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“Pape Léon, nous vous attendions” : le message des plus fragiles

5 min de lecture
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Crédit : Aleteia

L’aumônier général du Secours catholique raconte la rencontre à Lourdes entre Léon XIV et des personnes vivant dans la précarité. Quand l’espérance ne vient pas simplement des grandes foules mais de ces liens multiples, humblement cultivés, avec les plus faibles.

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Qui attendait le plus la rencontre avec Léon XIV ? Peut-être Rosenn, Michel, Barbara et d’autres, qui lui ont écrit : "Nous vous attendions et nous sommes fiers de vous rencontrer." Ces mots ont été confiés par Sophie au Pape, lorsqu’elle lui a remis un Livre de Vie, lors d’un entretien privé que Léon XIV a accordé, ce dimanche 27 septembre après-midi, à plusieurs dizaines de personnes en précarité, avec des associations qui les accompagnent au quotidien. Cette rencontre a eu lieu à Lourdes, où de nombreux mouvements s’engagent avec les personnes marquées par la fragilité ou la pauvreté. C’est le cas du Secours catholique, à travers la Cité Saint-Pierre : située à Lourdes, elle accueillait ce dimanche cinq cents pèlerins et bénévoles, venues à la rencontre du pape. 

Le "premier miracle" de Lourdes

Lors de ce rendez-vous avec les personnes en précarité, avant d’aller rejoindre les religieuses contemplatives, le pape a parlé du "premier miracle" de Lourdes : la rencontre et l’accompagnement des personnes précaires et fragiles — une rencontre empreinte de "générosité", de "dévouement" et de "proximité", selon ses termes.

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Le "premier miracle" de Lourdes, c’est peut-être cela : des personnes qui, elles-mêmes, endurent des galères et des souffrances, deviennent capables de soutenir, d’aider, d’accompagner…

Bien entendu, ces mots encouragent tous les mouvements qui, au quotidien, cheminent avec des personnes ou des familles sans ressources : cette proximité fraternelle est au cœur de ce qu’essaie de vivre le Secours catholique. Mais ces phrases sont d’autant plus marquantes qu’elles étaient destinées à un groupe composé majoritairement de gens qui, eux-mêmes, connaissent la précarité. Le "premier miracle" de Lourdes, c’est peut-être cela : des personnes qui, elles-mêmes, endurent des galères et des souffrances, deviennent capables de soutenir, d’aider, d’accompagner… Elles suivent les traces de Bernadette Soubirous, issue d’une famille plongée dans la misère et dans la honte, devenue un témoin de Dieu pour des millions de pèlerins et de croyants.

Une force de vie 

C’est bien cela qu’ont exprimé les auteurs du Livre de Vie. Plusieurs de ces personnes, accompagnées par le Secours catholique à Pau et en région toulousaine, ont médité la devise du voyage pontifical, tirée de l’évangile selon saint Jean : "Pour que le monde ait la vie." L’une d’elle a ainsi écrit au pape dans le Livre de Vie : "J’ai en moi une force de vie plus forte que la mort quand je suis au plus bas." Cette phrase adressée au pape concentre bien des aspects du chemin spirituel vécu par les personnes en précarité : il y a des temps très bas, tout en bas, et des violences qui, sans cesse, y renvoient les personnes. Comme l’a écrit l’une d’entre elles, elles ont "commencé à chercher Dieu dans les questions et les difficultés". Mais elles témoignent aussi d’une force impressionnante qui tient aux rencontres, aux relations, ainsi qu’à leur prière et leur confiance en Dieu. Ainsi, dans leur rencontre avec le pape, leurs galères n’ont pas disparu, mais elles ont montré qu’on ne pouvait les réduire à leurs souffrances ou à leurs épreuves, ni à des étiquettes collées sur leurs existences.

Le message des prisonniers

Un second ouvrage a été remis au pape, composé par des détenus qui, depuis des prisons proches de Lourdes, voulaient s’adresser à Léon XIV sans pouvoir le rencontrer physiquement. Cela a permis d’inclure ceux qui, sinon, auraient été maintenus au-dehors : eux aussi attendaient cette rencontre. 

À travers ce temps passé avec le pape, apparaît un visage discret de l’Église : ni brillant ni éclatant, il tient dans des relations d’amitié, de fraternité, suffisamment solides pour croire que les prisonniers ont un message à adresser au pape, et pour faire parvenir celui-ci sous la forme d’un livre magnifiquement décoré. Avant de recevoir le livre, Léon XIV a assuré les participants que leur témoignage était "irremplaçable", en osant dire que leur engagement opérait un "renouvellement de l’espérance". Ce n’est pas un des moindres paradoxes de cette visite : l’espérance ne vient pas simplement des grandes foules ou des immenses célébrations, elle se donne dans ces liens multiples, humblement cultivés jour après jour. 

L’espérance venue du "plus bas"

En disant cela, Léon XIV ne faisait allusion à aucun geste extraordinaire, mais à la proximité et à la générosité du quotidien. Il a discerné, dans ces rencontres si simples, ce qui peut "renouveler l’espérance" d’une humanité divisée, menacée, parfois fatiguée : cette espérance qui s’avère "plus forte que la mort" vient souvent du "plus bas". Afin que le successeur de Pierre en témoigne devant Rosenn, Michel ou Barbara : "Pape Léon, nous vous attendions".