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Porteurs de reliques, figurants, chef de chœur… ils ont donné du souffle au Stade de France

Ils étaient figurants, porte-bannières, choristes, musiciens ou organisateurs. Dans l’ombre du spectacle qui a ébloui bien au-delà des 80.000 jeunes réunis au Stade de France pour la veillée avec le Pape, des centaines de bénévoles ont donné de leur temps, de leur énergie et de leur foi. Rencontre avec quelques-unes de ces "petites mains" qui ont contribué à faire de cette soirée un moment inoubliable.

9 min de lecture

Source: JB.Delerue | Diocese of Paris

Pope Leo XIV watches a theatrical spectacle in ten tableaux depicting French saints and virtues during a prayer vigil with young people at the Stade de France stadium in Saint-Denis, on the outskirts of Paris, on September 25, 2026, as part of his four-day visit to France; the performance depicts the lives and virtues of French saints.

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Dans l'enceinte du stade de France où se sont rassemblés 80.000 jeunes pour une veillée de prière avec le Pape, une nouvelle clameur retentit. Cette fois-ci, elle exprime de l'étonnement : de part et d'autre du stade, des chevaux sortis de nulle part se sont élancés. Débute alors un spectacle inattendu, où l'histoire de France est mise à l'honneur à travers ses grandes figures de sainteté dans un véritable tableau vivant. L'enthousiasme est décuplé lorsque Jeanne d'Arc apparaît, suivie de ses chevaliers.

Le Pape lui-même, accueilli précédemment en triomphe par une jeunesse survoltée, se montre touché par cette mise en scène. "Vous êtes les saints de France !" s'écrie-t-il dans un élan spontané, visiblement ému. "J'ai vu distinctement le Pape qui avait les yeux humides et à l'avant, de nombreux jeunes eux aussi bouleversés", témoigne auprès d'Aleteia Thibault Despierres. Cofondateur de Chérubins, une plateforme d'histoires audio chrétiennes pour les enfants, ce jeune homme de 28 ans a assisté Jean-Baptiste Darantière dans son travail de direction artistique de la veillée. Il fait partie de ces "petites mains" qui ont contribué, par leur investissement, à rendre cette veillée exceptionnelle.

Son travail : recruter des figurants (environ 300); organiser les répétitions, faire en sorte que volontaires et chevaux partent au bon moment... "C'est une organisation millimétrée. Tout se joue à la seconde près, on n'a pas le droit à l'erreur sur ce type de prestation", commente Thibault Despierres.

Parmi les figurants, Pauline, 23 ans, étudiante en communication. La jeune femme a incarné une Parisienne entourant sainte Geneviève face aux Huns. Pour endosser ce rôle, elle a réalisé deux grandes répétitions, une la semaine qui a précédé l'événement, et une la veille, dans l'enceinte même du stade de France. Le tout dans le plus grand secret, l'objectif étant de susciter la surprise le jour J. Un effet parfaitement réussi. "Je me souviens encore de l'ovation qu'il y a eu dans le stade, personne ne s'y attendait", se remémore Pauline. "J'ai encore un peu de mal à réaliser que tout cela a vraiment eu lieu. C'était vraiment une expérience hors du commun".

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Un spectacle historique et spirituel a mis à l'honneur les figures de sainteté de la France.

Amaury a quant à lui incarné un moine avant de porter les bannières de Notre-Dame de Paris et sainte Thérèse de Lisieux. Pour le jeune homme, cette participation à la veillée des jeunes est avant tout un moment de grâce dans son parcours de foi. "Je suis baptisé et j'ai fait ma première communion tout comme ma confirmation. Mais je n'étais pas un grand convaincu. C'est un ami qui m'a proposé de venir à la messe. Ensuite j'ai vécu une véritable expérience de conversion à Lourdes", raconte Amaury. C'est donc sur cette lancée qu'il décide de se proposer comme volontaire pour être figurant et porte-bannière à la veillée des jeunes. "C'était une façon incarnée de vivre ma foi. On ne participe pas vraiment à la veillée comme les autres car on est concentrés sur notre performance, mais on la vit quand même dans notre cœur. Et on était si proches du Pape ! J'ai pu voir son regard admiratif. Il avait des étoiles dans les yeux", assure Amaury.

Une "armée de saints" et de reliques

Pour compléter cette grande fresque de la sainteté française, les organisateurs de la veillée avaient convoqué... les saints eux-mêmes. En procession, de jeunes volontaires ont porté les reliques de plusieurs saints, de Geneviève à Jeanne d'Arc, en passant par la petite Thérèse, Vincent de Paul ou encore Pauline Jaricot. François faisait partie de cet impressionnant cortège. Il portait les reliques (des ossements, NDLR) de sainte Marguerite-Marie Alacoque, accompagné d'Augustin et des reliques de saint Claude de la Colombière, ce prêtre jésuite confesseur de la Visitandine et lui-même apôtre du Sacré-Cœur de Jésus.

«C'est sûrement l'une des rares fois où 60 reliques de saints étaient exposées côte à côte au même endroit. »

Ce jeune avocat avait déjà porté les reliques de la sainte lors des Journées mondiales de la jeunesse, à Lisbonne. C'est à la demande du père Étienne Kern, recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial qu'il a réitéré l'expérience lors de la veillée des jeunes avec le Pape. Pour des raisons aussi bien canoniques que juridiques, François s'est vu délivrer une dérogation l'autorisant à transporter ces précieuses reliques, qui lui ont été remises le vendredi midi par le recteur en personne avant d'être exposées au stade de France pour un moment de prière et de recueillement. "C'est sûrement l'une des rares fois où 60 reliques de saints étaient exposées côte à côte au même endroit. J'ai été marqué par tous ces saints de France qui ont fait l'expérience de la vie du Christ. Ce sont des exemples de foi et des trésors pour notre génération", témoigne ainsi François, qui invite tous ceux qui ont découvert sainte Marguerite-Marie dans le stade à venir à Paray-le-Monial. "Venez prendre le temps de faire l'expérience de l'amour du Cœur de Jésus et de son infinie miséricorde."

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Parmi les reliques apportées pour la veillée, celles de sainte Jeanne d'Arc. Ici, une relique de Thérèse de Lisieux, devant la bannière de Jeanne d'Arc.

"C'était très fort de voir tous ces jeunes réunis autour de ces reliques. On parle tout le temps de la communion des saints, là, c'était concret : le Ciel et la terre étaient réunis dans ce stade", affirme elle aussi Clémence qui portait les reliques de bienheureuse Pauline Jaricot pour le diocèse de Lyon. "C'est une femme très inspirante qui ressemble à peu d'autres dans l'histoire de l'Église", remarque la jeune femme. Selon elle, la conversion de Pauline Jaricot, née dans un milieu bourgeois très aisé aux valeurs profondément catholiques, peut inspirer aujourd'hui une partie de la jeunesse : "Elle a consacré toute sa vie au Seigneur et sans se retirer du monde, elle s'est engagée pleinement dans la société. En cela, elle est un véritable exemple."

2.500 chanteurs, un orchestre et un chef de chœur

Mais qu'aurait été cette veillée sans la musique ? En dehors du prologue où se sont succédé sur scène Monroe, Les Guetteurs ou encore le célèbre groupe Glorious, un chœur de plus de 2000 chanteurs a réalisé une performance tout simplement inoubliable. Réunis par l’association Ecclesia Cantic, tous se sont retrouvés pour de longues heures de répétition avec leur chef de chœur, Alexis Duffaure. Ce dernier a réalisé l'impressionnante performance de diriger non seulement un chœur de 2.500 choristes avec lesquels il n'avait jamais travaillé, et de mener avec le même entrain et le même dévouement l'orchestre. Le tout avec des partitions parfois spécialement créées pour l'occasion, comme ce fut le cas pour la litanie des saints. "Nous avons commencé à travailler sur la veillée début juillet. Une fois les partitions créées, il a fallu tout enregistrer pour que chacun puisse commencer à réviser avec sa voix", relate Alexis Duffaure. Sans compter les innombrables changements de dernière minute : "par exemple, une procession a été rallongée d'une minute, il a donc fallu réécrire la partition pour faire durant le chant qui allait avec". Le défi du son au stade de France est tel que nombreux sont ceux qui avertissent Alexis Duffaure, lui conseillant de pré enregistrer la musique afin de la déclencher sur enceintes. Pas question, tranche le chef de chœur. "Je voulais de la musique vivante."

Le jour J, la puissance des ovations résonnant au sein du stade change pourtant la donne. "On ne s'entendait plus jouer. C'était un moment d'euphorie pour tous mais il fallait rester très concentrés." Le chef de chœur se dit malgré tout très satisfait du résultat. "Tout le monde a extrêmement bien travaillé. J'ai pu m'approprier le chœur et créer une unité assez facilement malgré les conditions, et c'est en grande partie grâce aux musiciens et chanteurs", assure Alexis Duffaure, qui remarque que "ce soir-là, nous avons montré que la pop louange et le grégorien pouvaient cohabiter".

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Choristes lors de la veillée des jeunes au Stade de France.

"La preuve avec le Salve Regina, chanté a cappella avec tous les jeunes présents. Je pense que ce moment restera dans les annales." Ce moment particulier, certainement… Mais pas seulement. Car, quelques jours après, une autre impression s’impose déjà à Alexis Duffaure comme à Pauline, François ou Amaury : celle d’avoir vécu un instant rare, presque hors du temps. Et tandis que résonne encore le souvenir de cette soirée au Stade de France, une certaine nostalgie de "l’effet Léon XIV" commence déjà à se faire sentir.