Depuis son arrivée en France, on a pu remarquer que Léon XIV fait preuve d’une extrême ponctualité dans ses rendez-vous – à quelques rares exceptions près. La feuille de route d’un voyage papal est en effet programmée dans les moindres détails et répond à une cadence précise, quasiment millimétrée.
"Réglé comme une horloge vaticane " : ce pourrait être l’intitulé de la fiche technique d’un voyage papal international, comme celui que Léon XIV est en train d’effectuer en France. Élaboré minutieusement pendant plusieurs mois avec deux visites préparatoires de l’équipe du pape, le déplacement dans l’Hexagone répond à la même logique : chaque seconde compte. Preuve en est encore ce dimanche matin où la procession d’entrée de la messe avec le successeur de Pierre sur la prairie de Lourdes s’est ébranlée à 10h59 – d’une ponctualité désarmante.
Décollages, atterrissages, transferts automobiles, déambulations en papamobile, visites, temps de recueillement, temps de prise de parole… dans tous ces mouvements, l’emploi du temps du pontife ne s’invente ni ne s’improvise. Dès son premier rendez-vous à l’Élysée, tout était calculé, de la réception sur le tapis rouge à sa sortie après son discours aux autorités, en passant par son entretien à huis clos avec le président Macron. Lorsque la porte s’est refermée sur les deux chefs d’État en discussion, dans les coulisses, les "pools" de journalistes présents ont d’ailleurs immédiatement regardé leur montre pour faire le décompte des minutes, constatant un léger dépassement de programme. "Mais ils ne sont toujours pas sortis ?", s’impatientait-on dans la salle des audiences, où attendaient les autorités politiques françaises.
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A chaque pape son rythme
Car les événements s’enchaînent sans répit pour le chef de l’Église catholique et il s’agit d’éviter les retards en cascade. Cette rigueur vaut parfois aux cortèges d’accélérer la cadence pour respecter l’heure prévue. On a vu ainsi la papamobile avancer à un rythme soutenu sur les Champs-Élysées, afin de tenir les délais. De même au Stade de France, le spectacle auquel ont assisté 80.000 jeunes répondait précisément à une grille horaire chronométrée à la seconde. Tout devait s’enchaîner sans temps mort, dans une synchronisation saisissante.
Chaque pape a son rythme malgré tout. Certains entretiens prennent plus de temps que prévu, ou bien certains bains de foule peuvent s’attarder, comme celui de l’entrée de Léon XIV dans la ville de Lourdes hier soir – ce qui a retardé la prière à la grotte de près d’une demi-heure. De façon paradoxale, son prédécesseur le pape François pouvait être sujet quant à lui à une certaine avance sur ses rendez-vous : il lui est arrivé fréquemment d’initier une procession de messe avant l’horaire prévu sur le carnet, prenant de surprise les diffusions médiatiques.












