Aller au contenu principal

Cinéma : “Délivre-nous du Mal”, l’exorcisme loin des clichés

6 min de lecture
"Délivre-nous du Mal", en salles ce 30 septembre, donne longuement la parole à des prêtres exorcistes pour expliquer leur ministère, son histoire, ses fondements bibliques et la manière dont l’Église catholique entend discerner les situations qui relèvent ou non d’une éventuelle possession.

Crédit : SAJE Production

"Délivre-nous du Mal", en salles ce 30 septembre, donne longuement la parole à des prêtres exorcistes pour expliquer leur ministère, son histoire, ses fondements bibliques et la manière dont l’Église catholique entend discerner les situations qui relèvent ou non d’une éventuelle possession.

Et si l’exorcisme n’avait rien à voir avec les scènes terrifiantes du cinéma ? En donnant la parole à ceux qui exercent ce ministère au sein de l’Église, le documentaire italien "Délivre-nous du Mal", en salles ce 30 septembre, propose de découvrir une réalité faite de prière, de discernement et de foi.

Partager sur :

Cris, lévitations, objets qui volent, visages défigurés et affrontements spectaculaires avec le démon : le cinéma a largement contribué à façonner notre imaginaire de l’exorcisme. De L’Exorciste à ses nombreuses déclinaisons, la possession est souvent devenue un spectacle horrifique. Délivre-nous du Mal, en salles ce 30 septembre, prend volontairement le chemin inverse. Le documentaire italien donne longuement la parole à des prêtres exorcistes pour expliquer leur ministère, son histoire, ses fondements bibliques et la manière dont l’Église catholique entend discerner les situations qui relèvent ou non d’une éventuelle possession. Un long-métrage réalisé avec l’aide de l'Association Internationale des Exorcistes (AIE), association pontificale fondée en 1994 dont la mission est de former les prêtres au rite de l'exorcisme.

Démystifier l’exorcisme

Le film commence par une présentation de l’origine du mal et de Satan, à partir notamment des explications de prêtres exorcistes et de références bibliques. Il revient ensuite sur les différentes formes que peut prendre, selon la tradition catholique, l’action extraordinaire du démon. Mais l’ambition du documentaire n’est pas de faire frissonner. Elle est au contraire de défaire les clichés. On découvre ainsi comment un prêtre se prépare à célébrer un exorcisme, le rôle des personnes qui l’assistent et prient pour la personne concernée, ainsi que le déroulement du rituel. Certaines scènes d’exorcisme sont reconstituées à partir de situations présentées comme réelles. Le film insiste sur un point essentiel : l’efficacité de l’exorcisme ne réside pas dans une formule magique. Comme pour les autres rites de l’Église, elle ne peut être comprise indépendamment de la foi et de l’obéissance à l’institution. Le prêtre n’est pas présenté comme un "spécialiste du surnaturel" agissant par ses propres forces : c’est le Christ qui agit. Là où le cinéma d’horreur met souvent en scène un duel entre le prêtre et le démon, Délivre-nous du Mal présente plutôt le ministère de l’exorciste comme un service ecclésial, profondément lié à la prière et aux sacrements.

Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !

Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.

Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.

Faire un don

Quand un exorciste devient moins assidu dans la prière, il va combattre avec un ennemi en étant désarmé.

L’un des aspects les plus intéressants du film est peut-être justement ce  portrait qu’il donne de l’exorciste. Loin de l’image du prêtre héroïque affrontant seul les forces du mal, celui-ci apparaît comme un homme qui doit cultiver une profonde humilité. Sa force ne vient pas de lui-même. Il est présenté comme un pauvre qui demande la libération d’une personne à Dieu. Le documentaire rappelle les qualités nécessaires à celui qui reçoit cette mission. "L’objectif du démon est de détruire l’exorciste. C’est pour cela qu’il doit être assidu spirituellement. Quand un exorciste devient moins assidu dans la prière, il va combattre avec un ennemi en étant désarmé", explique l’un des prêtres.

Une mise en garde contre l’occultisme

Le documentaire dénonce les pratiques occultes, le spiritisme et des pratiques cherchant à entrer en contact avec les morts. Les prêtres exorcistes interrogés expliquent bien que ce qui est pris pour une communication avec un défunt est un dialogue avec des démons. Une autre affirmation mérite d’être soulignée : le sacrement de la réconciliation est présenté comme plus puissant qu’un exorcisme. Cette remarque permet de comprendre la logique profonde du documentaire. L’exorcisme n’est pas présenté comme une pratique extraordinaire recherchée pour elle-même. Il s’inscrit dans une vie chrétienne où la prière, les sacrements et la conversion occupent une place centrale. Le ministère de l’exorciste apparaît alors moins comme une chasse au démon que comme un ministère de libération et de retour à Dieu. "Le ministère de l’exorcisme est un ministère de lumière, de grâce et de résurrection. Cela n’a rien à voir avec les films qu’on nous montre", témoigne l’un des prêtres interviewés.  

Film "Délivre-nous du Mal"
Film "Délivre-nous du Mal"

La place de la Vierge Marie

La dévotion mariale occupe également une place importante dans le récit des exorcistes. Le documentaire rapporte notamment des expériences d'invocation de la Vierge Marie pendant les exorcismes. Les prêtres témoignent d’une réaction particulière du démon lorsqu’elle est invoquée et évoquent même la perception d’une lumière particulièrement intense. "Nous ressentons l’action directe de la Vierge", affirment-ils. Le combat spirituel n’est jamais envisagé comme un affrontement solitaire entre un homme et le démon, mais comme une action placée sous le signe du Christ et de la prière de l’Église.

Nous faisons l’expérience d’un grand amour de Dieu. Ce n’est pas un moment de tristesse mais de joie.

Une forme austère, loin du cinéma d’horreur

Il faut toutefois prévenir le spectateur : Délivre-nous du Mal n’est pas un film spectaculaire. Sa forme est même parfois assez austère. Le documentaire enchaîne les interventions de prêtres exorcistes, les explications théologiques et historiques et des scènes reconstituées. Ceux qui attendent les effets horrifiques des films de possession risquent donc de trouver le rythme assez lent, voire parfois ennuyeux. Mais c’est précisément ce choix qui fait son intérêt. Le film cherche moins à provoquer la peur qu’à faire comprendre. Il tente de montrer ce qui se passe derrière une pratique entourée de fantasmes, de récits sensationnels et de représentations cinématographiques souvent très éloignées de la réalité ecclésiale décrite ici.

Au fond, le paradoxe de Délivre-nous du Mal est là : un film consacré au démon veut finalement parler de Dieu.  "Nous faisons l’expérience d’un grand amour du Seigneur", témoigne l’un des prêtres exorcistes. "Ce n’est pas un moment de tristesse mais de joie."

Pratique

Délivre-nous du Mal, un film de Giovanni Ziberna et Valeria Baldan (1h45)
En salles le 30 septembre

En partenariat avec SAJE

Logo_SAJE_Distribution.jpeg.jpg