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« Miroir mon beau miroir, dis-moi si je ressemble au Seigneur ? »

MIRROR; FACE; LOOK
© wavebreakmedia - Shutterstock
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Tous les jours, nous nous regardons dans notre miroir pour nous coiffer ou nous maquiller. Nous nous demandons si nous sommes beaux, si nous devons gommer un défaut ou embellir telle ou telle partie de notre visage ou de notre corps. Et si nous transposions tous ces questionnements et gestes dans notre vie spirituelle ?

Vous souvenez sûrement de cette très belle et très méchante reine de l’histoire de Blanche-Neige ? Chaque jour elle interrogeait son miroir. Elle lui demandait de lui dire qu’elle était la plus belle. Et le miroir qui ne savait pas mentir lui avoua un jour qu’il y avait plus belle qu’elle. La reine en fut si attristée qu’elle décida de supprimer l’audacieuse. N’imaginez pas que seule la reine de ce conte interroge son miroir. Qui peut se vanter de ne pas avoir besoin d’un miroir qui lui renvoie une image qui lui plaise ? On interroge son miroir, on se regarde dans la glace, on s’observe soi-même de mille façons. Pourquoi ? Pour voir si tout va bien. Pour voir si la réalité correspond à l’image qu’on se fait de soi.

On a tellement peur de ne pas correspondre à l’image qu’on voudrait donner. On a tellement besoin que quelqu’un, son miroir par exemple, nous dise : « Tu es très belle ! Tu es bien fait ! Ton image est sans défaut ! ». On a tellement peur de laisser passer ce petit détail qui va nous griller aux yeux des autres, qui va susciter les sourires, les chuchotements dans notre dos, les ricanements quand on n’est plus là ! Au fond tout ce qu’on fait pour les autres, mais qu’on a très peur qu’on ne fasse pour nous.

Le regard des autres

Dans le secret, on interroge son miroir. On l’interroge aussi parce qu’on aime se regarder. On trouve un malin plaisir à se contempler soi-même. Comme on n’est pas très sûr que les autres nous apprécient à notre juste valeur, on peut du moins se dire à soi-même ce qu’on aimerait entendre de la bouche des autres. Alors il peut arriver qu’on parle à son reflet. On surveille son image.

Selon les cas, on se rassure ou on se désole. On se trouve avenant ou on se déteste. Que ne ferait-on pas pour améliorer la nature ? Et le dialogue commence avec le miroir : faut-il ajouter de la couleur, modifier une coupe de cheveux, mettre un bijou, gommer un horrible point noir ? Notre miroir nous donne beaucoup de soucis. Et le pire des miroirs, c’est encore le regard des autres. Inévitablement, il nous renvoie une image. Et nous ne cessons de l’interroger avec appréhension. Que vont penser les autres ? Voilà la grande question inavouable, mais toujours présente.

La marque de la gloire de Dieu

Celui qui veut progresser dans la vie spirituelle doit se détacher de son miroir. Il doit ne plus se préoccuper de son image, surtout lorsque cette image ne concerne que l’aspect le plus superficiel de sa personnalité. La Bible nous apprend que nous sommes un reflet de Dieu Lui-même. Nous avons été créés à l’image de Dieu. Nous gardons la nostalgie de cette image. Celui qui scrute son miroir ne cherche-t-il pas à retrouver Celui à l’image de qui il a été créé ? Il cherche mais il ne trouve pas. Il aimerait une image belle, parfaite, sans tâche ni ride. Il ne trouve que lui-même avec ses limites et ses imperfections qu’il n’aime pas. Cela rappelle une des plus belles phrases de saint Paul : « Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit. » (2Cor 3, 18). Sur le visage de chaque personne, on peut déceler la marque de la gloire de Dieu. C’est une marque bien effacée, bien estompée, mais réelle.

C’est le péché qui défigure, il marque le visage. Oscar Wilde évoque cette défiguration dans son roman, Le portrait de Dorian Gray où il décrit la déchéance d’un homme. Cet homme d’une grande beauté a fait un pacte avec le diable : il gardera toujours le visage de sa jeunesse. Son visage ne portera jamais le reflet de ses mauvaises actions. Ce ne sera pas lui qui vieillira, mais un portrait de lui, réalisé dans la splendeur de sa jeunesse. Ainsi, malgré une vie de péché, il semble sauver les apparences. À la fin, la vérité s’impose. À sa mort, il retrouve son visage défiguré par une vie désordonnée. Cette histoire raconte en négatif ce que doit être la vie d’un saint selon le Seigneur.

Voir petit à petit le visage du Seigneur remplacer le nôtre

Le saint est celui qui accepte de se voir tel qu’il est. Il se désole, non des apparences physiques, mais des marques du péché. En se regardant dans la glace, il se voit tel qu’il est. Et ça ne lui plaît pas ! De même quand il fait son examen de conscience, s’il se regarde en vérité, s’il considère ce qu’il a fait, ce qui a occupé son esprit, la honte le saisit. Mais loin de se désoler, il prend les moyens de changer.

Ce que les coquettes font pour se rafistoler, le saint le fait pour gommer les rides du péché, les tâches du mal, les empreintes de ses mauvaises actions. Le saint est celui qui, en se regardant dans la glace, voit petit à petit le visage du Seigneur Jésus remplacer le sien. Ils se ressemblent, car ce n’est plus lui qui vit, mais le Christ qui vit en lui. Idéal que peu atteignent, mais but assigné à chacun.

Il ne s’agit plus alors d’apparences, mais de ressemblance. Celui qui aime le Père comme Jésus l’a aimé, celui qui vit pour les autres comme le fit Mère Teresa, celui qui ne se préoccupe plus de ce qu’on pense de lui, celui qui accepte les événements comme signes venant du Seigneur, celui qui prend sa part des souffrances du Christ, celui-là pourra discerner sous ses traits les traits du Seigneur. Son miroir lui renverra un peu de la gloire de Dieu. Et quand il mourra, l’homme défiguré par le péché cédera la place à l’homme transfiguré par la grâce de Dieu.

Frère Alain Quilici

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