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“Avec beaucoup d’espérance, on avance” : à Lourdes, la parole des plus fragiles

5 min de lecture
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Crédit : Laure du Ranquet/Secours catholique

Près de 200 personnes issues du monde de la précarité, venues de toute la France, se sont retrouvées à Lourdes pour partager un temps de rencontre et de fraternité avec le pape Léon XIV dimanche 27 septembre après-midi.

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Après la grande célébration sur la Prairie et la rencontre avec les malades à l’accueil Notre-Dame, le pape Léon XIV a rejoint un autre visage de Lourdes : celui de la pauvreté. Plus de 200 personnes issues de différents réseaux de lutte contre la pauvreté et l’exclusion l’attendaient pour une rencontre en privée. Certaines ont connu la rue ou les difficultés de logement, d’autres la prison, les addictions, la maladie, le handicap psychique ou la solitude. Des réalités différentes, mais qui peuvent toutes conduire à l’isolement et à l’exclusion. De nombreuses associations dont le Réseau Saint-Laurent, Lazare, Il Cenacolo, ATD Quart Monde ou encore JRS ont ainsi pris part à cette rencontre. Parmi elles, le Secours Catholique tenaient aussi à rappeler que les personnes pauvres n’étaient pas seulement celles que l’on accompagne, elles sont aussi celles dont la parole doit pouvoir être entendue et prise en compte.

Faire entendre la parole des plus pauvres

Pour la venue de Léon XIV, la Cité Saint-Pierre, créée en 1956 par l’abbé Jean Rodhain dans le but de proposer un lieu aux personnes disposant de faibles ressources de venir à Lourdes pour vivre leur pèlerinage dans la cité mariale, avait accueilli plusieurs centaines de personnes en situation de précarité, mais aussi des bénévoles et membres de différents réseaux Secours Catholique. Certains avaient connu des galères de logement, d’autres la prison ou les addictions.

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Dominique et Rozene

Parmi eux se trouvait Dominique, 59 ans, venu de Toulouse. Bénévole au Secours Catholique, faisait partie du groupe de préparation spirituelle dont les membres avaient été choisis pour rencontrer le Pape. Durant trois jours, ils ont travaillé un texte destiné au Pape, en lien avec les autres associations présentes. Des témoignages recueillis auprès de différents réseaux avaient nourri un " livre de vie " remis à Léon XIV ce dimanche dans le but de lui faire entendre les témoignages des personnes ayant elles-mêmes fait l’expérience de la pauvreté et de parler en leur propre nom. Une démarche qui résonnait particulièrement à Lourdes car c’est depuis la grotte de Massabielle que l’abbé Jean Rodhain avait annoncé, le 6 septembre 1946, la création du Secours Catholique.

"J’ai serré la main du Pape !"

La rencontre avec le Pape a été brève mais forte en émotion. Rozene, 61 ans, bénévole au Secours Catholique dans l’équipe de Naïm, à Toulouse, ne cache pas sa joie. " J’ai serré la main du Pape ! C’était impressionnant, quand même. Et c’est exceptionnel ", racontait-elle, encore émue. Pour elle, le pape Léon XIV est avant tout un apôtre. " Il m’apporte de bons conseils de vie qui m’inspirent particulièrement ", explique-t-elle. Le bref échange qu’elle a eu avec le pontife restera à jamais gravé dans sa mémoire. " Je lui ai dit que je l’aimais ! ". 

"Avec beaucoup d’espérance, on avance"

Si Dominique, n’a finalement pas pu s’approcher personnellement de Léon XIV, il retient surtout sa parole sur les gens en fragilité. "Il a dit qu’il avait conscience que c’était difficile au quotidien pour ces personnes-là", confie-t-il, ravi d’avoir  reçu sa bénédiction avec l’ensemble de la délégation du Secours Catholique. Après la mort de sa mère, sept ans plus tôt, ses ressources avaient diminué tandis que ses charges étaient restées les mêmes. Il avait dû quitter son appartement et s’était retrouvé dans un foyer d’hébergement d’urgence. " Il y avait aussi de la violence. Des gens sortaient les couteaux, il y avait l’alcool… C’était un public que je ne connaissais pas, qui était très difficile. "Après deux années passées dans une colocation solidaire Lazare, il avait fini par retrouver un appartement à Toulouse, dans un quartier qui lui plaisait. Avec un détail qui comptait particulièrement à ses yeux : "Et surtout, il y a une église à côté !", se réjouissait-il.

La foi avait occupé une place centrale dans son parcours. "Je mets la foi en tout premier et c’est ce qu’on devrait au moins essayer de mettre au centre de sa vie de tous les jours. Il y a des fois où ce n’est pas facile, pas facile du tout, je suis bien placé pour en parler. Mais avec de l’espérance, beaucoup d’espérance, on avance."

De personne accueillie à bénévole

Son histoire avec le Secours Catholique avait elle aussi changé de nature. Sept ans plus tôt, Dominique avait été accueilli par l’association. Il en était ensuite devenu bénévole. "Je trouve que c’est bien de recevoir, mais c’est bien aussi de donner." Son parcours résumait à sa manière l’esprit de cette rencontre : ne pas seulement considérer les personnes en situation de précarité comme des bénéficiaires ou des personnes que l’on accompagnait, mais comme des acteurs dont l’expérience et la parole comptaient.