Après l’accueil populaire reçu à Paris, Léon XIV a changé de registre en arrivant à Lourdes samedi soir. À la grotte, le pape a adopté les gestes simples d’un pèlerin, se recueillant devant la Vierge et buvant à la source, avant une journée consacrée aux malades, aux hospitaliers et aux victimes d’abus.
En une heure de temps et 865 kilomètres de vol, le voyage apostolique de Léon XIV en France a pris un nouveau tournant. Arrivé en fin de journée ur le tarmac de l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, le pontife américain s’est immédiatement rendu au sanctuaire marial de Notre-Dame-de-Lourdes, lieu des dix-huit apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous entre février et juillet 1858. Quelques heures auparavant, le pape était encore fêté par les Français au cœur de la capitale. Descendant les Champs-Élysées, il se trouvait être la raison pour laquelle 800.000 personnes s’étaient déplacées. La veille, la jeunesse française lui avait réservé un accueil digne des plus grandes stars mondiales, dans un Stade de France chauffé à blanc.
Mais en arrivant à Lourdes ce samedi soir, le programme change radicalement de nature. Mgr Jean-Marc Micas, évêque des lieux, avait prévenu quelques semaines avant la venue de Léon XIV : « Le pape vient à Lourdes comme tout le monde, en pèlerin ». Il n'y a ni discours, ni estrade, ni grande liturgie pour cette première étape : seulement une simple prière à la grotte. Un geste que peut accomplir n'importe quel visiteur du sanctuaire. Sur un prie-Dieu blanc, il s’est agenouillé là où des millions de pèlerins se sont agenouillés avant lui. Comme des millions de pèlerins avant lui, il a bu l’eau de la source. Comme des millions de pèlerins, il est allé toucher les aspérités de la grotte. Comme des millions de pèlerins, il a allumé un cierge aux pieds de la célèbre statue de la Vierge Marie.
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Là pour honorer sainte Marie
C’est cette dernière qu’il a voulue mettre en avant par ces gestes. Ainsi que peut être compris le choix de Léon XIV de prononcer une prière montant vers la mère de Dieu plutôt que de prononcer un discours ou une homélie. La rose d’or qu’il a déposée sur l’autel de la grotte en est le symbole : le chef de l’Église est là pour honorer sainte Marie et non pour être honoré. En adoptant cette attitude de pèlerin, Léon XIV se place dans la droite lignée de Jean Paul II. En 2004, le pape polonais, agé alors de 84 ans, était venu à Lourdes, gravement affaibli par la maladie. La venue de ce pape en tant que « malade parmi les malades » avait profondément ému le monde entier. Il s’était agi de son dernier voyage international.
Si la messe sur la prairie devrait rassembler pas moins de 150.000 personnes ce dimanche matin, l'essentiel de la journée sera construit autour de rencontres discrètes : les hospitaliers et les personnes malades accueillies à l'Accueil Notre-Dame, les religieuses de vie contemplative du Carmel de Lourdes, et des personnes victimes de violences sexuelles dans l'Église. Des moments en petit comité, n’ayant rien de comparable avec les grands rendez-vous de la capitale. La soirée se terminera par la procession aux flambeaux et la prière du chapelet, un rituel commun à tous les pèlerins de Lourdes, que le pape vivra au sein de la foule, plutôt que de le présider depuis une tribune surélevée.
Bien sûr, cette venue à Lourdes n’est pas aussi anonyme que les deux pèlerinages effectués au sanctuaire dans sa jeunesse mais la démarche de Léon XIV n’en reste pas moins la même : celle d’un fidèle venant déposer ses intentions aux pieds de la Vierge.












