La visite de Léon XIV à la France, si bien résumée par les mots "espérance" et "renaissance", a été parcourue par un fil bleu marial. C’est précisément à Lourdes, note le père Guillaume de Menthière, que le Pape a laissé aux catholiques français une consigne très précise : prier au cours du mois d’octobre le saint Rosaire.
Nous aurions aimé ne point refermer la parenthèse enchantée que constitua sur la bonne terre de France le voyage apostolique de notre pape Léon XIV. Hélas ! écoutant subrepticement, sur un grand média national, les nouvelles d’émeutes lycéennes et de polémiques politiciennes, je sens monter irrépressiblement en moi le véridique Proverbe que cite saint Pierre : "La truie à peine lavée est retournée à son bourbier" (2 P 2, 22). Je suis à deux doigts de céder au découragement… Fort heureusement résonnent encore en moi les mots entendus lors de la veillée au stade avec les jeunes : "N’oubliez jamais que France rime avec Espérance !"
Le fil bleu marial de la visite pontificale
Certes les conflits n’ont pas disparu comme par enchantement, ni dans le monde, ni dans notre pays. Mais le voyage et le message du Saint-Père peuvent me semblent-ils être résumés par ces deux mots : espérance et renaissance. Lors de son audience générale de mercredi 30 septembre Léon XIV est revenu sur l’éblouissement de cette cathédrale Notre-Dame de Paris qui, au sens propre, est renée de ses cendres ; et sur sa visite à Metz, ville symbole de la renaissance de l’Europe après le drame de la Seconde Guerre mondiale ; mais aussi sur ces catéchumènes adultes, désormais si nombreux, qui, comme une "belle surprise de Dieu", constituent un "signe de renaissance qui perdure dans l’Église de France".
Comment renaître sans une Mère ? Point n’est besoin d’être un grand théologien pour deviner le fil bleu conducteur du voyage pontifical : la Bienheureuse Vierge Marie. Celle qui, "à l’heure de la passion et de la mort, maintient allumée la lampe de la foi et de l’espérance". Celle dont la statue du XIVe siècle est demeurée intacte, immaculée, au milieu des décombres de la cathédrale incendiée. Celle qui fut honorée comme la Fontaine du Salut, lors de la messe célébrée à la Concorde. Celle que les malades viennent prier à Lourdes, "sanctuaire de l’espérance". La Femme vêtue de soleil, dont les douze étoiles forment le drapeau de cette Europe mise à l’honneur lors de l’étape lorraine du séjour du pape. Celle qui a "tant marqué le peuple de France de sa proximité". Celle enfin que le Salve Regina nous fait invoquer comme "spes nostra, notre espérance".
Le combat de l’espérance
Cette imprégnation mariale de tout le parcours pontifical n’est sans doute pas ce que les grands médias — même catholiques — retiendront en premier de cette visite de quatre jours. Pourtant tous ont souligné à juste titre le beau sourire, la bienveillance, l’écoute et l’incroyable douceur qui émanent de ce pape. Tous se sont émerveillés de la façon dont il a accueilli et béni enfants et nouveau-nés, dont il a écouté profondément les personnes victimes de violences cléricales. Tous ont reconnu et admiré dans le Pontife ces qualités si éminemment maternelles.
Ce ne serait déjà pas rien, si Léon XIV avait réussi à nous faire sortir de ces passions tristes et de ce « pessimisme stérile » que condamnait en termes vigoureux son prédécesseur François. Mais une fois arraché à cet écueil, gardons-nous de tomber dans une naïveté béate. C’est bien au combat de l’espérance que nous exhorte le pape à la suite de la Femme forte, Notre-Dame du Magnificat. Il ne suffit pas d’applaudir des deux mains ou de ressasser les merveilleux souvenirs de ces quelques jours euphoriques. Il faut nous engager résolument en répondant généreusement aux demandes du Saint-Père.
Prier le saint Rosaire
Or, en ces premiers jours d’octobre, mois du Rosaire, il y a une consigne que nous devons suivre absolument et urgemment. Écoutons la voix du pape qui nous dit (Angélus du dimanche 27 septembre dans la grotte de Massabielle) :
Je voudrais lancer un appel qui me tient particulièrement à cœur, me trouvant en ce lieu [dans la grotte de Lourdes]. C’est ici que la Vierge Marie est apparue à sainte Bernadette avec le chapelet et qu’elle a, pour ainsi dire, guidé sa prière. C’est pourquoi aujourd’hui, comme si je recevais d’elle cette demande, j’invite tous les fidèles et toutes les communautés chrétiennes à prier le saint Rosaire au cours du mois d’octobre prochain, avec l’intention particulière que cessent les guerres et que la paix s’instaure entre les peuples en conflit.
Ne demeurons pas les bras ballants à nous demander : "Que ferons-nous maintenant ? c’était si magique, ces temps avec le Pape, mais à présent ? comment ne pas céder à l’angoisse du quotidien ?" C’est simple : reprenons notre chapelet en main. À l’invitation de la Vierge relayée par le pape, récitons le Rosaire et confions à Marie, la cause de la paix dans le monde, dans notre pays, dans nos familles et dans nos cœurs. Marie, Notre-Dame du Rosaire, Reine de la Paix, priez pour nous !













