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30 ans après l’avoir brodée, Gwenola reconnaît sa bannière au Stade de France

4 min de lecture
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Crédit : GM I Diocèse de Lyon

Montage Canva I Gwenola, et la bannière de saint Pothin à la veillée des jeunes.

En 1996, Gwenola brode une bannière à l’effigie de saint Pothin à l’occasion de la venue du pape Jean Paul II à Reims. Vendredi 25 septembre, alors qu’elle regardait la veillée des jeunes à la télévision, elle est saisie d’émotion lorsqu’elle reconnait "sa" bannière parmi les 120 portées en procession.

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Pour Gwenola, c’est "un cadeau du Ciel". Reconnaître la bannière de saint Pothin qu’elle a réalisée 30 ans plus tôt dans le cortège des saints au Stade de France, à un moment de sa vie "où elle en avait tant besoin", c’était providentiel. Gwenola habite Caluire, près de Lyon, a 60 ans, est mère de quatre enfants et grand-mère de deux petites-filles. Artiste dans l’âme et depuis toujours très douée de ses mains, elle s’occupe aujourd’hui de personnes âgées.

"Le saint que personne ne veut"

En 1996, alors âgée de 30 ans, elle répond à l’appel d’une association parisienne, Bannières 2000, qui cherche des petites mains pour confectionner des bannières de saints en vue de la venue de Jean Paul II à Reims. Ne sachant quel saint choisir, elle répond à l’association : "Je prendrai le saint que personne ne veut !" La voilà donc chargée de représenter saint Pothin, premier évêque de Lyon, compagnon de sainte Blandine, mort martyr au IIe siècle. Pour réaliser la bannière, Gwenola s’associe avec sa mère. Cette dernière se charge de la couture tandis qu’elle s’occupe de la broderie. Un travail à quatre mains, extrêmement minutieux, qui la tient plusieurs mois en haleine.

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La statue de saint Pothin dans l'église Saint-Nizier à Lyon qui a inspiré Gwenola.

"Il y avait peu de renseignements sur saint Pothin, tout du moins pas suffisamment pour nourrir mon imagination. Puis un jour, je suis allée dans l’église Saint-Nizier et je suis tombée sur une statue de saint Pothin qui abritait la Vierge à l’intérieur de sa manche. Cette image a été un véritable coup de foudre !", se souvient-elle. Soudainement inspirée, elle dessine saint Pothin à partir de la statue, choisissant le rouge pour la couleur de l’évêque et le rose pour la joie.

La bannière en cours de réalisation en 1996.

Après avoir accueilli le pape Jean Paul II à Reims, elle offre la bannière à l’église Saint-Pothin, à Lyon. Au bout de trois ans, déçue que sa bannière ne soit pas arborée pour les grandes occasions, elle la récupère et la donne à l'association Bannières 2000. "À partir de ce moment-là, la bannière est sortie de ma tête, je l’ai complètement oubliée", confie-t-elle.

"Tu as du prix à mes yeux"

Vendredi 25 septembre, à la fin du spectacle grandiose sur les saints de France qui a animé la première partie de la veillée des jeunes avec le pape Léon XIV, Gwenola, devant son poste de télévision aux côtés de son mari, tombe des nues lorsqu’elle reconnaît, parmi les 120 bannières portées en procession, sa bannière de saint Pothin. "Cela a été un tel choc ! J’étais émue aux larmes. Le peintre Arcabas disait : "un tableau, c’est comme un enfant". Il en est de même pour une bannière. Une bannière brodée, ce sont des heures et des heures de travail ! Cette bannière, c'est une partie de moi."

Un détail aux yeux de certains mais qui est arrivé à l’issue d’une semaine éprouvante pour Gwenola, blessée par le mensonge et la cupidité. Il a donc pris une signification particulière. "Revoir cette bannière, là, au Stade de France, en présence du Pape, c’était comme si le bon Dieu me disait : "tu as du prix à mes yeux, tu vaux quelque chose", cela m’a mis du baume au cœur, cela m’a apaisée, réconfortée. C’était comme si le bon Dieu m’accompagnait dans un moment où j’étais portée vers la rancœur, comme s’il allumait une lumière à l’intérieur de moi en m’invitant à la douceur. Je me suis sentie aimée, chérie, à un moment où j’en avais besoin."

Un clin Dieu qui a ravivé aussi le souvenir de sa mère décédée il y a 11 ans. "Il y a nos deux noms inscrits sur un petit papier glissé sous l'étoffe. Voir réapparaître cette bannière, c’était un peu comme si j’étais à la veillée avec Maman, le temps n'existe pas aux yeux de Dieu."