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Ils ont tendu leur bébé au Pape : ces parents racontent

8 min de lecture
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Crédit : LIONEL BONAVENTURE | AFP

Lors de la venue du Pape en France du 25 au 28 septembre, plusieurs parents ont tenté de lui présenter leur bébé lors de ses déambulations. Bénédiction, regard ou simple signe de croix : ces familles racontent ce que ces quelques instants ont représenté pour elles.

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Des bras tendus, des bébés hissés au-dessus des barrières et bénis par le Pape : ces scènes ont marqué les déambulations du pape Léon XIV lors de sa venue en France. Lors de ce week-end hors norme, certains parents ont vu leur enfant porté jusqu’à lui par un bénévole ou un membre de la sécurité. D’autres sont restés derrière les barrières, sans parvenir à lui présenter leur bébé. Mais pour tous, ces quelques instants avaient une signification particulière. Qu’ont-ils ressenti en voyant le Pape s’approcher de leur enfant ? Et que reste-t-il lorsque la rencontre n’a pas lieu ? 

Quand leur bébé rencontre le Pape

Une pancarte, un prénom et beaucoup d’espoir. Pour faire bénir son fils du même prénom que le Pape, Axelle avait tout préparé. Venue à la messe de Paris, elle s’est installée près des barrières, une heure et demie avant le début de la célébration. Sur le carton, quelques mots : "Je m’appelle Léon". La jeune maman raconte que le nom du Pape a joué lors du choix du prénom il y a quelques mois. Lorsque le souverain pontife a aperçu le message, il a semblé surpris et a demandé à s’arrêter pour bénir l’enfant. "J’étais très émue qu’il bénisse mon fils en connaissant son prénom", confie-t-elle à Aleteia. Le moment, vécu au milieu de la liesse et de la solidarité des personnes autour d’elle, a donné une intensité particulière à la messe qui a suivi : "Je l’ai vécu comme la bénédiction de notre famille, comme une protection divine." 

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Axelle tenant la pancarte “je m’appelle Léon” avant la bénédiction de son fils.

À Metz, Isabelle a elle aussi vécu une scène qu’elle n’oubliera pas. Sa fille, âgée de seulement six jours, devait initialement naître début octobre. Finalement arrivée plus tôt, elle s’est retrouvée sur le passage du Pape. Un membre de la sécurité a ensuite porté le nouveau-né jusqu’à lui. "Quand il l’a bénie, je l’ai vu nous chercher des yeux. Il nous a souri en faisant un signe de la tête. J’étais en larmes face à la beauté du moment", développe-t-elle. Pour elle, cette bénédiction est vécue comme "une grâce" et comme un encouragement à devenir une "sainte famille".

Isabelle, née il y a 6 jours, bénie à Metz.

Astrid, étudiante en ressources humaines, était de l’autre côté de la barrière. Reconnaissable à son tee-shirt jaune, elle s’était engagée comme bénévole lors de la messe à Paris. Lorsque la papamobile s’est arrêtée à trois mètres d’elle, elle a pu lui présenter André, âgé de trois mois. "Je tremblais d’émotion d’avoir vu le Pape d’aussi près et d’avoir réussi à faire bénir un petit être", glisse-t-elle. Ce jour-là, son rôle de bénévole lui a offert une rencontre qu’elle n’est pas près d’oublier. 

Astrid, bénévole et porteuse de bébés.

Une bénédiction qui dépasse la photo souvenir 

Pour ces jeunes parents, présenter leur bébé au pape Léon XIV ne relève pas seulement de la photo souvenir. Delphine, dont le fils Élie, 24 mois, a lui aussi été béni lors de la déambulation parisienne, parle d’une "prière exaucée". "On voyait le visage de Dieu dans le Pape : il nous a donné des enfants et c’est comme si on le lui rendait." Depuis, sa famille raconte chaque jour ce moment à son enfant. Elle retient également la parole prononcée par Léon XIV "n’ayez pas peur de fonder une famille", qu’elle aimerait transmettre plus tard à ses enfants. Isabelle, elle, compte imprimer la photo de la bénédiction de sa fille Sybille et écrire le récit de cette journée, afin de pouvoir le lui raconter lorsqu’elle sera plus grande. 

Elie, 24 mois, dans les bras d’un bénévole avant sa bénédiction.

Jacinthe, venue de Rouen avec son mari et leur fils Joseph, âgé de neuf mois, avait déjà un lien particulier avec le Pape. Lors de la bénédiction des jeunes mariés à Rome, le couple avait reçu sa bénédiction alors qu’elle venait d’apprendre qu’elle était enceinte. À Paris, lors de la déambulation avant la messe, ils espéraient donc vivre un nouveau moment avec lui. Mais il est passé sans s’arrêter. Trois mètres plus loin, il a béni François, un enfant handicapé de 9 ans. "Depuis ce week-end, on prie bien pour lui", glisse la jeune maman. Finalement, des bénévoles ont pris Joseph et sa cousine, âgée de dix mois, pour les présenter au Pape. Cette fois, les deux enfants ont été bénis. "On est rentrés très heureux, car c’est une joie qui vient de Dieu. La grâce d’avoir été bénie s’est diffusée dans notre famille", témoigne Jacinthe.

Jean-Romain, lui, était venu aux Champs-Élysées avec son fils Barthélémy, quatre ans, atteint d’une insuffisance intestinale chronique depuis un an. Pour la famille, les déplacements sont devenus plus complexes, mais elle a réussi à franchir les barrières de sécurité et à se placer au plus près du passage du pape. Ce dernier s’est d’abord arrêté à leur hauteur pour bénir plusieurs bébés, avant de repartir. Puis la papamobile s’est arrêtée une nouvelle fois. Une bénévole a alors porté Barthélémy jusqu’au pape. Jean-Romain garde surtout en mémoire l’échange de regards entre son fils et Léon XIV. "Le regard de Barthélémy disait au Pape : “Ne me laisse pas tomber”. Et le regard du Pape, très tendre, portait comme message : “Je ne t’ai pas oublié et je te protège”", raconte-t-il. Après une année éprouvante, marquée par la maladie de leur enfant et une certaine lassitude dans leur foi, cette rencontre a été vécue comme un encouragement : "Ce moment nous a revigorés dans notre foi." À leur retour, une autre surprise les attendait : une rose avait poussé dans leur jardin, alors que leur jardin avait été durement marqué par la canicule de l’été. Pour la famille, ce détail a pris une résonance particulière.

Pas de bénédiction, mais un moment gravé 

Lorsque le Pape ne s’arrête pas, la rencontre peut prendre une autre dimension. Éléonore, âgée de 24 ans, était venue à Paris depuis le sud de la France avec sa fille âgée de deux mois. Lors de la déambulation dans les rues de Paris, elle a pris place près des barrières avec d’autres parents et une bénévole les a aidés à se positionner pour maximiser leurs chances. Lorsque la papamobile est arrivée, elle a tendu son enfant, mais le Pape a continué son chemin. "Je n’ai pas été déçue car il a quand même fait un signe de croix dans notre direction". Pour elle, présenter son bébé au Pape, c’était aussi demander une forme de confirmation dans sa mission de mère : "Comme s’il nous disait : “Je vous soutiens dans votre rôle.”"

Émilie, elle, a tenté sa chance à deux reprises avec sa fille de trois mois. Lors de la déambulation du vendredi, le pape Léon XIV ne s’est pas arrêté, mais l’a regardée droit dans les yeux en faisant un signe de croix. Le lendemain, elle s’est faufilée avant le début de la messe jusqu’à la barrière pour une nouvelle tentative. Sans succès, là encore. "J’étais un peu déçue qu’il ne s’arrête pas pour la bénir, mais profondément touchée par son regard, même si ça n’a duré qu’à peine deux secondes." La jeune mère avait pourtant hésité à venir à la messe avec son mari, leur fille de deux ans et leur bébé, par peur de l’épuisement. Elle ne regrette désormais plus leur choix : "Au-delà de la bénédiction de notre fille, on a vécu un moment extraordinaire de foi, de prière et de recueillement."

Ces images d’enfants bénis ont ainsi concentré une partie de l’émotion du voyage : celle de parents venus présenter leur enfant au successeur de Pierre, certains repartant avec une bénédiction, d’autres avec un simple regard ou un signe de croix, mais tous avec le sentiment d’avoir vécu un moment qu’ils pourront raconter à leur enfant plus tard.