demander. Tu m’aimes, et cela suffit ».

Alain Bandelier

En image : des astuces pour trouver le temps de prier