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Léon XIV en France, le défi de l’après

4 min de lecture
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Crédit : JB.Delerue | Diocese of Paris

Du 25 au 28 septembre, des centaines de milliers de Français ont vécu un moment exceptionnel auprès du pape Léon XIV. Mais une fois les foules dispersées et le Pape reparti, comment transformer l'émotion en une foi qui s'inscrit dans la durée ?  

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"J’ai du mal à redescendre après ce qu’on a vécu." Quelques jours après le départ du pape Léon XIV, Mathilde, étudiante en communication, peine encore à retrouver son quotidien. Comme elle, beaucoup de fidèles sont repartis avec le souvenir de trois jours hors du commun. Des foules en liesse, des rues remplies de fidèles scandant le nom du Pape… puis le calme. Léon XIV reparti, reste désormais ces questions : Comment garder cet élan ? Comment ne pas retomber dans son quotidien, comme si de rien n’était ? 

"Il ne faut pas faire durer la ferveur, mais la transformer"

Au-delà de l’émotion, se pose désormais la question de l’après. Pour Cédric Aumonier, président du FRAT depuis cet été, la réponse tient en un mot : l’engagement. "Il faut accepter de ne pas faire durer la ferveur mais de la transformer en engagement”" estime-t-il. Pour lui, la réussite d’un grand rassemblement se mesure dans le temps : "Un grand rassemblement est réussi si six mois plus tard, quelque chose a changé dans la vie du croyant." Pour éviter que l’enthousiasme ne retombe avec le retour au quotidien, il invite chacun à ne pas rester seul. "Il faut retrouver un groupe ou une communauté, s’engager et entretenir sa vie intérieure", explique-t-il. Aumônerie, scoutisme, maraudes… à ses yeux, les adultes doivent désormais proposer aux jeunes "des lieux" où inscrire ce qu’ils ont vécu dans une vie chrétienne quotidienne.

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Et le moment d’agir serait déjà là. "C’est maintenant qu’il faut s’engager, car on retombe très vite dans son quotidien habituel. Il ne faut pas attendre en se trouvant des excuses", insiste-t-il. Un constat que partage Iris, qui dit repartir avec "d’immenses grâces". Pour entretenir ce qu’elle a vécu, elle compte notamment relire les discours du Pape et garder "deux ou trois phrases en tête", tout en poursuivant sa prière du matin. "J’ai à cœur de transformer mon quotidien par davantage de prière", confie la jeune femme de 24 ans. 

L’après-pape s’organise déjà

Dans certaines paroisses et mouvements, cette volonté de ne pas laisser retomber l’élan commence déjà à prendre des formes concrètes. À la paroisse Saint-Lambert, à Paris, Faustine lance ainsi un parcours Alpha. Son objectif : "surfer sur la ferveur" née de la venue du Pape et "parler de l’initiative autour d’elle pour faire venir des personnes touchées par ce week-end". L’idée est de profiter de l’affluence et des rencontres suscitées par le voyage pour proposer un chemin qui se poursuive bien après le départ du Pape. D’autres choisissent de suivre l'appel du Pape à prier le Rosaire durant tout le mois d’octobre, en particulier pour la paix.

Pour Clémence, 25 ans, bénévole lors de la messe parisienne, cette ferveur doit également sortir des rassemblements catholiques. Marquée par "la ferveur populaire" et par le nombre de fidèles réunis, elle estime qu’il faut désormais "témoigner aux autres de ce qu’on a vécu, sans se cacher". Elle-même compte relire les homélies et les prises de parole du Pape "pour bien s’imprégner" de ce moment. Et pour ceux qui souhaitent simplement dire merci, une autre initiative a vu le jour : le recueil de remerciements et témoignages dans un livre d’or numérique destiné au Pape. La visite de Léon XIV s’est achevée. Pour ceux qui l’ont vécue, une autre étape commence désormais : inscrire dans la durée ce qui a été reçu pendant ces trois jours.