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Éduquer son regard à la beauté, ça s’apprend ! 

5 min de lecture
Éduquer son regard à la beauté, ça s’apprend !

Crédit : Pascal DEloche | GoDong

Plutôt que de déplorer l’affaissement de notre civilisation chrétienne, n’est-il pas plus fécond de contempler et faire connaître les trésors artistiques qu’elle a engendrés ? C’est le pari que fait l’association Ichtus en proposant des Parcours d’Apprendre à voir centrés sur la peinture, l’architecture et la sculpture.

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Bien que conquise par le Christ suite à plusieurs expériences mystiques, la philosophe Simone Weil garda toujours ses distances avec l’Église catholique, par trop bourgeoise à ses yeux. Tout en confessant son attirance pour le christianisme : "C’est tellement beau que ce doit être vrai !"

Toucher les cœurs avant les intelligences

En un temps où l’image, l’immédiateté et la sensibilité priment largement sur le raisonnement, la doctrine ou l’exposition des faits, miser sur la force d’entraînement de la Beauté paraît plus opportun que jamais. 

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Dans les années 1970 déjà, Jean Ousset (1914-1994), fondateur en 1947 de l’association la Cité Catholique, ancêtre d’Icthus centrée sur la formation d’une élite chrétienne dans toutes les strates de la société, avait pris la mesure de l’enjeu culturel.

Après vingt-cinq années à enseigner la doctrine sociale de l’Église à tous les laïcs désireux de restituer à la France son identité chrétienne, il lui était apparu que ce corpus rebutait par sa sécheresse. Et ne pénétrait plus tous les milieux tant le poids de l’image et de la sensibilité gagnaient du terrain. Intuition confirmée par l’expérience, Ousset ayant lui-même testé dans des cercles éloignés de l’Église un embryon de cycle culturel à partir de projections de diapositives.

Doté d’un tempérament d’artiste et féru de peinture et sculpture, il écrivit un ouvrage intitulé A la découverte du beau (1971), bréviaire de plusieurs générations de cadres chrétiens formés par Icthus, a fortiori des "animateurs culturels". C’est-à-dire des auteurs et promoteurs de parcours d’Apprendre à voir et à écouter des œuvres d’art, élaborés par Ousset il y a 50 ans, sans cesse étoffés et actualisés depuis- avec toutes les possibilités offertes par le numérique.

Mieux regarder pour mieux juger

Thérèse Monniaux, retraitée d’une mission ecclésiale en Sologne et ancienne permanente d’Ichtus, engagée depuis toujours dans l’action culturelle -au même titre que Sophie Roubertie et Valéry d’Aubigny, plumes familières d’Aleteia- est de ceux-là. "Il ne s’agit pas d’histoire de l’art, précise-t-elle, mais d’une approche basée sur l’observation visuelle ou auditive. L’œuvre parle d’elle-même, indépendamment du discours savant que l’on peut élaborer autour."

Si tant est que l’on prenne le temps de bien la regarder. "C’est vrai qu’à l’heure du zapping, s’arrêter sur une image n’est plus aussi évident qu’avant constate Claire-Estelle, maman de quatre enfants. D’où mon inscription à la session consacrée à la peinture. J’y ai appris à aimer des tableaux qui au premier abord ne m'enchantaient pas et à affiner mon regard, en entendant les autres partager ce qu'ils voyaient. On ne prête pas d’emblée attention aux mêmes choses."

Ainsi, la méthode suscite l’esprit critique, les parcours proposés offrant des comparaisons pour permettre de différencier le chef-d’œuvre de l’œuvre de moindre envergure, voire du banal ou du laid. "Grâce aux deux sessions que j’ai suivies, se réjouit Béatrice, jeune grand-mère parisienne, je me sens beaucoup plus à même de transmettre avec des mots simples à mes petits-enfants quelque chose du patrimoine qui nous entoure. En Haute-Savoie où nous passons l'été, je m’en donne à cœur joie, tant les chapelles et petits oratoires pullulent."

Le week-end auquel Thibault B., ingénieur militaire d'infrastructure en région parisienne, a participé porte aussi des fruits au long cours auprès de sa famille : "On peut avoir une lecture binaire des monuments : “c’est joli”, “c’est moche”, analyse-t-il. Cette formation m'a permis d'approfondir mon jugement en y apportant plus de nuances. Depuis, j’ouvre les yeux de mes enfants à une meilleure compréhension des œuvres et à l’émerveillement".

La beauté, un fortifiant incomparable

C’est là la mission essentielle de l’Apprendre à voir et à écouter : susciter l’émerveillement devant la multitude d’œuvres d’art nées du christianisme, assise de la civilisation occidentale et quintessence de la Civilisation avec un grand C.

Pour peu qu’il ne soit pas dénaturé, là où passe le christianisme germent plus d’humanité, de convivialité, de justice, de beauté, de soif d’absolu, en un mot d’amour. "Sans définitions préalables, assure Thérèse la formatrice, on expérimente que la beauté fait du bien, nourrit, tonifie et élève." Claire-Estelle confirme : "Je suis ressortie de ce week-end comblée. Nourrie profondément et de l'intérieur par le Beau. Quel bonheur de passer deux jours entiers à contempler des chefs-d'œuvre et à communier avec d'autres dans une même admiration !"

Pratique

Trois sessions sont prévues pour 2026-2027 (9h30-16h30, Paris XVIIe.)
Vendredi 9 et samedi 10 octobre 2026 : Apprendre à voir par la peinture.
Samedi 16 et dimanche 17 janvier 2027 : Apprendre à voir par la sculpture.
Samedi 20 et dimanche 21 mars 2027 : Apprendre à voir par l’architecture.
Renseignements : [email protected] – 06 22 08 82 11.