Rares sont les lieux où l’on peut vénérer la mémoire de saint Charles de Foucauld. Si une chapelle lui a été dédiée à Nîmes en septembre 2025 par le 2ᵉ Régiment étranger d’infanterie, elle accueille surtout les légionnaires et leurs familles. Mais depuis dimanche 27 septembre, une autre chapelle dédiée au "frère universel", entièrement rénovée, a vu le jour en plein cœur de Paris, dans l’église Saint-Augustin. Baptisée "Chapelle de la Conversion", elle est située à l’endroit exact où Charles de Foucauld s’est confessé à l’abbé Henri Huvelin fin octobre 1886. Le jour de l’inauguration de la chapelle, une soixantaine de membres de la famille de Charles de Foucauld était présente. Parmi eux, Christel Kibort, qui a des aïeux communs avec le saint.
"Nous avons "adopté" un ange"
"Toute la famille n’a pas pu être présente à l’inauguration de la chapelle mais tous ont contribué à son érection", raconte Christel Kibort, paroissienne de Saint-Augustin, qui a œuvré pour mobiliser sa famille pour la rénovation de la chapelle. "Il y a eu un véritable engouement familial, c’était un projet qui nous tenait à cœur, cela a suscité de joyeux échanges", confie celle qui a fait le lien, depuis le démarrage du projet en décembre 2024, entre la famille et l’avancée des travaux. "Contribuer à des signes concrets de la vie et de la spiritualité de Charles de Foucauld nous porte et nous aide à nous rapprocher de lui", confie-t-elle. Christel Kibort a ainsi sollicité sa famille pour effectuer des dons et cette dernière a répondu présente. "Nous avons "adopté" un ange - cela représentait un don raisonnable pour chacun – et nous avons choisi d'installer un ex-voto signé "Famille de Foucauld", un symbole fort pour nous puisqu’il manifeste que notre famille, dans les pas de Charles de Foucauld, continue à garder la foi."

C’est par hasard que Christel Kibort est devenue paroissienne de l’église dans laquelle le saint s’est converti il y a 140 ans. "Nous nous sommes installés dans le quartier en 2008, je savais que Charles de Foucauld s’était converti à Saint-Augustin, mais à l’époque, on ne parlait pas beaucoup de lui, même s’il y avait déjà un oratoire qui lui était dédié avec la présence réelle", se souvient Christel Kibort. "Depuis sa canonisation en 2022, Charles de Foucauld prend encore plus de place à Saint-Augustin. La chapelle est une initiative du père Xavier Lefebvre, mise en œuvre par le curé actuel, le père Thibaut de Rincquesen".
Un saint difficile à suivre !
Lorsque nous demandons à Christel Kibort si Charles de Foucauld est présent dans son quotidien, la réponse est rapide et sincère : "Affectivement oui, mais spirituellement, c'est plus exigeant !". "Il est présent dans la famille depuis toujours, je le côtoie depuis que je suis née, nous avons accès à des archives, à des documents de famille… Mais de là à en être vraiment proche, ce n’est pas évident, parce qu'il est le saint de la conversion, de la charité, il invite à convertir son cœur. Il touche à la dimension spirituelle, ce n’est pas pareil qu’avec saint Antoine ou sainte Rita ! Mais depuis qu’il est saint, quelque chose s'est réveillé en moi et je me suis rapprochée de lui", confie-t-elle.
Un lieu où recevoir une grâce de conversion
Il existait déjà un oratoire dans l’église Saint-Augustin à l’endroit où Charles de Foucauld s’est converti. La chapelle offre désormais un nouveau lieu de prière, abritant des reliques du saint offertes par Benoît XVI, le confessionnal où il s’est agenouillé lors de sa confession et une statue en bronze à taille réelle réalisée par l'artiste Daphné du Barry. Un lieu dédié, en plein cœur de Paris, à tous ceux qui souhaitent recevoir une grâce de conversion, à l’instar de saint Charles de Foucauld il y a 140 ans, ou demander la conversion d’un proche.

Dans sa méditation du 8 novembre 1897, Charles de Foucauld se remémore ce jour d’octobre 1886 qui a changé sa vie : "En me faisant entrer dans son confessionnal, un des derniers jours d’octobre, entre le 27 et le 30, je pense, vous m’avez donné tous les biens, mon Dieu : s’il y a de la joie dans le ciel à la vue d’un pécheur se convertissant, il y en a eu quand je suis entré dans le confessionnal ! Quel jour béni, quel jour de bénédiction ! Vous m’avez mis sous les ailes de ce saint [l’abbé Henri Huvelin, ndlr], et j’y suis resté. Vous m’avez porté par ses mains et ce n’a été que grâces sur grâces. Je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me confesser, et m’envoya communier séance tenante."













