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Pèlerin parmi les pèlerins à Lourdes, ardent défenseur de la paix à Metz

5 min de lecture
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Crédit : LIONEL BONAVENTURE | AFP

C’était le rendez-vous ultime du pape Léon XIV à Lourdes. Pour clore ses deux jours de pèlerinage dans la cité mariale, il a pris part à la traditionnelle procession aux flambeaux, marchant à pied derrière la statue de la Vierge Marie. Une manière symbolique de terminer son étape lourdaise comme il l’avait commencée : en pèlerin parmi les pèlerins. Ce lundi 29 septembre, c'est en ardent défenseur de la paix qu'il se rendra à Metz.

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Lorsque les premiers flambeaux se sont allumés au sanctuaire de Lourdes, ce samedi 27 septembre au soir, la cité mariale a peu à peu pris des airs de chapelet de lumière. À 21 heures, près de 50.000 personnes étaient rassemblées pour vivre, à la lueur des cierges, cette grande procession mariale avec Léon XIV. Depuis 1863, cette marche est l’un des grands symboles du sanctuaire. Une tradition née dans les années qui ont suivi les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous, et qui, soir après soir, fait avancer les pèlerins derrière Marie, un cierge à la main.

Mais ce soir-là, la procession avait une résonance particulière. Léon XIV avait souhaité la faire lui-même à pied. Au son des prières et des chants, seuls quelque 1.000 participants, sélectionnés et inscrits, ont eu le privilège de marcher directement dans le cortège pontifical depuis la Grotte de Massabielle. Mais c'est dans une même prière à la Vierge que les voix se sont élevés. Les Ave Maria ont retenti, chantés en l'unisson. Une scène familière à Lourdes, mais qui, ce soir-là, prenait une dimension particulière : le Pape y était présent aussi, pèlerin parmi les pèlerin. 

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Une foule venue de loin

Dans cette longue procession illuminée, les visages racontaient aussi les kilomètres parcourus pour arriver jusqu’à Lourdes.

Luis Gómez et sa famille.

Parmi eux, Luis Gómez est venu de Choluteca, au Honduras, avec sa famille et ses filles. Pour lui, cette soirée restera comme une rencontre à part. "Je remercie Dieu d’avoir pu faire ta connaissance à Lourdes ce soir avec ma famille et mes filles. Et nous espérons te voir bientôt au Honduras !", souffle-t-il, très ému.

Julie et Chiara.

D’autres étaient venus de beaucoup plus près, mais avec la même envie de vivre un moment rare auprès du Pape. Julie, 36 ans, et Chiara, 27 ans, ont fait le déplacement depuis le Var. "Nous avons ressenti une grande fraternité. La procession aux flambeaux était très émouvante", raconte Julie.

Élise et sa fille Andrea.

Pour Élise, venue de Saint-Brévin avec ses filles Andrea et Célia, cette procession avait une dimension encore plus intime. Ses deux filles adolescentes se préparent à recevoir le baptême à Pâques. Leur mère, elle, recevra prochainement le sacrement de confirmation. La venue du pape à Lourdes s’est donc inscrite dans leur propre cheminement dans la foi. "On s'est sentie vraiment soutenues par toute la communauté chrétienne. Cela nous conforte dans notre chemin de foi", témoigne Célia.

Des histoires différentes, des parcours venus de plusieurs horizons, mais une même soirée vécue ensemble. À Lourdes, le temps de quelques kilomètres, la prière du Rosaire a rassemblé des milliers de pèlerins dans un même mouvement, la marche derrière Marie, à la lumière des cierges. 

"Marcher, une lumière à la main, vers la lumière du Ciel"

Et c’est justement cette marche que Léon XIV a voulu placer au cœur de son message à l'issus de la procession. "Marcher, une lumière à la main, vers la lumière du Ciel. Cette lumière qui nous guide et nous attire, c’est celle de l’espérance qui ne nous quitte jamais", a lancé le Pape à l'assemblée, suscitant de vives émotions parmi les présents. Une espérance qui, à Lourdes, se mêle à la réalité de la souffrance car derrière les milliers de lumières, il y a aussi les malades, les personnes fragiles et toutes celles et ceux qui viennent déposer leurs épreuves auprès de la Vierge. "Il faut venir ici, faire cette procession avec vous, chers malades, pour en ressentir toute la gravité", a souligné le pontife. Et de reprendre les mots du pape Pie XII pour évoquer ce paradoxe si particulier de Lourdes, où la souffrance côtoie la paix et la joie : "Jamais, en aucun lieu de la terre, on n’a vu pareil cortège de souffrances ; jamais pareil rayonnement de paix, de sérénité et de joie." Et comme une conclusion à ces deux jours passés à Lourdes, il a appelé chacun à poursuivre sa route sous le regard de Marie : "Nous sommes appelés à persévérer dans notre marche, encore et encore."

Et tandis que les pèlerins commençaient à quitter le sanctuaire, les yeux se sont tournés une dernière fois vers le ciel. Au-dessus de la grotte, un spectacle de drones illuminait la nuit, dessinant dans les airs plusieurs figures, dont le visage de Notre-Dame de Lourdes. Après les milliers de cierges portés par les pèlerins, la lumière continuait ainsi de flotter au-dessus de la cité mariale. Une dernière image avant de tourner la page de ces deux jours à Lourdes. Lundi matin 28 septembre, Léon XIV quittera en effet les Hautes-Pyrénées pour rejoindre Metz, troisième et dernière étape de son voyage apostolique en France. Son programme y sera également particulièrement dense, avec notamment une rencontre interreligieuse, un temps consacré aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité, mais aussi une messe à la cathédrale Saint-Étienne.