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Mon enfant vole : que faire pour éviter qu’il ne recommence ?

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© Olimpik

Edifa - publié le 11/01/20

Vous avez trouvé dans la poche de votre enfant des bonbons que vous ne lui avez pas achetés ou un jouet qui ne lui appartient pas ? Pas de panique, ça n'en fait pas un voleur pour autant. Mais pour qu’il ne recommence plus, vous devez comprendre son geste et tenir face à lui un discours très clair.

C’est toujours un choc pour des parents de découvrir soudain ce genre de comportement. Surtout quand il s’agit d’un vol à l’extérieur de la maison (à l’école, au supermarché…). Ils se sentent littéralement déshonorés et atteints dans leur image de « bons » parents. Déstabilisés, ils trouvent inexplicables de tels gestes venant d’enfants apparemment sans problème et relativement bien élevés. À cette honte s’ajoute la peur de l’avenir : « S’il continue comme ça, où finira-t-il ? ».

Peut-être convient-il d’abord de ne pas dramatiser. Il faut se garder de grossir trop vite les choses, et, surtout, ne pas coller dans le dos de l’enfant une étiquette de « voleur » dont il ne se défera plus. C’est vrai qu’un petit larcin peut entraîner à de plus grands : « Qui vole un œuf vole un bœuf… », d’où la nécessité de colmater très vite la brèche. Mais, cela dit, il n’y a rien de commun entre la délinquance infantile et la délinquance adulte : le petit chapardeur ne deviendra pas obligatoirement le grand délinquant de demain.

Le vol n’a pas le même sens pour l’enfant que pour l’adulte

Bien sûr, il faut mettre en lumière la gravité du vol. Toutefois, il faut d’abord se tourner vers la richesse du vocabulaire pour traduire une réalité finalement bien complexe. Si détourner, s’emparer ou dévaliser s’applique à des comportements ressentis comme hautement répréhensibles et honteux, on parlera avec plus ou moins d’indulgence de chiper, faucher, subtiliser, marauder, chaparder. On comprend alors qu’un enfant ne distingue pas clairement la gravité du vol. La notion de propriété, de bien qui appartient à autrui, n’est pas innée : un enfant a instinctivement le besoin de s’approprier ce qui lui paraît être bon pour lui. Le vol n’a pas le même sens pour lui que pour l’adulte, et il ne mesure pas toujours la valeur de ce qu’il peut dérober.


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Il est bon aussi que nous nous interrogions sur notre propre comportement : dans la vie courante, et sous les yeux de nos enfants, n’arrive-t-il jamais que nous ne soyons pas d’une honnêteté parfaite ? Et même, ne manifestons-nous pas trop d’admiration pour ceux qui savent « se débrouiller » dans la vie ? On vantera les « exploits » du voisin qui a pris le train sans payer, ou qui a équipé sa maison avec du matériel récupéré sur le chantier où il travaille… Et ne parlons pas des fausses déclarations d’impôts ou d’assurance, qu’on estime plus que légitimes. Les médias se plaisent d’ailleurs à étaler les exemples de corruption ou autres scandales financiers de haut vol concernant des sommes énormes… et qui se terminent parfois par un non-lieu.

Essayer de comprendre le pourquoi de son geste

En présence d’un enfant voleur, la première chose à faire, c’est essayer de comprendre pourquoi a-t-il agi ainsi ? Par jeu, surtout avant 8 ans, ou pour satisfaire un désir impérieux ? Qui, enfant, n’a pas essayé de dérober un « petit » chocolat ou une confiserie dans la bonbonnière d’une grand-mère ? Peuvent même exister, à cet âge, des vols « inspirés par la générosité », tel celui d’une petite fille qui avait volé une pomme pour l’offrir à sa grande sœur, et qui, lorsqu’elle est traitée de voleuse, ne comprend pas pourquoi on la punit.




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Quand l’enfant grandit, il peut voler pour combler un manque matériel que la pauvreté ou les rigueurs de sa famille lui refusent (« Nous n’avons pas d’argent pour t’acheter cela »). Il est difficile de ne pas saliver devant certaines vitrines, ou de ne pas avoir ce que les autres enfants se plaisent à brandir fièrement dans la cour de l’école. L’enfant peut aussi voler pour « faire comme les autres », tester sa valeur ou son goût du risque, ou montrer aux copains qu’il est capable de relever un défi.

Mais il est bon de chercher si la cause n’est pas plus profonde, et si l’enfant ne souffre pas d’un sentiment de frustration qu’il cherche alors à compenser par le vol. Peut-être vit-il une situation difficile ? Le vol aura alors valeur de SOS. Que nous dit-il dans ce cas ? Veut-il forcer l’adulte à s’occuper de lui ? Mais alors, n’est-ce pas tout simplement le signe criant que l’enfant pense — à tort ou à raison — être mal aimé ? Si bien qu’une punition trop forte ne pourrait que le renforcer dans cette conviction, et le poussera à voler pour compenser ou pour attirer l’attention.

Après 7 ans, il faudra réagir, mais sans dureté

Quelle conduite adopter ? Tout d’abord, aider l’enfant à exprimer les causes réelles de son geste. Même s’il donne au départ d’« excellentes » raisons ! Il faut l’aider à se connaître. Avant 7 ans, il faut lui apprendre le sens de la propriété : « Tu n’aimes pas qu’on te prenne tes affaires ? Eh bien, les autres non plus ! Tu es responsable du tort que tu fais aux autres, de la peine que tu leur fais. Maintenant, tu diras à ta main de ne plus faire ça, parce que toi, tu ne le veux pas ». Après 7 ans, il faudra réagir, mais sans dureté. Punir au besoin, mais sans excès. Faire découvrir à l’enfant la valeur des choses en disant ouvertement en quoi il a eu tort, et comment il peut réparer. Restituer ? Peut-être, en l’aidant alors à faire ce geste difficile.


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Si l’enfant reçoit de l’argent de poche, il devra apprendre à limiter ses désirs. Il y a une éducation, progressive, à la frustration, qui prépare l’enfant à accepter l’imperfection de la condition humaine. Mais, par-dessus tout, les parents auront à cœur de l’entourer de plus d’affection, de lui consacrer du temps. Une fois de plus, il faut chercher la solution du côté de l’amour !

Denis Sonet

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Tags:
ÉducationEnfantsvol
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