Un regard plein de douceur pour Calixte, un éclat de rire partagé avec Mayalène : au Stade de France, le frère et la sœur ont vécu avec Léon XIV quelques secondes aussi inattendues qu’inoubliables. Mayalène et Calixte, âgés de 22 et 17 ans, n’ont appris que deux semaines avant l’arrivée du Pape, qu’ils participeraient à la veillée des jeunes au Stade de France le 25 septembre. "Mayalène, tu veux être sur scène avec ton frère ?", lui demande alors sa maman, encore remuée par l’annonce. La mission est simple : veiller sur Calixte, aujourd'hui en rémission après avoir passé deux ans à l’hôpital à la suite d’un cancer des os. La maladie a laissé des traces : il ne se déplace plus qu’en béquilles ou en fauteuil roulant.
Aucune autre information ne leur est transmise, si ce n’est que Calixte pourra saluer et échanger avec Léon XIV. Une déclaration qui le dépasse et qu’il tente de contenir, de peur qu’elle ne soit finalement pas vraie : "J’essayais de me dire : non Calixte, tu ne vas pas pouvoir lui parler", confie-t-il à Aleteia. Les deux frères et sœurs n’en mesurent pas encore l’ampleur. Jusqu’à ce que le prêtre chargé de les accueillir leur désigne leur emplacement : “Je vais être assis sur cette chaise ? La plus proche du Pape ?”, se dit alors le jeune homme intérieurement.
Une veillée hors norme
Si Calixte devait qualifier cette veillée, ce serait un "aimant d’amour vers le Pape", assure-t-il avec force. Mayalène, elle, observe depuis son siège ces 80.000 jeunes réunis dans le Stade : "Chacun a une histoire personnelle avec Jésus, c’est fou !" Et lorsque Léon XIV reprend les paroles de saint Paul, "la star de [s]a vie", elle ne peut retenir ses larmes.
Puis vient le moment tant attendu. Calixte, accompagné de quatre autres jeunes, se lève pour saluer le Pape. Un moment aussi court qu’un café ristretto ! Dix à quinze secondes seulement, et pourtant le Pape lui murmure quelques mots d'une telle intensité, qu’il les conservera longtemps dans son cœur. Mais, plus encore que les paroles de Léon XIV, qu’il ne souhaite pas dévoiler, c’est son regard qui a frappé Calixte : "La douceur quand son regard s’est posé sur moi. Tout doux, plein d’amour."

Mayalène, quelques sièges plus loin, est alors prise au dépourvu. On lui tend une statuette de la Vierge Marie à remettre au Pape. Cela fait dix minutes qu’elle se fait des nœuds au cerveau pour trouver le courage de l'approcher, sans jamais oser : "Le bon Dieu est sacrément fort !", se dit-elle en souriant intérieurement. Tout va alors très vite. Le cœur battant, elle avance vers le Pape avec deux autres jeunes. Et justement, en parlant de nœud, la suite prend une tournure inattendue : le Pape fait tomber un nœud de palmier dans les "froufrous du cardinal". Mayalène se baisse pour le ramasser, lui remet, la main tremblante, et sous l’effet du stress, lui glisse une blague. Il rit. "J’ai fait rire le Pape, gros flex !"
Une foi fortifiée par les épreuves
"Dieu c’est toute ma vie", assure la jeune femme avec force. Élevée dans une famille catholique pratiquante, elle a vu sa foi évoluer après le décès de leur père, alors qu’ils étaient enfants. À l’époque, elle ne comprend cette épreuve que par cette pensée : "Dieu ne m’aimait pas". À 18 ans, tout bascule lors d’une procession eucharistique : "J’ai ressenti un câlin de Dieu", assure-t-elle. Et Mayalène de reprendre : "Il a un sens de l’humour hilarant le bon Dieu !" Depuis, "Jésus est devenu mon meilleur ami, mon frère. Mais surtout un Père". Une présence qu’elle dit ressentir chaque jour.
La maladie de Calixte a également fortifié sa foi. Au fil des différents hôpitaux fréquentés, il a appris à relativiser : "En étant à l’hôpital, j’ai compris qu'il y avait toujours pire que notre épreuve à nous. Ça fait relativiser." La foi est devenue un pilier : "Beaucoup de personnes malades ne connaissent pas Dieu, et moi j’ai cette chance. Cette chance d’espérer, de croire que Dieu va nous sauver." Une épreuve qui lui a surtout appris "à demander l’aide du Seigneur".
"Je me bats pour aujourd’hui"
Fort de ce moment avec le Pape, Calixte veut désormais soutenir les jeunes qui traversent la même épreuve : "J’aimerais leur apporter du courage, leur dire de ne jamais cesser de se battre et de toujours croire en la guérison". Sa philosophie : "Je me bats pour aujourd’hui, et demain, je me battrai pour demain." Pour Mayalène, qui a serré et embrassé la main du Pape, plus question de rigoler : "Tout ce qui sort maintenant de ma bouche est beau et tout ce que je fais de mes mains est bon !"



![[EN IMAGES] Au Stade de France, une veillée de prière hors-norme](https://img.aleteia.org/tr:w-1200,h-720,q-75/uploads/2026/09/ambiance-stade-de-france-000_C9DY6YM.jpg)









