Au dernier jour de son voyage en France, c'est à Metz que Léon XIV s'est rendu ce lundi 28 septembre. Après une rencontre interreligieuse et un discours sur la paix, le Pape a célébré la messe dans la cathédrale l’après-midi. Un moment fort qui a rassemblé près de 40.000 personnes, venues de toute l’Europe.
C’est par Metz, ville carrefour en Europe, que Léon XIV termine son voyage de quatre jours en France, lundi 28 septembre. Comme lors des étapes précédentes, il a attiré à lui une foule enthousiaste, issue de tout le Grand Est, jusqu’aux pays frontaliers. Après une rencontre interreligieuse et un discours sur les racines de l’Europe, le Pape a fait une déambulation de deux kilomètres dans les rues du centre-ville. Une foule immense l’y attendait, formée de croyants comme de non croyants, saisis d’un même enthousiasme. "C’est une fois dans une vie !", lance Camille. La jeune femme n’est pas pratiquante, mais tenait à être présente, vêtue d’un t-shirt à l’effigie du Pape. "Je l’ai fait faire exprès. C’est une fierté de l’accueillir à Metz, et ça réunit les gens." À 16 h, Léon XIV est arrivé à la cathédrale Saint-Étienne pour la dernière messe de son séjour français, à laquelle a finalement assisté le président de la République. La célébration s’est ouverte avec le chant “Peuple de baptisés”, magnifiquement interprété par les 70 chanteurs de la maîtrise de la cathédrale de Metz, qui fête en même temps son 30e anniversaire. Vêtus de leur vêtement rouge, couleur rappelant le martyre de saint Étienne, ils ont notamment interprété de très beaux chants grégoriens, dont Metz fut l’un des hauts lieux de diffusion dès le Moyen Âge.

La lecture de l’Évangile de saint Matthieu, dans lequel Jésus exhorte ses disciples à aimer ses ennemis et à préférer la paix plutôt que la vengeance, a résonné d’une manière très particulière. "Vous qui êtes les enfants de cette terre déchirée, vous savez qu’il n’est pas vrai que celui qui se venge est plus fort que celui qui pardonne", a lancé Léon XIV dans son homélie. Il a rappelé que le message de Jésus dans ce passage n’est en rien de la faiblesse et de la naïveté, mais une exhortation à construire un chemin vers la paix. "Metz et la Moselle témoignent au monde entier que la réconciliation n’est possible que lorsque l’on a le courage de briser la chaîne du ressentiment", a-t-il affirmé. "Il faut de la force et beaucoup d’équilibre pour ne pas se laisser submerger par le mal, surtout lorsque les blessures subies sont profondes."
“Un beau moment de communion”
Partout dans la ville, la foule a pu écouter les mots du Pape et suivre la célébration grâce à des écrans géants, notamment sur la place de la République et dans les jardins de l’Esplanade. "C’était un beau moment de communion, estime Véronique, venue d’Alsace avec ses enfants. J’étais tout de même déçue de ne pas avoir pu communier." "Je suis heureuse, confie quant à elle Valérie, 60 ans, la joie dans les yeux. Aller à la messe, c’est quelque chose que je ne pensais pas refaire. J’ai abandonné la religion, et je m’interrogeais, avec la montée de la violence, si quelqu’un dans ce monde pouvait encore parler de paix. J'avais le sentiment d’être abandonnée. Alors j’ai prié, et aujourd’hui, j’ai eu ma réponse", ajoute-t-elle avec reconnaissance. "La volonté d’apaiser, c’est ça la plus grande richesse."

Parmi les fidèles sensibles à son message de paix, nombreux étaient ceux qui venaient de l’étranger, notamment d’Allemagne, comme Ireneus Kopacz, d’origine polonaise. "C’est le successeur de saint Pierre qui est venu aujourd’hui", explique-t-il. Lui et le groupe de pèlerins qui l’accompagne ne parlent pas un mot de français, mais ont pu suivre la messe avec Google traduction. "On retient la nécessité du pardon", résume-t-il.

Partout, Léon XIV semble avoir laissé une profonde impression d’apaisement et d’unité. Si bien que plusieurs tentent la comparaison avec l’un de ses prédécesseurs. "On retrouve un peu les débuts de Jean Paul II, la même énergie et une puissance tranquille", estime Xavier, venu de Paris. "Il nous rappelle un peu Jean Paul II", assure aussi Régis, venu de Dijon en famille avec ses six enfants, dont trois sont porteurs de handicap. "Nous l’avons vu de près, on voulait qu’il bénisse notre famille, et on y a eu droit !” “Il y a eu un long échange de regards qui était magnifique", appuie Claire, son épouse. Quelques minutes plus tard, la famille a pu de nouveau apercevoir Léon XIV, en route vers l’aéroport.

Après le départ du Pape, il règne une ambiance de légèreté, les sourires et les anecdotes s’échangent allègrement dans les rues de la ville. "Je suis frappée de voir cette jeunesse autour du Pape, et le calme ! Aucune vitrine cassée, les CRS sont cools aujourd’hui", sourit Liliane, 76 ans. "C’était un moment saint", résume Marie-Aline, cheftaine de guides d’Europe. "À l’image de tout ce week-end !"
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