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Prier en famille, est-ce vraiment indispensable ?

FAMILY PRAY
Corinne SIMON I CIRIC
Prière en famille à la maison.
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Après des journées chargées, les bains et le dîners, de nombreux parents trouvent les ressources physiques pour prier avec leurs enfants. Un moment important, certes, mais qui peut vite s’avérer être difficile à mettre en place dans le calme et le recueillement. Alors quand l’ambiance à la maison est électrique, est-il possible de faire l’impasse sur la prière familiale ?

Ce soir, Marie est un peu énervée contre ses enfants, contre son mari, contre elle-même, contre Dieu aussi qui semble ne rien faire pour faciliter la rencontre familiale de la prière du soir. « Tout le monde y va en traînant les pieds, c’est une corvée, je ne vois plus très bien à quoi ça sert », confie, découragée, cette mère de trois enfants. Faut-il vraiment insister ? La prière en famille, est-ce « obligatoire » ? Oui, car une famille ne peut se passer de prier.

Certaines familles sont appelées à prier plus que d’autres. Mais toutes les familles sont appelées à prier. Mais attention à ne pas réduire la prière en famille à la prière du soir. Il y a de multiples gestes qui donnent un sens religieux à la vie quotidienne de la famille : le bénédicité avant les repas, la prière qu’on dit dans la voiture en allant à l’école, le rituel des fêtes, le petit déjeuner festif du dimanche matin, la prière au cimetière pour les morts de la famille… Cette multitude d’attentions à Dieu va préparer et donner vie à la prière familiale proprement dite.

Ces obstacles qui nous empêchent de prier en famille

Le matin, la course contre la montre empêche la plupart du temps de réunir la petite troupe dans une oraison commune. La foi en famille s’exprime le plus fréquemment dans la prière du soir. Celle-ci n’est pas la plus facile. Vies écartelées, journées dispersées, course permanente, fatigue accumulée, sollicitations multiples, sorties précipitées, pesanteur des âmes, lassitude des corps — autant de facteurs qui font souvent rimer « prière » avec « galère ». « Nos ados râlent ou boycottent, les plus petits se trémoussent, font du tam-tam ou se chamaillent. J’ai peur que cette prière les dégoûte de la prière ! », confie Isabelle, mère de cinq enfants.

Il y en a d’autres obstacles, plus intimes : un père qui rechigne, par pudeur, tiédeur ou individualisme, à cet exercice communautaire, l’un des époux qui ne partage pas la foi de son conjoint, ou son expression publique, un adolescent qui menace de semer la zizanie… Jérôme, 14 ans, par exemple, manifeste une hostilité ouverte au moment de la prière du soir : il grimace, ricane, refuse de participer. Est-ce Dieu qu’il refuse ? La prière ou bien la prière en famille ? Il y a plus qu’une nuance. « De nombreux ados se retrouvent gênés de prier avec leurs proches. Mais ne pas vouloir participer à la prière familiale ne signifie pas que l’on rejette le Seigneur ou la prière », remarque Élisabeth, mère de quatre enfants. « La prière en famille doit être un lieu de paix, pas un motif de discorde et de “pression”, poursuit-elle. Notre aîné décide systématiquement de prendre sa douche à ce moment-là, mon mari plonge ostensiblement dans son journal… tant pis ! Le temps viendra peut-être où nous pourrons prier tous ensemble : en attendant, nous n’allons pas nous disputer pour ça. Ce serait vraiment un contre-exemple ».

« C’est une prière pauvre… mais c’est la nôtre »

La prière du soir n’est-elle pas une douce utopie ? Non, à deux conditions : il faut le vouloir vraiment et ne pas vouloir l’impossible. « Un certain perfectionnisme a failli tuer notre prière, témoigne Bernard. Nous rêvions d’une véritable liturgie ? Nous arrivons péniblement à une prière minable de trois minutes. Nous avons failli tout lâcher, puis nous nous sommes dit : “Non. C’est une prière pauvre… mais c’est la nôtre”. Je pense que le Seigneur est d’accord. Le peu qu’on peut faire, il faut le faire. Dans l’Évangile, le garçon de la multiplication des pains n’avait que cinq pains et deux poissons, mais il les a offerts… ».

Éric, père de quatre enfants, confie avec un sourire fataliste : « Mère Teresa disait qu’une famille qui prie ensemble reste ensemble, nous, c’est le contraire. Quand nous prions ensemble, nous nous tapons dessus ! Nous avons donc décidé de ne garder que la prière du samedi soir, dont nous faisons une mini-liturgie. Les soirs de la semaine, nous bricolons… ».

Faut-il tenir coûte que coûte à la prière quotidienne ? Les avis sont partagés. Les uns insistent sur la régularité comme une force, une fidélité, un rythme qui facilite le rite. Les autres penchent, souvent par nécessité, pour des temps plus longs et moins fréquents. « L’important est de trouver son rythme, disait Georgette Blaquière, théologienne et essayiste catholique française. Parfois, il est meilleur de prier en famille seulement deux ou trois fois par semaine, ou le dimanche. L’important est de le vivre “pour Dieu” en vérité, comme un temps qui Lui soit consacré réellement. Trop souvent, nous nous arrêtons à l’aspect “pédagogique” de la prière. Nous cherchons à faire l’éducation à la foi de nos enfants. Nous confondons « but » et “conséquences” ».

La prière personnelle à ne pas négliger

L’idéal est bien sûr d’avoir pu « acclimater » la famille à la vie chrétienne, pour que l’enfant grandisse dans ce « bain » de foi, et puisse épanouir sa vocation à la prière. Mais c’est un idéal…. L’urgence est de retrouver le chemin de la prière personnelle quand on l’a perdu. Celle-ci est la source véritable de la prière familiale. Sans la prière personnelle, celle-là risque de n’être qu’une façade qui se lézardera un jour. En effet, la prière en famille ne remplace pas, ni pour les parents ni pour les enfants, le dialogue personnel avec Dieu dans le silence du cœur. Au contraire, elle doit y introduire.

Luc Adrian et Christine Ponsard

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