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Qui « porte la culotte » dans votre couple ?

Couple - Arm Wresling
© stockfour
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Quand dans un couple, on entend soudain la parole forte et appuyée de l’homme affirmant bien haut : « C’est moi qui commande ! », c’est que probablement, c’est son épouse qui le gouverne. Alors, qui a réellement le pouvoir dans votre couple ?

Attention !  À l’intérieur du couple ou de la famille, celui qui a ou qui prend le pouvoir n’est pas toujours celui qu’on pense. Il y a en effet le pouvoir officiel et le pouvoir officieux (le vrai). Autrefois, l’homme avait le pouvoir officiel. Il était le chef de famille attitré. Mais souvent le pouvoir officieux revenait à l’épouse qui habilement et finement arrivait à ses fins, tout en laissant à son mari l’honneur de croire que c’était lui qui décidait. Aujourd’hui encore, certaines femmes agissent ainsi. Mais il y a aussi un autre cas de figure, ce fameux pouvoir officieux tombe parfois tout simplement entre les mains des enfants, qui imposent à leurs parents « compréhensifs » leur façon de voir les choses et leurs choix.

L’art de décider ensemble

Toute communauté, qu’elle soit conjugale, nationale ou internationale, exige une régulation des prises de décision et donc l’existence d’un « pouvoir ». À l’échelon d’une nation, on voit clairement s’affronter les différents pouvoirs : celui des gouvernants, des médias, des syndicats, des banques, de l’opinion publique, des groupes de pression, etc. À l’échelon du couple également s’engage souvent, plus ou moins larvée, une lutte de pouvoir, parfois même un bras de fer entre deux personnalités qui entendent ne pas se laisser écraser. Les débuts de la vie conjugale sont fréquemment difficiles pour cette seule raison que chacun entend prendre ses marques, délimiter son territoire, et ne pas se laisser faire par l’autre. Par la suite, certains conjoints ont parfois un art subtil pour tenir l’autre sous leur coupe ou au contraire pour se laisser enchaîner. Qui dira la force prodigieuse d’une épouse qui sait, au moment opportun, verser une larme culpabilisante ou faire un doux chantage à l’amour (« Si tu m’aimais, tu ferais ce que je te demande… ») pour obtenir ce qui lui tient à cœur ! Mais qui dira la force prodigieuse d’inertie de certains maris, fermés hermétiquement aux appels de leurs femmes à plus de tendresse, à plus de responsabilités au sein de la famille, à plus de spiritualité !

Comment dès lors dépasser ces luttes (sourdes), sinon d’abord en prenant clairement conscience. Par le dialogue, sans jugement, les conjoints peuvent essayer de repérer les différents domaines où l’un a le pouvoir, où l’autre se sent nié, ou même écrasé. Il est fréquent d’entendre dans un couple en pleine crise l’un des conjoints reprocher à l’autre, après des années de vie commune, de ne pas l’avoir laissé exister. Ensuite, il importe que chacun renonce à la tentation de la fusion, qui se ferait inévitablement au détriment de l’un des deux : s’aimer, c’est n’être qu’un en restant deux. Reste à savoir lequel. À renoncer aussi à la tentation de la toute-puissance, ce sentiment qui remonte de l’enfance et qui ne demande qu’à profiter des dispositions amoureuses de l’autre pour mieux le diriger. Au départ d’une vie de couple, un homme est capable de faire les mille caprices de sa belle, mais si elle abuse de son incroyable pouvoir, l’homme finit par se lasser.

On ne commande à l’autre qu’en lui obéissant

« La force désarmée est la plus puissante du monde », disait Martin Luther King. Un proverbe égyptien prétend que « la femme est doublement attachée si la chaîne est aimable », et un humoriste ajoutait : « Surtout si les chaînons sont de pierres précieuses ». Renonçant à un machisme désuet comme à un féminisme d’arrière-garde, le couple laissera l’amour arbitrer les divergences de point de vue. Chaque conjoint a le droit d’exprimer ses désirs, mais en évitant d’en faire plus ou moins habilement mais pratiquement des ordres. En laissant — sans chantage — à l’amour de l’autre le soin de trouver une solution de compromis. Il importe aussi que chaque membre d’une famille, dont les enfants, possède ses plages de liberté où il peut se refaire et s’épanouir, puis venir ensuite partager son expérience.

Il importe enfin d’imiter la façon de faire de Dieu dans sa relation avec les hommes. En effet, Celui qui est pourtant, le Tout-Puissant, a établi avec les hommes une relation d’Alliance et non de dominant-dominé. Son Fils est venu sur Terre, et dans son incroyable Incarnation, s’est placé de plain-pied avec les hommes : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 5-8). Puissions-nous, dans nos familles, imiter cette folle humilité divine pour être à l’écoute des besoins et des désirs des autres, pour chercher les solutions les plus heureuses pour répondre aux attentes de chacun ainsi qu’au bien commun de la famille.

Père Denis Sonet

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