À Lourdes, la fragilité n’est pas cachée. Elle est accueillie, accompagnée, regardée. À l’Accueil Notre-Dame, le pape Léon XIV a pu le voir de plus près en rencontrant ce dimanche 27 septembre des malades, des hospitaliers et des bénévoles qui font vivre, chaque jour, cette attention aux plus vulnérables. Une rencontre chargée d’émotion, où les paroles du Pape ont profondément touché l’assemblée. <br>
Après la grande célébration sur la Prairie, qui a rassemblé 150 000 fidèles ce dimanche 27 septembre, le pape Léon XIV est allé à la rencontre de celles et ceux qui, en raison de leur maladie ou de leur fragilité, occupent une place centrale dans la vie du Sanctuaire. À 15 h 30, il a rencontré les hospitaliers et les personnes malades accueillies à l’Accueil Notre-Dame. Une rencontre particulièrement symbolique de son pèlerinage à Lourdes.
Inauguré en 1997, l’Accueil Notre-Dame est devenu au fil des années l’un des lieux emblématiques de cette attention portée aux plus fragiles. Avec ses 850 lits, il accueille des pèlerins qui ont besoin d’un accompagnement particulier pour pouvoir participer pleinement à la vie du Sanctuaire. Il ne s’agit pas d’un hôpital, mais d’un lieu d’accueil et d’hébergement adapté, où la présence humaine tient une place essentielle.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Car ici, le pèlerinage se vit aussi à travers une multitude de gestes simples : accompagner une personne jusqu’à la Grotte, l’aider à rejoindre une célébration, se rendre avec elle aux piscines, pousser un fauteuil ou simplement rester à ses côtés. Venus de nombreux pays, les bénévoles de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes consacrent ainsi une partie de leur temps à accompagner les pèlerins malades. Leur présence permet à ceux qui ne pourraient pas se déplacer seuls de prendre part aux différents temps du pèlerinage.
Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église.
C’est précisément cette réalité, faite de gestes simples et d’une attention quotidienne portée aux plus fragiles, que Mgr Jean-Marc Micas a voulu mettre en lumière devant le Pape, dans son discours d’accueil. " Vous avez posé les gestes des pèlerins de Lourdes. Ici, les personnes malades posent ces mêmes gestes, accompagnées par leurs proches, par les organisations hospitalières, par leurs pasteurs, par l’Église tout entière ", a déclaré l’évêque. " Ici, la maladie n’est pas cachée. Elle n’est jamais regardée comme une humiliation ou une perte de dignité. Bien au contraire, elle permet à la plus profonde dignité humaine d’éclater au grand jour, comme une lumière qui éclaire les cœurs et les corps, qui manifeste l’amour plus grand que toutes les souffrances ", a-t-il poursuivi, ajoutant que beaucoup d’amour était donné dans cette maison et dans les autres accueils de Lourdes. " Ici, plus qu’ailleurs sans doute, les malades sont au cœur du pèlerinage. Et tout le monde est pèlerin : malades et soignants, hospitaliers et médecins, personnels et bénévoles des maisons qui les accueillent pendant quelques jours. "
La dignité au cœur du discours de Léon XIV
Des mots auxquels Léon XIV a fait écho quelques instants plus tard. Face aux malades, aux hospitaliers, aux soignants et aux bénévoles, le Pape a placé la dignité de chaque personne au cœur de son intervention. "Aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité", a-t-il déclaré, avant d’être longuement applaudi. Le Pape a poursuivi en rejetant "la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion", et en appelant au contraire à veiller sur la personne souffrante. "Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église", a-t-il déclaré, suscitant une nouvelle salve d’applaudissements. "Soyez des serviteurs passionnés de la vie !", a enfin lancé le Pape aux soignants et aux accompagnateurs.
Des paroles qui sont allées droit au cœur de Colline et Charles-Emmanuel, venus de Toulouse. Parents de six enfants, âgés de 20 mois à 17 ans, ils appartiennent à l’Hospitalité Notre-Dame de Salut et sont hospitaliers à Lourdes depuis plusieurs années. " Le discours du Pape sur la dignité humaine, sur l’humanité… était incroyable. Quand on a un petit bonhomme porteur de trisomie, ça prend tout son sens ", confie Colline. La mère de famille, dont le petit Aloïs, âgé de 20 mois, est porteur de trisomie, a également vécu un moment particulièrement fort : son fils a été béni par Léon XIV. " Il a porté un vrai regard sur lui. Il a pris le temps, il s’est arrêté, il l’a regardé dans les yeux… ", raconte encore, très émue, la Toulousaine.

Pour Maria Doris, venue avec sa fille Cindy, 33 ans, handicapée moteur depuis sa naissance et également touchée par la schizophrénie, cette rencontre a aussi été très émouvante. "Je prie pour ce Pape, pour que la Vierge Marie, qui est notre mère à tous, l’inspire comme elle m’inspire tous les jours", confie celle qui se fait accompagner par l’OCH de Lourdes.

Le message du Pape a également trouvé un écho particulier chez les hospitaliers. "Cela m’a réconfortée dans mon rôle d’hospitalière", confie Marielle, 73 ans, qui vient à l’Accueil Notre-Dame depuis 30 ans.

Bruno et Astrid, parents de huit enfants, dont Paul, 7 ans, porteur de trisomie, ont, eux aussi, été profondément touchés par cette rencontre, mais également par les témoignages qui l’ont ponctuée. Parmi eux, celui de Marguerite Hourt les a particulièrement marqués. Après avoir servi pendant des années comme hospitalière à l’Accueil Notre-Dame, sa vie a basculé en 2016 à la suite d’un grave accident, une chute de vélo dans un ravin. Face au Pape, elle a raconté comment cette lourde épreuve l’avait conduite à trouver une lumière et une force intérieure. " Entendre cette femme témoigner était très fort. Je pense que cela nous interroge aussi sur le sens que nous donnons à nos vies ", confie Bruno. À l’Accueil Notre-Dame, cette rencontre a ainsi donné un autre visage au pèlerinage du Pape : celui d’un Lourdes plus intime, fait de proximité, de fragilité et de gestes quotidiens.













